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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:33

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Interventions de la Troïka en Europe et résistances

Plénière d’ouverture Rencontres d’été du CADTM 2014

19 septembre par CADTM


 


« Pourquoi et comment désobéir aux créanciers ? » : voici la thématique de nos Rencontres d’été 2014 qui se sont déroulées les 13 et 14 septembre à Namur, en Belgique. Un vaste programme en perspective. La séance d’ouverture en plénière du samedi matin était réservée à une discussion sur les mesures d’austérité et les résistances en Europe, laissant une large place aux pays du sud de l’Europe.

Jérôme Duval (CADTM Espagne)

Jérôme Duval a dépeint la situation politique et économique en Espagne ainsi que les luttes sociales en cours. Selon lui, le pays est dirigé par un gouvernement que l’on peut qualifier d’extrême droite (monarchiste, et qui plus est, lié à l’Opus Dei) ;nombreux sont les représentants de la droite franquiste qui figurent à des postes gouvernementaux importants.
Il a cependant souligné la dégringolade en cours des deux grands partis au pouvoir depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le PP (Partido Popular, généralement considéré comme la droite conservatrice et libérale) et le PSOE (Partido socialista obrero español, parti « social-démocrate »). L’endettement du pays poursuit son ascension, en même temps que les mesures d’austérité frappent la population. On assiste également en Espagne à une répression brutale des contestations populaires, nombreux sont les cas de personnes grièvement blessées, de procès au pénal contre des manifestants, etc.
Face à une corruption galopante et à ce délabrement des institutions, la résistance s’organise. Une des réussites récentes a pris place en ce début d’année, avec la Marche de la Dignité du 22 mars, qui a marqué les esprits en rassemblant des centaines de milliers de personnes. |1| Jérôme a expliqué que l’attrait de cet événement est qu’il a œuvré à la convergence des luttes et qu’il part d’en bas. Cette mobilisation citoyenne a été une source d’espoir pour les mouvements sociaux à travers l’Europe.
La Plateforme d’audit citoyen de la dette (la PACD) poursuit ses nombreuses activités, dont le développement des Observatoires citoyens municipaux (OCM).
Parmi les autres nouvelles réjouissantes, force est de mentionner « l’effet Gamonal » - cette lutte populaire victorieuse contre un projet de spéculation urbanistique dans un quartier populaire de Burgos – ou encore le succès de la formation politique Podemos – plateforme politique issue d’une initiative citoyenne de gauche radicale, phénomène atypique en Europe.
« Face à l’effondrement du bipartisme comportant la droite libérale et la gauche libérale, il y a eu l’irruption de Podemos, ce nouveau parti, qui est plutôt une candidature populaire. Avec une campagne de 150 000 euros - ce qui n’est vraiment pas grand chose - Podemos a réussi à obtenir 1,3 million de votes, soit 7,96% et 5 eurodéputés au Parlement européen. C’est la quatrième force politique du pays, et dans certaines régions, la troisième. On a là une initiative qui part d’en bas et qui a réussi à obtenir des résultats concrets. »

Rui Viana Pereira (CADPP Portugal)

« Au Portugal, on retrouve d’une manière générale, les mesures qui affectent l’Espagne, l’Italie ou la Grèce » a introduit Rui Viana.
L’écart entre « les très riches » et la majorité de la population s’est approfondi ces dernières années. En effet, le salaire minimum atteint à peine 414 euros alors que le seuil de pauvreté s’élève à 409 euros. Or, le coût de la vie au Portugal ne permet pas à un individu de satisfaire ses besoins primaires avec une telle somme par mois. Il y a 2,5 millions de personnes, soit 25% de la population, qui vivent en dessous de ce seuil de pauvreté officiel. Voir des enfants aller à l’école sans avoir mangé est devenu fréquent. « 8% seulement des travailleur.ses.s sont couvert.e.s par des réglementations collectives, cela montre l’état actuel des pratiques syndicales au Portugal », a fait remarquer Rui Viana.

Malgré le peu de visibilité médiatique, les luttes radicales existent. « On assiste à un apprentissage - ou un réapprentissage - du débat collectif à travers des assemblées de rue ». Mentionnons également l’importante mobilisation populaire qui a rassemblé un million de personnes (soit 10% de la population !) dans les rues du pays le 15 septembre 2012 pour protester contre la Troïka et les mesures d’austérité.

Roxanne Mitralias (CADTM Grèce)

Du côté de la Grèce, Roxanne Mitralias a montré comment la Troïka s’empare de la Nature et attaque les biens communs, en utilisant l’endettement comme prétexte à ces politiques.
Après quatre années de mémorandums, et autant de mesures d’austérité, la dette n’a pas baissé du tout. Au contraire, elle est passée de 120% du PIB à 180%. Les pires recettes néolibérales sont appliquées, sur la gestion de l’eau, des déchets, du tourisme, ... Les biens publics se retrouvent privatisés, la liste est longue : la compagnie d’eau de Thessalonique, les trains, les liaisons maritimes entre les îles, les plages, les coopératives agricoles, le Crédit agricole grec, le barrage électrique,… « Tout est offert au secteur privé  » a résumé Roxanne.

