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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:44

CADTM

 

 

Campagne CADTM, FGTB, CEPAG

A qui profite la dette ?

21 novembre

Ce 21 novembre 2012, La FGTB wallonne, la FGTB Bruxelles, le Centre d’éducation populaire André Genot (CEPAG) et le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM) avons annoncé lors d’une conférence de presse notre association dans une grande campagne de sensibilisation sur la dette publique belge. Nous voulons lever l’écran de fumée sur la dette. Nous voulons tordre le cou aux idées reçues sur la dette et les politiques d’austérité que l’on nous présente comme inévitables.

 

Est-ce vraiment à nous de payer la dette publique ? Nous voulons un audit citoyen de la dette publique !

Pour découvrir notre campagne en profondeur n’hésitez pas à consulter nos outils :

  • "A qui profite la dette ?" Un dessin animé pour comprendre la dette publique belge en 4 mn, avec les voix bien connues de Frédéric Jannin et Stefan Liberski.
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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 21:13

 

 

Marianne - Samedi 29 Décembre 2012 à 05:00
Jordan Pouille

 

Dans ses usines, le sous-traitant chinois du géant américain à la pomme réinvente l'esclavage.

 

 

Usine Foxconn de Longhua, dans la province de Guangdong - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA
Usine Foxconn de Longhua, dans la province de Guangdong - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA

Le 13 décembre, France 2 proposait un reportage édifiant. Il montrait les conditions de vie et de travail désastreuses des ouvriers de Foxconn, le premier fabricant d'électronique mondial et le plus gros employeur privé de la Chine populaire. Foxconn s'est fait connaître du grand public après une vague de suicides tragiques, au printemps 2010. Par mimétisme, des jeunes ouvriers migrants se défenestraient à la chaîne. Marianne y était allé et nous découvrions alors comment 350 000 jeunes gens, rassemblés dans une austère ville-usine de la banlieue de Shenzhen, fabriquaient jour et nuit les objets Sony, Nokia, HP, Nintendo, ainsi que toute la gamme Apple...

Plus de deux années ont passé, et Foxconn a fortement délocalisé, principalement vers les provinces moins développées, dans l'ouest de la Chine. Mis à part des filets antisuicide, rien n'a vraiment changé. Mêmes cadences infernales, mêmes dortoirs sans âme, même gestion darwinienne de l'être humain. Cette réalité, je l'ai constatée à Shenzhen, Chengdu et Chongqing, où Foxconn a délocalisé sa production d'imprimantes HP, profitant d'exonérations fiscales et du bas coût de la main-d'œuvre.

La nouveauté, c'est le travail forcé. A chaque fois que Foxconn inaugure un nouveau site de production, le gouvernement local s'empresse de réquisitionner ses forces vives. Chaque commune se voit imposer des quotas de main-d'œuvre, sous peine de se voir supprimer les aides publiques. Le gouvernement livre aussi ses étudiants de lycées professionnels sur un plateau. Du travail forcé pour des gamins de 16 ans, payés au lance-pierre, et dissimulé derrière des conventions de stage.

Aujourd'hui, Apple, le principal client, ne fait plus l'autruche. Tancée par les ONG, la firme reconnaît une part de responsabilité dans ces errements. Sans doute a-t-elle réalisé que rien de tout cela ne pouvait menacer ses bénéfices colossaux. Car, même en Chine, Apple est irrésistible. L'iPhone 5 s'est vendu à 2 millions d'exemplaires le premier week-end de sa sortie. Dans la zone reculée d'Hulunbuir, dans le nord de la Mongolie-Intérieure, les habitants de la petite ville d'Hailar n'ont pas encore de McDonald's mais déjà deux faux Apple Store... A Jinan, dans la province du Shandong, le visage de Steve Jobs illustre les palissades des chantiers immobiliers. «Celui qui travaillera dans ce bureau connaîtra le même succès qu'Apple !» promet la réclame. Et les ventes de sa biographie surpassent tous les Harry Potter...

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:40

 

Le Monde - Blog - 

Ces tests pouvaient rapporter 860 000 deutsche marks. (FP PHOTO / PATRICK LUX)

 

Des groupes pharmaceutiques occidentaux ont effectué des tests de médicaments dans les années 1980 sur des patients d'hôpitaux de RDA, qui n'en étaient pas toujours informés.

Selon le quotidien allemand Tagesspiegel, qui a étudié dans le détail ces documents, plus d'une cinquantaine de firmes occidentales ont passé des contrats auprès du ministère de la santé d'Allemagne de l'Est pour 165 tests de médicaments entre 1983 et 1989. De tels tests pouvaient rapporter jusqu'à 860 000 deutsche marks, la devise ouest-allemande très appréciée dans la RDA communiste, écrit le journal.

Le quotidien cite différentes entreprises de l'époque, dont certaines ont changé de nom depuis après avoir fusionné ou été rachetées : Bayer, Schering, Hoechst (intégré à Sanofi), Boehringer Ingelheim ou Gödecke (aujourd'hui Pfizer). Et parfois les cobayes n'étaient pas informés, ajoute-t-il, évoquant sept cas concrets de patients qui disent n'avoir pas eu connaissance de ces tests.

La télévision allemande régionale MDR, qui a aussi travaillé sur ce dossier, cite notamment le cas d'un patient de 60 ans, Gerhard Lehrer, en soin intensif après un infarctus à l'hôpital de Dresde en 1989. Après avoir pris des médicaments "spéciaux", "qui ne se trouvaient pas dans le commerce", prescrit par un médecin de l'hôpital, son état s'était encore détérioré. Ces pilules, dont l'épouse de M. Lehrer avait conservé quelques exemplaires, se sont révélées, selon des tests en laboratoire faits à la demande de MDR, être des placebos pour une étude commandée par Hoechst.

(Avec AFP.)

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:04
Marianne - Jeudi 27 Décembre 2012 à 06:00
Jean-Claude Jaillette avec Périco Légasse - Marianne

 

Panique devant l'assiette ! Pas trop de sucre, attention au sel, gare aux résidus de pesticides, danger sur l'aspartame, haro sur l'huile de palme, mangez cinq fruits et légumes par jour... Tiraillés entre des injonctions parfois contradictoires, on ose à peine se mettre à table à la veille des fêtes. Alors, comment savoir exactement ce qu'il y a dans nos assiettes ?


CHAUVEAU/SIPA
CHAUVEAU/SIPA
J'aime savoir ce que je mange, comme n'importe quel être humain. Je pensais tout connaître de la tomate, jusqu'à ce que je tombe sur le documentaire d'Andréa Bergala, Les tomates voient rouge, produit par Arte. A force de fréquenter les marchés, j'avais appris à faire la différence entre une tomate standard et une tomate de maraîchers qui me rappelait celles que cultivait une voisine quand j'étais enfant. Avant d'acheter, j'avais appris à les sentir comme on le fait avec un melon.


Je traquais les maraîchers qui cachent un panier de cœurs-de- bœuf derrière leurs produits standards pour mieux les réserver aux connaisseurs ; ou qui, au milieu de leur étal, disposent quelques noires de Crimée. J'avais compris que, pour enchanter mes salades estivales, il fallait que je fouine chez des petits producteurs qui, en amoureux du goût et de la biodiversité, avaient sélectionné les meilleurs plants parmi la cinquantaine existant. Les tomates voient rouge a balayé tout cela.  

Premier choc, il existe 7 459 variétés de tomates dans le monde, dont les semences sont conservées à Saint-Pétersbourg, en Russie, à l'institut Nicolai-Vavilov. Tant de richesses gastronomiques en sommeil quand les rayons des primeurs ne proposent qu'un nombre si limité de variétés ? Quel gâchis ! Mais ce n'est pas tout. Andréa Bergala a rendu visite à un semencier aux Pays-Bas, leader mondial du secteur, capable de fabriquer par hybridation des tomates dotées de n'importe quels aspect, saveur, parfum ou couleur. C'est ainsi qu'est sortie de ses laboratoires la tomate-grappe, dont la tige a l'odeur de la tomate, mais dont la chair n'a aucun goût, et que l'on s'arrache néanmoins tant elle paraît sortir tout droit du potager.


Ou la tomate de grand-mère, joliment striée sur le dessus. Et une tomate-pêche à la chair jaune, sucrée et qui s'épluche au couteau. Bref, quand le désir d'authenticité se fait sentir aux étals des commerçants, les semenciers ont la réponse au fond de leurs éprouvettes. J'avais en fait oublié que les tomates anciennes ont disparu pour une bonne raison : très fragiles, elles ne supportent pas le transport et se conservent mal. La science est donc entrée en scène pour les ressusciter. Mais, malgré leur robe rustique, elles n'ont pas de goût (bien que vendues au prix de l'authentique). Je croyais savoir ce que je mangeais, et j'avalais une sauce marketing.