« Il y a aussi une politique énergétique extrêmement offensive. Des espaces énormes de terres sont utilisés pour une production industrielle d’énergie éolienne dont le pays n’a pas besoin. Ce qui engendre des risques sur la souveraineté alimentaire de la Grèce. » Cette situation est vécue comme une agression coloniale par la population. Ces projets, qui couvrent tout le territoire, sont déclarés d’intérêt national et balayent toute réglementation environnementale.

On assiste aussi à une politique extractiviste plus classique : de l’or, du gaz, des gaz et huiles de schistes, du pétrole en mer,… tout cela sans réglementation environnementale bien entendu. Un cas emblématique est celui de l’exploration de mines d’or dans les Scouries, en Chalcidique, face auquel une lutte populaire mobilise des milliers de personnes depuis des années.

Catherine Samary (ATTAC France)

Catherine Samary a rappelé que les pays d’Europe de l’Est ont connu une crise de la dette dans les années 80.
Depuis 1993, la Commission européenne joue vis-à-vis des pays de la région dans l’orbite de l’Union Européenne le même rôle que le FMI a joué vis-à-vis des pays du Sud de la planète, en imposant des « ajustements structurels », une destruction sociale et une dépossession massive. L’objectif consiste à attirer les capitaux étrangers par un dumping fiscal et social. Il y a une destruction et une mise en concurrence extrême de cette zone par rapport au reste de l’Europe. Concernant les banques, la situation n’est pas non plus au beau fixe. La part des actifs bancaires sous contrôle étranger est supérieure à 60%, allant parfois jusqu’à 90% !
Entre 2003 et 2008, il y a eu la phase dite de rattrapage historique, les taux de croissance dans beaucoup de pays d’Europe de l’Est étaient supérieurs à ceux des autres pays européens. Mais suite à la crise capitaliste de 2007-2008, une grande crise bancaire a éclaté dans les pays baltes et en Croatie, qui font maintenant face à un effondrement vertigineux de leurs économies.
La particularité pour beaucoup de pays d’Europe de l’Est est que leur dette publique est particulièrement faible, mais que le déficit annuel est très élevé, de même que la dette privée.
Sur la question des résistances, Catherine Samary a évoqué les explosions sociales récentes en Bulgarie, en Slovénie et en Bosnie-Herzégovine. La mobilisation populaire porte également sur les biens communs, notamment à travers un mouvement qui a mis en échec une tentative de privatisation de la santé en Roumanie.

Angelo Basile (Métallurgistes WB-FGTB Belgique)

Angelo Basile a souligné le fait qu’en Belgique la situation est bien moins grave que dans les autres pays présentés précédemment, mais il ne faut pas pour autant minimiser les effets des politiques d’austérité. Il a exposé comment la législation européenne affaiblit les droits des travailleur.se.s belges.

Comme pays fondateur de l’UE, la Belgique a été un moteur dans le processus d’intégration de l’Europe. On a assisté à la création d’un marché unique dont le pendant est l’euro en tant que monnaie unique. « On nous a présenté une série d’avantages : accélérer la convergence économique entre les pays, contribuer à la croissance, diminuer le chômage, on a même dit que la spéculation financière serait terminée. Aucune de ces promesses n’a été tenue à l’heure actuelle » a déclaré Angelo. Avec la libération des marchés de capitaux, l’entreprise devient une valeur actionnariale comme une autre, tou.te.s les travailleur.se.s sont mis.es en concurrence de par le monde.
Les négociations interprofessionnelles ont été rendues de plus en plus compliquées au fur et à mesure de ce qu’on appelle l’intégration européenne. D’après Angelo, «  il y a un travail d’analyse et de sensibilisation à faire sur l’euro et son impact sur les salaires ainsi que sur les conventions collectives de travail. »

Myriam Djegham (MOC Belgique)

D’emblée Myriam Djegham a rappelé que cette offensive néolibérale n’est pas neuve, que si elle s’accélère depuis quelques années, elle est néanmoins visible depuis 40 ans. « Il y a une dépossession du pouvoir monétaire des États, un contrôle des budgets publics, on est en train de vider les États de leurs instruments politiques, avec leur consentement. L’idéologie du libre-échange, il faut analyser ce qu’il y a derrière cette formule : ce qu’on fait, c’est ouvrir le terrain pour un dumping social et fiscal. »

En ce qui concerne les mobilisations, Myriam a avancé une formule qui a toute son importance : « Il est urgent de prendre le temps », prendre le temps pour structurer un mouvement bien organisé, fonctionnant de manière démocratique. « Si on ne peut plus décider de nos vies, on doit au moins décider de la manière dont on s’organise. Prenons le temps aussi de faire un travail culturel pour reprendre confiance en nos capacités d’avoir du pouvoir sur nos vies, pour contrer le "TINA" (« There is no alternatives » de Margaret Thatcher) ». À ce titre, elle a cité l’Alliance D19-20, née en Belgique en 2013 et qui appelle à une mobilisation massive contre toute forme d’austérité et de libre-échange. |2|

Notes

|1| http://cadtm.org/A-Madrid-des-centa...

|2| Dans ce cadre, une mobilisation européenne se tiendra le 19 décembre à Bruxelles, ayant pour ambition de bloquer le 8e round des négociations du TTIP (Traité de libre-échange USA-UE). Plus d’infos : http://www.d19-20.be/

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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