Voilà donc où en est l'alimentation. Et qu'on ne dise pas que la tomate est une exception. La même évolution a touché le vin. François Morel est rédacteur en chef d'une revue d'amateurs particulièrement éclairés, le Rouge et le blanc. Bénévole, comme toute son équipe, il ne dépend que de ses abonnés, ce qui lui garantit la liberté de parole. «Aujourd'hui, on dispose de tous les moyens de faire du bon vin, dit-il. Mais, lorsqu'on en boit, on risque de mourir d'ennui avant même de risquer de succomber d'alcoolisme.» Au premier rang des causes de l'uniformisation figurent les changements climatiques.


«De 1950 à 1985, trois quarts des vendanges eurent lieu en octobre et un quart en septembre. Depuis 1985, c'est exactement le contraire», lâche un vigneron de Morgon, dans le Beaujolais. En vingt ans, la faute au climat plus clément, la puissance a remplacé peu à peu la finesse dans certains terroirs. Au point que les amateurs commencent à ne plus supporter ces vins lourds et capiteux dont le degré d'alcool atteint parfois les 14°. «Et il se trouve même des vignerons qui en rajoutent encore, en concentrant la matière et la robe, fulmine un sommelier lassé de vendre des bouteilles que ses clients renoncent à finir. On a parfois l'impression de boire de l'encre.»


Il suffit de se promener dans les allées du Salon international de l'agroalimentaire (Sial) qui se tient tous les deux ans à Villepinte, près de Paris, pour bien comprendre ce que François Morel veut dire quand il parle d'ennui. Les quatre grandes entreprises fabricant des arômes plastronnent. Vous voulez obtenir une touche de fruit rouge ? De mûre ou de cassis ? Un goût boisé ? Pas de problème, ils ont la solution, une sorte de «kit goût universel» où piochent les vignerons. «C'est évidemment interdit dans les vins d'appellation, poursuit l'amateur passionné, mais qui contrôle vraiment ?» Pour un vigneron qui se fait pincer pour avoir ajouté du copeau de bois dans ses cuves, combien ont versé discrètement une fiole d'arôme ? Seul le palais exercé d'un dégustateur pourrait le détecter. «Les Allemands sont les meilleurs clients de ces chimistes», lâche François Morel.


Quand tant d'éléments se liguent pour brouiller les pistes, il s'agit alors d'une confusion organisée. Les industriels ont commencé par appeler leur confiture industrielle Bonne Maman, puis ont poursuivi en utilisant l'image d'une belle grand-mère sur leurs pots de yaourts standardisés, pour enfin appeler la biologie et la chimie à la rescousse afin de flatter l'aspiration au terroir d'origine qu'exigent les consommateurs. La règle appliquée par tous les cuisiniers, du plus humble au plus étoilé, qui veut que le plaisir des papilles commence par celui des yeux, a été intégrée par l'agroalimentaire. A ce jeu-là, il n'y a pas d'un côté le méchant industriel et de l'autre le consommateur victime. Chacun joue son rôle, en toute complicité, dans l'opération d'enfumage.


Jérôme Banctel est un grand cuisinier, le bras droit d'Alain Senderens, chef à la renommée mondiale installé place de la Madeleine, à Paris. Il a créé l'événement il y a près de dix ans en rendant ses trois étoiles au Michelin pour se libérer des contraintes que la distinction apportait. Parlez-lui de l'évolution de la qualité de la viande, et il vous répond dans un soupir : «bœuf d'Angus», cette vache d'origine écossaise particulièrement prisée pour sa tendreté et désormais élevée partout sur la planète. «Tout le monde, et même nos clients, réclame de l'Angus parce que son "mâcher" est plus souple, constate-t-il, amer. Du coup, il y en a partout sur le marché, alors que c'est une viande assez rare et chère. Et on ne sait plus bien ce qu'on achète, de l'authentique angus ou de la viande attendrie comme au bon vieux temps, du bœuf américain nourri à l'herbe ou un animal élevé en stabulation de ce côté-ci de l'Atlantique. Le pire, c'est que cette viande n'a pas de goût.»


L'uniformisation a-t-elle tué le goût et les bons produits ? «Non, bien sûr, répond le chef. Pour mon restaurant, je sais comment les sélectionner. Je fais venir les producteurs jusqu'ici et je choisis, au cul du camion. Les cèpes, par exemple. Je sais où trouver de bonnes volailles, de bons canards, de bons foies gras. Mais un bon produit est cher, et nous avons de plus en plus de mal à en répercuter le prix au client. Et, surtout, ils sont devenus rares.» Fini le temps où on pouvait trouver un turbo de 8 kg, poids qui garantit son goût. La surpêche est passée par là. Pour les mêmes raisons, adieu, les grosses coquilles Saint-Jacques. Bye-bye les figues de Solliès venues de Provence, remplacées par des importation, plus grosses mais moins bonnes. Même sort pour les coings français, petits, tachetés mais mûrs, remplacés par ceux de Turquie, gros et fades. La mondialisation rend la nourriture plus disponible, tant pis pour le goût.


Pourtant, de l'avis des nutritionnistes comme des cuisiniers, on mange de mieux en mieux. Les injonctions nutritionnelles incitant à manger moins gras, moins sucré, moins salé, à réduire la quantité de viande et à lui préférer le poisson commencent à produire leurs effets. «En dix ans, j'ai diminué de façon spectaculaire la quantité de beurre et de crème utilisée dans mes plats, précise Jérôme Banctel. Je mets moins d'œufs dans ma sauce suprême, j'enlève la peau des volailles.» Les légumes ont désormais une place de choix : 10 fois par jour, les clients lui commandent un plat végétarien.


Mieux, la technique est venue au secours de la diététique. La cuisson à l'induction, par exemple, grâce à sa souplesse et à l'absence d'inertie de la chaleur produite, permet de diminuer drastiquement les quantités de matières grasses. A cette évolution élitiste de la cuisine, il faut néanmoins apporter une nuance : l'alimentation industrielle ne s'est pas encore mise au diapason. La dernière enquête de l'Observatoire de la qualité de l'alimentation (Oqali) en témoigne. Si le sucre et le gras ont significativement baissé dans les sodas et la charcuterie, le sel est en revanche toujours consommé en excès - la recherche d'un goût soutenu et d'une meilleure conservation en étant la cause.


A y regarder de plus près, l'alimentation est le lieu de tous les paradoxes. Les bons produits, au caractère affirmé, sont devenus rares, alors que la nourriture n'a jamais été aussi abondante. Mieux, de toute l'histoire de l'humanité, elle n'a jamais été aussi sûre, alors que des professionnels du marketing de la peur persistent à clamer que «l'assiette tue» (Télérama) ou que nous engloutissons «notre poison quotidien» (Marie-Monique Robin, aux éditions La Découverte). «Tout cela est faux, et surfe sur l'angoisse naturelle de l'humain quant à ce qu'il mange, explique le directeur de l'évaluation des risques de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Dominique Gombert. D'ailleurs, je ne lis plus ce genre de livre ni ne regarde les émissions faites sur le même modèle, tout cela me fait trop peur !»


Il a dirigé une étude (Etude de l'alimentation totale) durant cinq ans portant sur 20 000 produits tels qu'ils sont consommés dans les foyers, réalisée selon un protocole qui fait l'unanimité. Résultat : sur 283 substances recherchées, de la plus anodine à la plus toxique utilisée par l'agriculture, 212 n'ont pas été trouvées. On est donc bien loin de l'assiette empoisonnée. Mais il arrive que la machine agroalimentaire, tournant habituellement comme une montre suisse, dérape. L'impact des accidents sanitaires n'en est que plus fort. Le dernier épisode d'Escherichia coli, en juin dernier, à Bordeaux, a montré comment, à force de faire tourner des abattoirs tout juste aux normes de sécurité, un accident majeur pouvait se produire.


Le même paradoxe se retrouve dans les légumes et les fruits, souvent présentés comme des bombes bourrées de pesticides. Une information publiée en juin dernier aurait mérité qu'on s'y attarde. Selon l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP), en 2011, les ventes d'herbicides ont augmenté de 17 %, celles des insecticides de 11 %, alors que celles des fongicides ont diminué de 10 % - moyennant quoi la vente de l'ensemble de ces produits a augmenté de 8 %. «Scandale !» s'est immédiatement indigné François Veillerette, le président de Générations futures, qui fait des pesticides sa bête noire et la cause principale de l'augmentation des cancers (ce que ne confirme pas l'Institut national du cancer)... «La France s'est pourtant engagée à réduire l'utilisation de pesticides de 50 % d'ici à 2018», poursuit le président écolo. «La météo a été exécrable», répond l'UIPP, qui insiste sur l'engagement des paysans à maîtriser le recours aux produits phytosanitaires. De fait, la courbe d'évolution des ventes de ces produits parle d'elle-même : 108 700 t en 1998, 62 700 en 2011, une baisse de 42 %.


La question des résidus se cache derrière la polémique, évidemment. D'un côté, des professionnels convaincus que, sans traitements, l'agriculture ne produirait pas de quoi nourrir l'humanité. De l'autre, des militants du zéro résidu s'appuyant sur l'opinion des Français : deux tiers redoutent la présence de pesticides dans leur alimentation (1). Et pourtant, aucune relation n'a jamais été établie entre la consommation de fruits et légumes et l'apparition de cancers. «Rechercher l'exposition minimale en réduisant les résidus le plus possible est une évidence, remarque le toxicologue Jean-François Narbonne. Mais vouloir tout interdire n'est que pure gesticulation !» C'est la raison pour laquelle ont été créées les valeurs toxiques de référence (VTR) qui font consensus internationalement. «Elles sont réévaluées en permanence, précise Dominique Gombert. Une VTR peut être divisée par 10 si des études scientifiques récurrentes l'imposent : ce fut le cas du plomb, par exemple.»


A cet égard, les études nationales comme européennes qui se succèdent sont encourageantes. «D'énormes progrès ont été faits depuis vingt ans, analyse le directeur du risque de l'Anses. Ceux qui refusent de l'admettre aujourd'hui communiquent sur les molécules, et non sur les doses.» Il rappelle que, au cours des 146 000 analyses réalisées pour mener à bien la vaste Etude de l'alimentation totale, 73 des substances trouvées sur les 283 cherchées l'ont été dans moins de 1 % des produits consommés. Quelques mois auparavant, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publiait une enquête réalisée à travers l'Europe sur 70 000 échantillons : 96,5 % se sont révélés conformes aux limites maximales autorisées. En 2006, 62,1 % des aliments étaient conformes. Sur 2 062 échantillons d'aliments pour bébés analysés, 76 contenaient des traces de pesticides et la limite autorisée était dépassée dans seulement 4 échantillons (0,2 %).


On peut donc se gaver de fruits et de légumes, respecter - voire dépasser - les recommandations d'en consommer cinq portions par jour sans risquer un cancer du tube digestif ou du côlon. Bonne nouvelle ! Mais à condition de suivre quelques règles, notamment celle qui consiste à se méfier des produits importés de l'extérieur de l'Union européenne. Dans la même étude, l'Efsa indique en effet que ce sont les échantillons d'aliments hors Union européenne qui font déraper les statistiques (7,6 % non conformes hors UE, contre 2,4 % de l'UE).


Le lait contaminé au cadmium par la faute de compléments alimentaires importés de Chine, et le lait enrichi illégalement à la mélamine, en provenance de Chine également, sont des affaires qui datent de 2006 et de 2008. Marianne avait à l'époque mis en garde contre la perméabilité des frontières européennes. La situation ne s'est pas améliorée depuis, à en croire les statistiques hebdomadaires du Rapid Alert System For Food And Feed (Rasff), le système d'alerte rapide européen pour les produits destinés à l'alimentation humaine et animale.


D'année en année, ils rejettent de plus en plus de cargaisons : 90 rejets en 2006 pour cause de traces de pesticides interdits en Europe, 180 l'année suivante, 219 en 2011, la plupart des rejets provenant d'Asie, de Chine en particulier. Le plus inquiétant est que le Rasff procède par prélèvements aléatoires, et non systématiques. Certes, les volumes d'importations globales s'accroissent. Mais il n'en reste pas moins que les antibiotiques dans les crustacés, le cadmium dans les produits carnés, les moisissures pathogènes (mycotoxines) dans les fruits secs, les pesticides dans les fruits et légumes comme les mangues en provenance de République dominicaine, les oranges d'Egypte, les courgettes de Turquie inquiètent les autorités européennes.


Compte tenu de la faiblesse des effectifs douaniers, on peut s'interroger sur le nombre de cargaisons qui passent à travers les mailles du filet. L'Etude de l'alimentation totale apporte une réponse : entre 2004 et 2010, les céréales, le pain et les biscottes contenant des traces de cadmium ont augmenté de 400 % - la faute aux engrais importés -, tandis que le plomb, le nickel, l'aluminium et le mercure rôdent de plus en plus dans les tasses à café.


«Produisons français» a été un des slogans de la campagne présidentielle. «Consommez au plus près de chez vous» s'avère encore plus pertinent. Pro-xi-mi-té. Ce pourrait être en quatre syllabes la règle de base. Car ce principe réunit à lui seul toutes les exigences : préservation de l'environnement, critères sanitaires, goût et recherche d'une origine garantie.


Faut-il rappeler qu'en moyenne un produit parcourt 2 000 km avant d'arriver dans une assiette ? Certains, les locavores, ont fait de la proximité la règle absolue en s'astreignant à ne consommer que des aliments produits dans un rayon inférieur à 200 km. Les Parisiens peuvent dire adieu aux langoustines du Guilvinec, et l'ensemble des Français tirer un trait sur le sucre, à remplacer par du miel. Contraignant, avouons-le.


La proximité est aussi la règle des grands chefs. «Elle permet de bien connaître ses producteurs, assure Jérôme Banctel. Je préfère même un producteur dont je suis sûr à un autre qui s'affiche bio. Le bio a beau être un label porteur, je ne sais pas forcément d'où il vient. La demande est si forte qu'en France on ne peut pas suivre. Le bio roumain ou espagnol est-il vraiment bio ? Je n'en sais rien.» Un rapport de la Cour des comptes européenne (2) conforte le point de vue du cuisinier, et dénonce l'inefficacité du système de contrôle des produits bio. Les critiques visent en premier lieu la Commission européenne, jugée coupable de ne pas surveiller ce secteur en plein boom. Or, quand la demande est soutenue, il y a fort à parier que des idées de profits rapides germent dans l'esprit de quelques margoulins sans scrupule. Le dernier audit de la filière date de 2001. «Inacceptable», juge la Cour des comptes. Le consommateur qui accepte de payer jusqu'à 30 % plus cher un produit bio est donc en droit de s'interroger sur ce qui se cache derrière l'étiquette.


Manger bio est néanmoins l'une des façons de «manger éthique». Le label a beau ne pas être une garantie de qualité, il certifie que le produit qui l'affiche a été cultivé selon des règles agricoles précises. Se développerait-il autant si dans le même temps le refus des OGM et des pesticides ne montait aussi fortement dans l'opinion ? Certainement pas.


De l'assiette à la bouteille, même son de cloche. «Ce qui compte pour moi, c'est d'aller voir ce qui se passe dans les vignes, assure François Morel, notre expert ès vins. La mention "bio" sur une bouteille va dans le sens de la recherche de l'authentique, comme pour la tomate. Mais ce qui compte, c'est le goût, d'où l'importance de nos dégustations systématiques. A quoi sert de se prétendre bio si la terre est labourée trop en profondeur, détruisant la biologie du sol ? Reste qu'on assiste à un retour des pratiques culturales plus respectueuses de l'environnement. Avec tous leurs traitements, les vignerons se sont rendu compte qu'ils tuaient la terre et pour longtemps.»


Si la proximité doit être une règle de base au moment du choix, elle a néanmoins un coût. «Vous avez remarqué, vous pouvez maintenant payer votre maraîcher avec une carte bancaire, s'étonne Jérôme Banctel. C'est dire si les prix sont élevés.» Serge Michels, vice-président de l'agence Protéines, spécialisée dans le conseil aux entreprises de l'agroalimentaire, ne dit pas autre chose. Il a réalisé de nombreuses études ayant recours à des panels de consommateurs de toutes origines sociales. «Ce qui me frappe, dit-il, c'est à quel point les consommateurs pas très riches réagissent quand on leur présente des images de beaux melons ou de belles tomates. Ils nous disent : "Ces trucs-là, c'est pas pour nous, c'est trop cher."» La qualité est devenue un marqueur social. Marqueur qui n'est pourtant pas exempt de contradictions. Car les mêmes qui trouvent les belles carottes bio trop coûteuses n'hésitent pas à les acheter râpées en barquette. Pour trois fois moins cher, ils se seraient régalés d'un produit frais agrémenté de citron et d'huile d'olive. Quand on vous disait que l'alimentation était paradoxale ! 

(1) Sondage pour l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), réalisé en 2010.

(2) Rapport spécial n° 9, juin 2012.


L'HUILE DE PALME, LOBBY CONTRE LOBBY


Pourquoi les sénateurs écolo ont-ils proposé sans crier gare un amendement visant à taxer l'huile de palme à 300 % ? Pour rééquilibrer la fiscalité de cette matière grasse saturée favorisant le mauvais cholestérol alors que l'huile d'olive, bénéfique à la santé, est aujourd'hui deux fois plus taxée ? Sans doute. Pour réactiver un combat ancien des écolos qui estiment qu'en utilisant larga manu l'huile de palme, l'industrie contribue à la déforestation des pays producteurs ? Peut-être. Mais l'initiative aura été si maladroite, prenant même le gouvernement par surprise, qu'au bout du compte plus personne n'y comprend rien. D'autant que l'amendement a été retoqué par les députés. Alors ?


Baptisée «amendement Nutella» du nom de la célèbre pâte à tartiner qui tire son onctuosité de l'huile de palme, la proposition a déclenché une contre-offensive de l'industriel. Et c'est ainsi que des pleines pages de pub ont été achetées pour rappeler qu'il n'y a pas plus de graisses saturées dans une cuillerée de Nutella que dans le beurre d'une tartine. Sauf que l'industriel s'appuie sur une étude du Fonds français pour l'alimentation et la santé, financée... par les industriels de l'agroalimentaire. Et, cerise sur la tartine de Nutella, le vote de l'amendement a coïncidé pile poil avec le lancement d'une pâte à tartiner sans huile de palme fabriquée par Casino. Comme si les arguments nutritionnels n'étaient mis en avant que pour nourrir des argumentaires marketing !
 

À QUOI BON "CINQ FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR" ?


Manger cinq fruits et légumes par jour, comme le recommande le Plan national de nutrition et de santé (PNNS), est-ce bien utile ? «Le problème, c'est que les scientifiques ont toutes les peines du monde à le prouver, constate Jean Dallongeville, épidémiologiste et directeur de recherche à l'Institut Pasteur de Lille. Les tests sont en effet impossibles, tant la consommation de fruits et de légumes est un marqueur social de ceux qui ont par ailleurs une vie saine, font du sport, ne fument pas, etc., et sont donc moins exposés aux pathologies lourdes.» Et comme rien, à l'inverse, ne montre qu'une consommation de 400 g de fruits et de légumes par jour (poids de cinq portions) ne fait de mal...


En réalité, cette recommandation nutritionnelle est un vieux slogan de l'Organisation mondiale de la santé du temps où un consensus avait été établi sur les effets bénéfiques des vitamines. «Depuis que l'intérêt pour les vitamines est retombé, explique Luc Dauchet, épidémiologiste à Lille, il a été recyclé dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète.» Sans plus de preuves de son efficacité. «Aujourd'hui, cette recommandation nutritionnelle est la mieux acceptée parce qu'elle est associée aux basses calories, donc au désir de minceur.» Tant mieux pour les paysans.
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 22:16

 

 

LE MONDE | 20.12.2012 à 12h35 • Mis à jour le 21.12.2012 à 15h04 Par Stéphane Foucart

 

 

Lorsque les observations ne sont pas très bonnes, il est parfois tentant de changer l'instrument de mesure. La Commission européenne a-t-elle cédé à cette tentation, s'agissant des mesures de pesticides dans l'alimentation ? C'est ce que dénoncent Générations futures et la branche européenne de Pesticide Action Network (PAN-Europe).

Les deux ONG ont rendu public, mercredi 19 et jeudi 20 décembre, un document technique issu de la direction générale à la santé du consommateur (DG Sanco) qui conduit, selon elles, à sous-estimer de manière systématique les taux d'aliments contrôlés au-delà des limites maximales de résidus (LMR) de pesticides. Mais, comme souvent lorsqu'il s'agit d'harmonisation des pratiques communautaires, l'explication est un peu plus compliquée.

Le document mis en avant par les deux organisations non gouvernementales offre une série de recommandations de bonnes pratiques pour mesurer les quantités de produits phytosanitaires présents dans les fruits et légumes des producteurs européens.

C'est le paragraphe 94 du texte qui a attiré l'attention des deux associations. Celui-ci dispose d'abord qu'une incertitude équivalente à 50 % de la mesure doit être appliquée. Et que la valeur retenue pour être comparée aux LMR n'est pas la valeur mesurée elle-même, mais la limite basse de la fourchette d'incertitude, c'est-à-dire la moitié de la valeur effectivement mesurée. Par exemple, si la concentration d'un produit est mesurée à 2 mg/kg du produit testé, la valeur retenue sera de 1 mg/kg.

"Il faut donc que les résidus de pesticides atteignent deux fois la limite autorisée pour qu'ils soient considérés comme dépassant effectivement la limite autorisée !", tempête François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Le principe, formulé par la DG Sanco depuis 2007, n'est appliqué par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) que depuis 2010.

 

UN EFFET SENSIBLE SUR LES STATISTIQUES

L'effet sur les statistiques officielles est sensible. Entre 2008 et 2010, le pourcentage d'échantillons contrôlés contenant des résidus mesurables de pesticides est passé de 38,2 % à 40,7 %, mais le pourcentage d'échantillons excédant les LMR montre au contraire une nette amélioration, passant de 4 % à 1,5 %...

A la DGCCRF, on ne nie pas que l'application des recommandations de Bruxelles a joué un rôle, mais on précise qu'il peut être trompeur de comparer ces chiffres dans le temps, car les "LMR, qui sont propres à chaque pesticide, peuvent changer d'une année sur l'autre".

Quant au choix de prendre la limite inférieure de l'incertitude de mesure pour fixer le dépassement de la limite autorisée, il est justifié par la nécessité d'harmoniser les mesures et de mettre sur pied un référentiel commun aux Vingt-Sept.

Mais, comme toute mesure scientifique, celle des résidus de pesticides dans l'alimentation est sujette à une fourchette d'incertitude. Or celle-ci varie en fonction des laboratoires... "La Commission européenne a donc fait mener des essais dits d'"intercomparaison" de mesures entre les laboratoires des différents pays membres de l'Union, explique-t-on à la DGCCRF. Un même échantillon est analysé dans plusieurs établissements et les résultats sont comparés pour obtenir une fourchette de valeurs qui englobe tous les résultats obtenus par les laboratoires participant à l'essai."

Le document-guide de la Commission évite ainsi qu'un produit soit déclaré conforme ici, et non conforme là. L'adoption de la limite inférieure de la fourchette d'incertitude comme valeur de référence permet aussi de s'assurer qu'aucune sanction ne sera prononcée à tort contre un producteur.

Le commerce au détriment de la santé ? "Les seuils sanitaires sont situés au-dessus des LMR, répond-on à la DGCCRF. Les LMR sont plutôt des seuils qui s'assurent que les bonnes pratiques d'utilisation des pesticides sont bien respectées par les producteurs, notamment pour protéger l'environnement."

Stéphane Foucart

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:38

 

Marianne - Samedi 15 Décembre 2012 à 13:10

 

Magazine Marianne

 

C'est bien connu, les amendes de stationnement permettent de renflouer les caisses de l’Etat. Mais en sous-sols, les groupes privés empochent le pactole, comme le révèle une enquête à lire cette semaine dans « Marianne ».


BEBERT BRUNO/SIPA
BEBERT BRUNO/SIPA
En France, difficile pour les automobilistes de ne pas se retrouver pris dans un piège infernal. Poussés vers des parkings hors de prix par la menace d’une contredanse corsée – elle est passée depuis un an de 11 à 17 €, après quinze ans de stabilité – et distribuée avec toujours plus de célérité, ils sont invités à se réfugier en sous-sol, dans les parcs de stationnements souterrains.
 
Dans un cas comme dans l’autre, deux grands gagnants : l’Etat et les opérateurs privés du stationnement, comme Vinci, Q-Park ou Eiffage, qui empochent des sommes gigantesques sans qu’il vienne à aucun député ni à aucun lobby de la voiture l’idée de protester, comme le révèle Marianne dans le numéro 817, en kiosque ce samedi.

Il aura fallu fouiller et fouiller encore pour que Marianne parvienne à mettre la main sur ce que représente cette manne financière qu'est le stationnement automobile. C’est un rapport du Comité des finances locales qui nous l’indique. Résultat : sur les 1,5 milliards d’euros d’amendes dressées aux conducteurs, pas moins de 640 millions d’euros, issus d’une vingtaine de millions de PV, majorations comprises, l’ont été au titre du stationnement. Grâce à ces PV distribués à tour de bras, c’est presque 1,5 milliard d’euros qui ont été récoltés en 2011, dont seulement 575 millions dus aux radars.
 
En 2009, ce sont très précisément 25 924 719 procès-verbaux qui ont été dressés par l’ensemble des forces de police, en hausse de 3,46 % sur un an. Le document entre dans un niveau de détail rarement publié. Une grosse moitié des PV ont été établis par les polices municipales. Cette année-là, les fonctionnaires territoriaux ont dégainé davantage leurs carnets à souches (+ 10 % sur un an), avec une mention spéciale à la Haute-Marne, où la hausse culmine à 126 %... Quant à la dizaine de millions de PV imputables à la police nationale, ils l’ont été essentiellement en Ile-de-France.
llnk
 
Pour échapper au carrousel de voitures cherchant une place de plus en plus rare et aux douloureux papillons verts, les automobilistes n’ont d’autre choix que de se réfugier sous terre. Ça tombe bien : partout, les parcs de stationnement leur ouvrent grandes leurs portes, comme le montre l’enquête de Marianne qui met en lumière l’absolue domination des géants de la délégation de service public que sont Vinci et Q-Park, à qui les villes confient le plus souvent ces infrastructures (55 % du marché à eux deux), quand eux-mêmes n’en sont pas directement propriétaires.
 
Difficile par exemple d’échapper à Vinci et ses 470 000 places dans l’Hexagone. De Périgueux, où les vingt-quatre heures coûtent 5,20 € dans le parking Francheville, à Paris, où le même temps revient à 36,30 € à Saint-Germain-des-Prés, le géant de la concession est partout.

Echapper à l’emprise de Vinci et de Q-Park est néanmoins possible. Pour le bien des communes comme pour celui des administrés. La méthode s’appelle le « retour en régie municipale ». Menée avec succès depuis de nombreuses années dans le domaine de l’eau, des transports et des déchets par de nombreux conseils municipaux, elle commence à faire ses preuves dans la gestion des parkings à Grasse, à Bastia, à Arles, à Annecy...
  • Retrouvez l'enquête de Jean-Claude Jaillette et Emmanuel Lévy dans le numéro 817 du magazine Marianne, en kiosque du 15 au 21 décembre 2012.
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 22:19

 

Rue89 - Plainte 14/12/2012 à 13h26
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

 

 

 

 

C’est certainement le début d’un long feuilleton. La plainte déposée ce vendredi par Marion Larat contre le laboratoire Bayer fera date et pourrait inspirer de nombreuses victimes potentielles des pilules de troisième et quatrième génération.

Le Monde, qui révèle l’affaire, a déjà recueilli les témoignages d’autres victimes de ces contraceptifs. Ce sont parfois leur famille qui racontent, quand les jeunes filles sont décédées.

Les pilules troisième et quatrième génération

Il existe depuis les années 90 une cinquantaine de pilules dites « de troisième génération », dont la composition et les usages diffèrent des pilules classiques : Meliane, Melodia, Moneva et Phaeva, Harmonet, Minesse et Minulet, Mercilon, Varnoline et Cycleane,Triafemi Cilest... Ainsi que des génériques : Efezial, Edenelle, Desobel, Carlin, Optinesse, Minerva.

 

Les pilules dites « de quatrième génération » sont apparues en 2008 (Yaz, Jasmine, Jasminelle, et pour les génériques Convuline et Belanette, Drospibel).

Marion Larat, 25 ans, accuse le laboratoire qui fabrique Meliane d’être responsable de l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’a rendue lourdement handicapée. Plus étonnant, elle poursuit aussi le directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), pour ne pas avoir demandé le retrait de cette pilule du marché, « en violation manifestement délibérée du principe de précaution ».

La dangerosité de ces contraceptifs – risques accrus de phlébite et d’embolie pulmonaire – sur laquelle les autorités britanniques ont alerté dès 1995, commence à être connue en France.

Au Canada, en Australie, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, des procédures judiciaires sont en cours depuis plusieurs années, et aux Etats-Unis, ce sont quelque 15 000 plaintes qui ont été déposées.

La Food and Drug Administration a exigé de Bayer que les risques de caillots sanguins soient mentionnés sur la notice de Yasmin et Yaz, mais n’a pas fait interdire ces pilules.

Près de deux millions de femmes concernées

Combien de victimes potentielles ? Le Monde évalue à « une cinquantaine le nombre annuel de décès en rapport avec des contraceptifs oraux » sur près de 2 millions d’utilisatrices (un peu moins de la moitié des femmes sous pilule).

Contactée, la Haute autorité de santé (HAS) estime que le risque de problèmes veineux est doublé : de 2 pour 10 000 avec les première et deuxième génération, il passe à 4 pour 10 000 avec les troisième et quatrième. L’instance qui évalue le rapport bénéfice/risque des médicaments et préconise leur remboursement rappelle :

« Sur les 50 pilules de troisième et quatrième génération, Meliane fait partie des 27 qui n’étaient pas remboursées, et depuis septembre dernier il a été décidé de ne plus rembourser les 23 autres.

Mais afin de laisser le temps aux femmes de trouver des stratégies alternatives, ce déremboursement ne sera effectif que dans un an. »

Voir le document

(Fichier PDF)

 

L’avis rendu par la HAS en novembre est très clair : il est préconisé de ne pas les prescrire.

« Lorsqu’elles sont arrivées sur le marché, ces pilules se targuaient d’avoir moins d’effets indésirables que les autres. Ce n’est qu’en 2012, lorsqu’on a les a réévaluées qu’on s’est rendu compte que ce n’était pas vrai », précise-t-on à la HAS.

Elles restent donc aujourd’hui autorisées en dernier recours, lorsque les première et deuxième génération ne sont pas tolérées.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 22:23

 

 

Le Monde.fr | 13.12.2012 à 16h06 • Mis à jour le 13.12.2012 à 16h42 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

 

 

 

Voilà qui ne va pas arranger la réputation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). La journaliste indépendante et documentariste Stéphane Horel vient de publier sur son site le résultat d'une minutieuse enquête sur le dernier groupe de travail formé par l'EFSA. Elle met au jour une somme importante de conflits d'intérêts divers qui pourraient peser grandement sur le rapport que ces dix-huit scientifiques doivent rendre en mars 2013.

Or cet avis influera sur la santé de dizaines de millions d'Européens, puisqu'il établira les critères selon lesquels les molécules chimiques seront – ou non – classées dans la catégorie des perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes, mises en cause dans la recrudescence de nombreux troubles (cancers hormonodépendants, infertilité, obésité, etc.).

Cette question, celle de la définition des perturbateurs endocriniens, aura des implications économiques considérables, en fonction du nombre de molécules qui seront considérées comme telles. Cette affaire est au centre d'un bras de fer à la Commission européenne.

Régulièrement mise en cause par les organisations non gouvernementales (ONG) pour des opinions jugées systématiquement pro-industrie, pointée du doigt par de nombreux scientifiques, fragilisée par le départ de sa présidente, Diana Banati, partie fin avril rejoindre un groupe de pression industriel, l'EFSA avait dû endurer le camouflet du "report de ses décharges budgétaires", décidé courant mai par le Parlement européen – ce qui équivaut à un acte de défiance sans précédents depuis sa création en 2002.

Enfin, la Cour des comptes européenne a publié en octobre un rapport cinglant sur la gestion des conflits d'intérêts au sein de ses groupes d'experts...

 

"PROMOUVOIR LES OPPORTUNITÉS D'AFFAIRES"

Ce n'est donc pas fini. Qu'a découvert l'auteure des Alimenteurs – le documentaire-choc sur l'industrie agroalimentaire diffusé en juin sur France 5 ? Que près de la moitié (huit sur dix-huit) des experts soigneusement choisis par le Comité scientifique de l'agence sont en lien étroit avec des entreprises défendant des intérêts sur la question des perturbateurs endocriniens.

Animation de colloques, publications d'articles de recherches en collaboration avec des industriels, travaux financés sur les budgets de l'industrie, consultance... L'éventail est large.

Stéphane Horel a passé au crible les déclarations d'intérêts des intéressés et note quelques omissions. L'un des experts omet de déclarer qu'il est l'un des directeurs de York Professionals, une organisation dont le but est de "promouvoir les opportunités d'affaires"... D'autres sont plus subtiles, comme le fait de présenter telle organisation de lobbying comme une association à but non lucratif.

Parmi les organisations entretenant des liens avec huit des dix-huit scientifiques du panel réuni par l'EFSA, on trouve l'International Life Science Institute (ILSI, une organisation de lobbying scientifique qui regroupe l'essentiel des géants de l'agroalimentaire, de l'agrochimie, de la pharmacie, etc.), le Conseil européen de l'industrie chimique, le Centre européen d'écotoxicologie et de toxicologie des produits chimiques (ECETOC), le Conseil européen de l'information sur l'alimentation (EUFIC), etc.

 

COMMENT SE DÉJUGER D'UN AVIS DÉJÀ RENDU ?

Josef Schlatter, l'un des membres du groupe, dispose d'un profil quelque peu particulier : retraité de l'Office fédéral suisse de la santé publique, il collabore ou a collaboré dans un proche passé avec l'ILSI, l'EUFIC, la Flavor and Extract Manufacturers Association of the US (syndicat américain des producteurs d'arômes et d'extraits), la Fédération européenne des industriels des cosmétiques.

En remontant dans son passé, on trouve également à son actif une collaboration avec les industriels du tabac s'étalant sur plus d'une décennie. Collaboration au terme de laquelle il a rejoint les autorités sanitaires suisses, pour y suivre notamment les questions de réglementation liées à l'ajout de nouveaux additifs dans les cigarettes...

Stéphane Horel a exhumé une série de documents internes de l'industrie américaine du tabac (rendus publics par décision de justice à la fin des années 1990 et accessibles sur le site de la Legacy Tobacco Documents Library) qui montrent sans ambiguïtés les liens, anciens mais étroits, du toxicologue suisse avec les cigarettiers américains.

Ce n'est pas tout. Selon Stéphane Horel, certains des experts choisis ont déjà rendu un avis sur la classification des perturbateurs endocriniens, dans le cadre d'autres institutions (en particulier des agences de sécurité sanitaires nationales) et auront toutes les chances de reproduire l'opinion qu'ils ont déjà rendue – quand bien même celle-ci a été critiquée dans la communauté scientifique comme trop peu protectrice pour les consommateurs. "Pourquoi l'Institut national pour la santé publique et l'environnement des Pays-Bas (RIVM) aurait-il trois représentants, le BfR allemand deux et l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) française aucun ? ", interroge la journaliste.

Lire aussi Perturbateurs endocriniens : Bruxelles se déchire

Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 21:58

 

 

Le Nouvel Observateur - Créé le 12-12-2012 à 16h43 - Mis à jour le 13-12-2012 à 18h04

Anne Poiret, réalisatrice, diffuse dans "Envoyé Spécial" un reportage choc sur Foxconn, le célèbre sous-traitant d'Apple en Chine.

 

Uniforme d'ouvriers dans les usines de Foxconn DR

Uniforme d'ouvriers dans les usines de Foxconn DR

Stagiaires forcés, brimades et cadences infernales : dans "La face cachée d'Apple", le magazine "Envoyé spécial" (diffusé sur France 2 jeudi 13 décembre à 20h30) est parti sur les traces des dizaines de milliers d'employés de Foxconn, le principal sous-traitant d'Apple en Chine. Avec la production de l'iPhone 5, les conditions de travail se sont encore durcies, comme en témoignaient des enquêtes réalisées sur place par le Guardian ou plusieurs ONG

La réalisatrice Anne Poiret a pu filmer les cités-dortoirs de Foxconn et donner des caméras à des militants infiltrés dans les usines. Interview. 

 

 Les conditions de travail se sont-elles améliorées chez Foxconn ? 

- Il y a eu certaines améliorations, mais les problèmes continuent à s'accumuler. Dans l'usine de Shenzhen, pointée du doigt par la presse et les ONG, des filets anti-suicide ont été installés. Les locaux sont très glauques, mais les horaires de travail sont à peu près respectés. Le gros problème reste les conditions de logement aux abords de l'usine de Zhengzhou, dans des bâtiments construits à la va-vite pour abriter les milliers d'ouvriers embauchés pour fabriquer l'iPhone 5.

Dans une séquence diffusée dans notre reportage, on voit une personne de Foxconn expliquer aux nouveaux arrivants de bien faire attention à ne pas surcharger les équipements électriques de leur appartement : la veille, il annonce qu'il y a eu 8 morts dans un accident !

 

 

 

Qu'est-ce qui vous a le plus frappé dans les témoignages recueillis sur place ? 

- L'embauche de stagiaires "forcés". On a rencontré deux ados de 16 ans qui nous ont expliqués qu'elles faisaient des études d'aide-soignante. Leur professeur les a obligées à séjourner loin de chez elles pour faire leur stage chez Foxconn.

Cela n'a rien à voir avec leur scolarité, mais elles n'ont pas eu le choix : on leur a dit qu'elles n'obtiendraient ni diplôme ni bourse sans ce "stage". Elles se retrouvent à assembler l'iPhone 5 dans des conditions très pénibles. Les conventions interdisent le travail de nuit, mais elles nous ont assurés travailler la nuit.

 

 

Selon nous, dans cette usine de Zhengzhou, les stagiaires représentent 7% de la masse salariale - des milliers d'employés. C'est énorme. Pour Apple, ils sont trois fois moins nombreux. Foxconn n'avance pas de chiffres. 

Les usines vont chercher des étudiants dans les régions du centre de la Chine. Une convention de stage a été signée entre Foxconn et les universités. Mais cette convention stipule bien que le travail de nuit est interdit et que le travail doit avoir une relation avec les études. Ces règles ne sont pas respectées. De son côté, Foxconn s'abrite derrière la légalité du contrat. 

Depuis deux ans, la demande de main d'oeuvre est colossale. Foxconn embauche à tour de bras. Jusqu'à 2.000 nouveaux salariés débarquent la même journée. Le turn-over est énorme. Le rythme de travail est intense.

Apparemment, la fabrication de l'iPhone 5 est plus complexe que prévu, notamment l'assemblage de la coque. Foxconn s'est fait taper sur les doigts par Apple. La pression retombe sur tout le personnel. Entraînant encore plus de turn-over. 

Il est très compliqué d'avoir des infos et chiffres précis : Foxconn et Apple maintiennent le secret. D'après Foxconn, 1,5 millions de salariés travaillent pour eux en Chine, dont 200.000 dans leur usine de Zhengzhou. Les ouvriers interrogés n'ont pas une vision d'ensemble de la chaîne de production,  et très peu acceptent de parler. Par ailleurs, Foxconn n'est pas le seul sous-traitant d'Apple en Chine. Il est donc difficile d'avoir une vision globale. 


Comment avez-vous pu tourner des images dans ces conditions ? 

On est parvenu à infiltrer deux usines, à Shenzen (sur la côte) et à Zhengzhou, dans le Henan. Depuis quelques temps, Foxconn s'installe dans le centre de la Chine, dans des régions pauvres où la main d'oeuvre est abondante. On a donné des caméras à des activistes qui se sont fait passer pour des ouvriers. Ils sont restés entre quatre et dix jours dans ces usines.

On ne peut pas filmer les lignes d'assemblage car, pour des raisons de sécurité, aucun objet métallique ne peut passer, même pas une montre. Mais ils ont pu récolter des images des vestiaires, de la cuisine, de leur logement. Et l'ensemble est assez saisissant. 


Présentation du reportage : 

 

 


 Interview de la journaliste Anne Poiret, auteur de "Foxconn, la face cachée d'Apple", produit par Uspide et diffusé à 20h40 sur France 2 jeudi 13 décembre dans "Envoyé Spécial". Propos recueillis par Aurélien Viers.

 



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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 18:43

Après avoir été malmené sous Nicolas Sarkozy, le Smic, qui figure parmi les principaux acquis sociaux des salariés les plus modestes, pourrait bien connaître de nouvelles vicissitudes sous la gauche, sinon même être purement et simplement démantelé. C’est en tout cas ce que suggèrent les dernières recommandations du groupe d’experts chargé d’éclairer le gouvernement avant toute mesure de revalorisation. A l’approche du 1er janvier 2013, date légale de la prochaine revalorisation, ce groupe d’experts avance en effet des suggestions sulfureuses. Pour le court terme, il recommande de revoir fortement à la baisse les modalités d’indexation du Smic et pour le long terme de le démanteler purement et simplement en avançant vers un Smic jeune ou des Smic régionaux. Autant de pistes qui dans le passé ont conduit à des flambées de colère sociale dans le pays.

Au terme de la loi, un groupe d’experts, qui est actuellement présidé par Paul Champsaur (président de l’Autorité de la statistique publique) et qui comprend Martine Durand (directrice des statistiques de l’OCDE), Gilbert Cette (économiste à la Banque de France), Francis Kramarz (professeur à l’Ecole Polytechnique) et Etienne Wasmer (professeur à Sciences-Po), est effectivement chargé de faire des recommandations au gouvernement. En prévision de la prochaine revalorisation qui doit intervenir le 1er janvier 2013, ce groupe vient donc de mettre la dernière main à son rapport, qui est daté du 26 novembre.

Et c’est ce rapport qui contient ces recommandations explosives.

Le voici :

 

Pour comprendre les préconisations de ces experts, il faut avoir à l’esprit que depuis de longues années, le salaire minimum bénéficie de deux types de revalorisation. D’abord, il y a l’indexation légale : le Smic est chaque année (au 1er juillet autrefois, au 1er janvier depuis peu) revalorisé du montant de l’inflation majoré de la moitié des gains du pouvoir d’achat ouvrier. Mais la loi donne la faculté au gouvernement d’aller au-delà et de donner ce que l’on a coutume d’appeler un « coup de pouce » (voir ici la définition de l'Insee).

Or, le gouvernement veut modifier ces règles, comme l’explique le rapport de ces experts : « Le gouvernement a indiqué lors de la "Grande conférence sociale" de juillet 2012 son intention de faire évoluer les règles du SMIC, notamment s’agissant des critères de revalorisation automatique. L’hypothèse d’une indexation, le cas échéant partielle, sur le taux de croissance de l’économie a été évoquée ».

C’est donc la raison pour laquelle les experts, cette fois, ne se bornent à faire leur traditionnelle recommandation de modération salariale, mais font des propositions beaucoup plus radicales.

D’abord, ils écartent la piste un moment évoquée par François Hollande d’une indexation sur la croissance. Et l’argument qu’ils évoquent pour exclure cette solution retient l’attention. Ils ne font en effet pas valoir qu’une telle indexation serait très défavorable aux salariés, puisque cela équivaudrait à une stagnation du Smic en période de croissance zéro et donc à une baisse de son pouvoir d’achat au prorata de l’inflation. Non ! Si les experts écartent cette hypothèse, c’est seulement pour une raison technique : « Il n’est pas souhaitable de baser la revalorisation automatique du SMIC sur de nouveaux indicateurs qui seraient issus de la comptabilité nationale, notamment ceux faisant référence à la croissance du PIB. Les révisions à la hausse ou à la baisse de ces indicateurs soulèveraient en effet de grandes difficultés au moment de leur prise en compte dans la fixation du SMIC. Or ces révisions peuvent à la fois intervenir tardivement et être de grande ampleur. Les chiffres du PIB sont en effet susceptibles d’être révisés pendant trois années après la période de référence et ensuite périodiquement à l’occasion des changements de base des comptes nationaux. Des révisions de l’ordre de 1 point sur le taux de croissance annuelle du PIB ont été observées », font-ils valoir.

Vers un smic jeune ou un smic régionalisé

Car sur le fond, le groupe d’experts est bien d’accord avec cette même philosophie : il faut fortement revoir à la baisse les modalités d’indexation du Smic. Dans des formules jargonnantes particulièrement hermétiques, il évoque ainsi cette première piste : « Les risques d’une dynamique spontanée non contrôlée du SMIC en cas d’inflation particulièrement volatile pourraient inviter à prévoir une fongibilité au moins partielle des termes de la revalorisation que sont l’indice des prix à la consommation de l’Insee et le demi pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier mesuré par l’enquête du ministère du travail. Cela reviendrait, en cas de baisse des prix par exemple, à imputer une partie des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire brut ouvrier liés à cette baisse des prix sur ceux qui résultent du principe de non indexation du SMIC sur les prix en baisse. » Traduction en version décodée : il serait judicieux que l’indexation automatique cesse d’être… automatique quand elle est avantageuse pour les salariés.

Une deuxième piste est évoquée, visant à prendre dans le système d’indexation non plus le salaire ouvrier pour référence, mais un agrégat salarial qui évolue de manière moins dynamique.

La troisième piste est du même acabit : le groupe recommande de prendre pour référence non plus l’indicateur d’inflation habituel mais un indicateur qui évolue là encore de manière moins dynamique. Et dans une formule alambiquée, les experts recommandent les « coups de pouce » les plus faibles possibles. Et sans rire, ils osent écrire que ce serait plus conforme « à l’intérêt conjoint des salariés et des entreprises qui les emploient ».

Mais nos rapporteurs n’en restent pas là. Il suggèrent aussi, « à plus long terme », que des réformes plus radicales soient envisagées. Et c’est là que le groupe fait des préconisations qui risquent de déclencher un tollé.

Les experts s’étonnent d’abord de « l’homogénéité géographique du Smic, alors que les niveaux de prix différent fortement entre régions ». Cette piste de la régionalisation du Smic est une bombe. Voilà en effet plus de trente ans que le patronat plaide en ce sens, mais aucun gouvernement, ni de droite ni de gauche, n’a jamais osé franchir le rubicon, qui constituerait un véritable chiffon rouge pour tous les syndicats.

Les mêmes s’étonnent ensuite de « l’homogénéité du Smic selon l’âge, alors que l’insertion sur le marché du travail des moins de 25 ans est difficile ». En clair, les experts recommandent donc une différenciation du Smic selon l’âge. Cette proposition est tout aussi sulfureuse que la précédente, car cela pourrait conduire à l’instauration d’un « Smic jeune ». C’est cette piste, en 1994, sous le gouvernement d’Edouard Balladur, qui avait fait descendre dans la rue des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants, contraignant le premier ministre de l’époque à reculer après plusieurs semaines de tempête sociale.

Les experts invitent même le gouvernement à  se demander s’il ne faut pas démanteler totalement le Smic ou le supprimer purement et simplement. C’est suggéré de manière pas même discrète. Les experts pressent en effet le gouvernement à réfléchir au « principe même d’une revalorisation automatique ou au moins d’une revalorisation automatique dépassant le simple maintien du pouvoir d’achat du salaire minimum » ; et à réfléchir aussi au « fait que le Smic n’est pas un instrument efficace de lutte contre la pauvreté et les bas revenus ». Fort de ce parti pris qui n’est évidemment pas établi, les rapporteurs suggèrent donc qu’on ferait aussi bien de se passer une bonne fois pour toute du Smic, et ne de garder qu’un seul instrument de lutte contre la pauvreté, celui du Revenu de solidarité active (RSA).

Cette position réjoint les thématiques des courants les plus libéraux selon lesquels l'Etat doit légiférer le moins possible en matière de droit du travail et seulement faire office de voiture-balai en corrigeant les pires excès de la pauvreté.

Lisant ces lignes, on pourrait certes penser que ces préconisations explosives n’engagent en rien le gouvernement. Or, si! Tout est là : d’abord parce que c’est le gouvernement qui a pris la décision de lancer une réforme des modalités d’indexation. Et puis, surtout, cette proposition de réforme est l’aboutissement d’une histoire longue qui a vu travailler main dans la main des économistes proches des socialistes et des experts de droite ou proches des milieux patronaux. C’est même l’ultime rebondissement d’une histoire longue dans laquelle François Hollande a joué un rôle de premier plan.

 

Denis Olivennes et Alain Minc en éclaireur

C’est dans le courant des années 1990 qu’une ribambelle d’experts commencent à partir à l’assaut du Smic. Pour le compte de l’ex-Fondation Saint-Simon, Denis Olivennes, qui est à l’époque haut fonctionnaire et qui depuis est devenu le patron du pôle médias du groupe Lagardère,  écrit ainsi en février 1994 une note qui fait grand bruit. Intitulée «La préférence française pour le chômage», et publiée peu après par la revue Le débat (1994, n°82), elle défend la thèse très libérale selon laquelle des salaires trop élevés en France ont contribué à pousser le chômage à la hausse. La démonstration est en vérité très contestable, car depuis le tournant de la «rigueur» des années 1982-1983, c'est à l'inverse la «désindexation compétitive» (en clair la rigueur salariale) qui est l'alpha et l'oméga des politiques économiques conduites par la droite et par la gauche.

 

 

Il n'empêche. Au sein de la deuxième gauche, la note fait sensation. Mais tout autant à droite, notamment dans les rangs des partisans d'Edouard Balladur. A l'époque, ce dernier prépare sa rupture avec Jacques Chirac, et veut commencer à dessiner ce que pourrait être son programme de candidat à l'élection présidentielle. Pour cela, il a donc l'idée d'utiliser un ami... Alain Minc : il le nomme à la présidence d'une commission qui, sous l'égide du Commissariat général du Plan, est chargée d'élaborer un rapport sur « La France de l'an 2000».

Pour Alain Minc, qui devient à quelques mois de l'élection présidentielle  de 1995 président du conseil de surveillance du Monde, l'offre ne peut mieux tomber. A la tête du plus prestigieux des quotidiens français qu'il va pouvoir instrumentaliser à sa guise; en position, au travers d'AM Conseil, de conseiller une bonne partie des patrons du CAC 40 ; et maintenant à la tête de la commission chargée d'élaborer le programme de celui des hommes politiques qui est donné favori à l'élection présidentielle : c'est pour lui la consécration. A la tête de cette commission du Plan, il se jette dans la campagne présidentielle.

 Et de qui s'inspire-t-il pour conduire les travaux de sa commission? On l'aura deviné : de Denis Olivennes! Faisant sienne la thèse de la note de la Fondation, le rapport de Minc recommande une politique de rigueur accentuée : « La société française a fait, consciemment ou non, le choix du chômage [...] La Commission pense que le coût salarial par tête [...]doit augmenter moins vite que la productivité [...] » Et d'ajouter, au sujet du Smic : « La Commission a fait le choix d'une solution "raisonnable" : au minimum, remettre en cause le principe des coups de pouce [...] ; et au maximum, revenir à la simple indexation sur les prix » [au lieu du dispositif légal qui prévoit une indexation chaque 1er juillet sur les prix, majorée de la moitié de la hausse du pouvoir d'achat du salaire ouvrier]. C'est donc bel et bien l'austérité salariale que recommande Alain Minc.

Dès cette époque, Alain Minc, très proche d'Edouard Balladur et de son bras droit Nicolas Sarkozy, travaille donc main dans la main avec Denis Olivennes. L’un et l’autre font partie des cibles de Jacques Chirac, quand il part en guerre contre la « pensée unique » (Lire Alain Minc et Denis Olivennes célèbrent la « pensée unique »).

Puis, dans le courant des années 2000, c’est un économiste moins connu, Gilbert Cette, dont le port d’attache est la Banque de France et qui fait partie de l’actuel groupe d’experts à l’origine de ce sulfureux rapport, qui prend le relais, multipliant les rapports en faveur d’un démantèlement du Smic. Longtemps proche de Martine Aubry et aujourd’hui président de l’Association française de science économique, il s’illustre en applaudissant bruyamment la politique d’austérité salariale conduite lors du précédent quinquennat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est violente.

 

Gilbert Cette, l'économiste de droite et de gauche

Pour la première fois depuis la création du Smic, en janvier 1970 (Smic qui est le prolongement du Smig, créé lui en 1950) , Nicolas Sarkozy fait, en effet, le choix de ne procéder à aucun « coup de pouce » en faveur du salaire minimum. Multipliant les cadeaux fiscaux à ses richissimes amis du Fouquet’s, il se montre d’une rigueur extrême à l’encontre des salariés les plus modestes. Et durant toutes ces années, l’économiste Gilbert Cette appuie non seulement cette politique socialement inéquitable mais de surcroît, il plaide déjà pour que le salaire minimum soit remis en cause. Avec deux autres économistes, membres comme lui à l’époque du Conseil d’analyse économique, il  co-signe ainsi en mars 2008 un rapport, révélé peu après par Mediapart (Lire Un rapport officiel veut casser le Smic), proposant de remettre en cause le salaire minimum.

Et le plus stupéfiant de l’histoire, c’est que Gilbert Cette reste un économiste parfaitement fréquentable pour la direction socialiste. Dans un premier temps, on peut certes penser qu’il a perdu un peu de son autorité académique. Car, au printemps 2011, quand le projet socialiste est élaboré (on peut le consulter ici), c’est une orientation radicalement opposée qui prévaut. A la page 14 de ce document, l’engagement est en effet clairement consigné : « Le Smic constitue un levier à court terme pour améliorer les conditions de vie des plus modestes et stimuler la consommation. La revalorisation de son pouvoir d’achat sera engagée après des années d’abandon par la droite. »

Mais, durant l’été 2011, alors que se préparent les primaires socialistes, François Hollande et ses proches débattent du sujet et ne manifestent guère d’enthousiasme pour cette revalorisation du Smic. Et cela transparaît publiquement quand François Hollande organise le 24 août 2011, à la Maison de l’Amérique latine, une première réunion avec des économistes qui lui sont proches (Lire L’énigme François Hollande).

L’un des économistes présents, en effet, n’est autre que… Gilbert Cette, que l’on voit apparaître dans la vidéo ci-dessous, résumant les travaux de cette journée, aux côtés de Karine Berger ou encore de Jérôme Cahuzac.

 

 

Ce 24 août 2011, Gilbert Cette repart donc à la charge contre le Smic. Et le plus étonnant, c’est que ce qu’il dit est retenu comme parole d’évangile. On en trouve trace dans le compte-rendu officiel (il est ici) de la troisième table ronde qui a lieu ce jour-là, dénommée – ce n’est guère enthousiasmant ni mobilisateur – : « Concilier pouvoir d’achat, compétitivité, et consolidation des finances publiques ».

Cela commence par l’énoncé suivant: « Cette troisième table ronde a permis de définir des pistes de conciliation entre, d’une part, la sauvegarde du pouvoir d’achat et, d’autre part, deux forces contraires : un regain de compétitivité qui plaide pour une modération salariale et un contexte de sobriété budgétaire susceptible de toucher les dépenses dont bénéficient les foyers modestes. »

Autrement dit, la table ronde fait siens tous les poncifs réactionnaires de la politique libérale, qui a été le socle des politiques économiques suivies par la droite comme par la gauche depuis le virage de 1982/1983 : une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité. Cela a été en particulier le credo de Pierre Bérégovoy comme celui d’Édouard Balladur. Il faut donc conduire une politique de l’offre plutôt qu’une politique de la demande. Tout est dit dans cette formule : il faut privilégier « un regain de compétitivité » et cela « plaide pour une modération salariale ».

Et le compte-rendu officiel poursuit : « S’agissant des classes populaires, les participants font le constat d’un tassement de l’échelle des salaires lié à une progression du Smic plus rapide que celle du salaire médian. Les intervenants se sont accordés pour dire qu’un Smic élevé n’est pas le meilleur outil de soutien aux plus modestes, les dispositifs de solidarité de type RSA ou PPE étant mieux adaptés car sans incidence directe sur le coût du travail. Ces outils pourront être évalués et ajustés, mais les moyens qui leur sont alloués devront être ménagés afin que la phase de désendettement ne génère pas de nouvelles inégalités. » Plus brutalement dit, si « un Smic élevé n’est pas le meilleur outil », on peut en déduire qu’il ne faudrait donc pas donner de « coup de pouce » au Smic.

 

Les ravages de la "pensée unique"

En quelque sorte, les économistes proches de François Hollande donnent donc raison, sans le dire ouvertement, à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir donné de « coup de pouce » au Smic et prennent donc leur distance avec le projet du PS.

Quand François Hollande publie, en janvier 2012, son programme présidentiel, il n’est donc pas fait mention d’un « coup de pouce » au Smic : le candidat socialiste viole ouvertement le projet de son propre parti et fait quasiment l’impasse sur la question du pouvoir d’achat. Tout juste préconise-t-il quelques mesures : « « 1. Une nouvelle tarification progressive de l'eau, du gaz et de l'électricité ; 2. Baisse des frais bancaires et valorisation de l’épargne populaire ; 3. Lutte contre la spéculation sur les prix de l'essence ; 4. Fiscalité : protéger le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires ; 5. Augmentation de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire ; 6. Encadrement des loyers ; 7. Baisse du prix des médicaments ». Mais du Smic, il n’est pas question (Lire Pouvoir d’achat : le débat escamoté)

Dans les semaines qui suivent, François Hollande devine-t-il pourtant que l’élection présidentielle est très serrée et qu’il aurait tout de même intérêt à prendre en engagement, aussi modeste soit-il, sur le Smic, face notamment à Jean-Luc Mélenchon qui prône un « Smic à 1.700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1.700 euros net pendant la législature? C’est donc ce qu’il fait : du bout des lèvres, durant la campagne, il consent finalement à dire qu’il est favorable à un « coup de pouce », même si ce n’est pas consigné dans son programme.

Quelques jours après sa victoire à l’élection présidentielle, à l’occasion de son premier entretien télévisé, il n’a donc d’autres solutions que de dire, sur France 2, qu’il tiendra parole et que le Smic sera revalorisé au 1er juillet suivant. Mais déjà, on ressent percer dans le propos présidentiel une infinie précaution.


 link

 


 

Et dans les jours qui suivent, on comprend vite que François Hollande est totalement en arrière de la main : le gouvernement annonce en effet que le 1er juillet 2012, le salaire minimum ne sera revalorisé que de 2 %, soit, hors inflation, un « coup de pouce » de seulement 0,6 %. A la différence de tous les gouvernements qui se sont donc constitués au lendemain d’une alternance et qui se sont souvent montrés très généreux, y compris les gouvernements de droite (+4% en 1995, lors de la constitution du gouvernement Juppé, par exemple), celui de Jean-Marc Ayrault caresse le « peuple de gauche » totalement à rebrousse-poil et ne consent qu’à une minuscule aumône. Le « coup de pouce » accordé par François Hollande correspond en effet à une revalorisation du Smic de 6,45 euros par mois, ou si l’on préfère d’environ… 20 centimes par jour ! Une misère…

Et dans la foulée, le gouvernement fait clairement comprendre que le temps de ces maigres générosités est définitivement révolu et que le groupe des experts en charge des recommandations sur le Smic – nous y voilà- va se mettre au travail d’ici la fin de l’année afin de proposer une réforme de l’indexation du Smic.

Sans même attendre que le groupe d’experts dont il fait partie réponde à la sollicitation du gouvernement, le même Gilbert Cette décide donc de partir en éclaireur et de rédiger un premier rapport de son cru, avec l’aide d’un autre économiste, Etienne Wasmer, sous l’égide de Sciences-Po. Cet économiste Etienne Wasmer est comme Gilbert Cette membre du groupe des experts chargés de faire des recommandations sur le Smic.

Publié dans le courant du mois de novembre, ce rapport est un véritable brulot. Le voici :

 

Si on lit ce rapport, on comprend vite que c’est lui qui est à l’origine de toutes les recommandations qui proposent de démanteler le Smic. Le rapport du groupe des experts a d’ailleurs la franchise de l’admettre : il n’a fait quasiment que recopier les propositions de régionalisation du SMIC jeunes ou de régionalisations du Smic, proposées dans un premier temps par Gilbert Cette et Etienne Wasmer, dans leur rapport rédigé sous l’égide de Sciences-Po. Le gouvernement peut donc difficilement dire que ce rapport ne l’engage pas. Car c’est un économiste proche de François Hollande qui en est le principal inspirateur.

Cette piste de réforme n’est, certes, pas la seule qui soit aujourd’hui à l’étude. Dans le même temps, une sous-commission de la Commission Nationale de la négociation Collective (CNNC) planche aussi sur les modalités d'indexation. Et elle a visiblement une conception du débat démocratique et du pluralisme qui n’a rien à voir avec la « pensée unique » en vigueur au sein du groupe officiel d’experts. A preuve, des économistes opposés au démantèlement du Smic ont aussi pu y exposer leur point de vue, tel l’économiste de l’Institut de recherche économique et social (Ires), Michel Husson qui, s’exprimant au nom de la CGT, a vivement défendu le Smic et ses effets sociaux vertueux. On trouvera ci-dessous le point de vue qu’il a défendu lors de son audition.

L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a, de son côté, publié récemment une étude allant dans le même sens, contestant que des hausses du salaire minimum aient des effets pernicieux (Lire Smic: l'OFCE met en cause la doxa officielle).

Il n’empêche ! Après le cadeau de 20 milliards d’euros offert sans contrepartie aux entreprises sous formes de crédit d’impôt ; après l’oubli par le chef de l’Etat de sa promesse faite aux sidérurgistes de Florange, c’est un séisme social majeur que le gouvernement pourrait enclencher en dégoupillant la bombe que Gilbert Cette a préparé sur le Smic. Car il s’agit ni plus ni  moins que de mettre en œuvre une réforme dont rêve le patronat depuis plus de trois décennies et qu’aucun gouvernement de droite n’a osé mettre en œuvre. Ce qui risque de susciter l'indignation du mouvement syndical et des associations et syndicats de lycéens et d'étudiants.


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