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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 17:14

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Désavoué, le président de la Commission est toujours là

|  Par Ludovic Lamant

 

 

La zone euro est ce monde merveilleux où celui qui remporte un scrutin démissionne (l'ancien ministre grec Varoufakis), tandis que celui qui est battu (Jean-Claude Juncker) reste au cœur de la négociation.

 

De notre envoyé spécial à Bruxelles.- L'anomalie en dit long sur l'état de santé de la zone euro. L'un des grands vainqueurs du référendum grec, le ministre des finances Yanis Varoufakis, a démissionné lundi matin. Il l'a fait à la demande d'Alexis Tsipras, qui continue de mener une impressionnante bataille politique, et d'avancer ses pions dans un timing parfait – même si l'on a encore du mal à voir comment (et dans quel état) il va finir par atterrir.

Alors que le spectre du Grexit menace plus que jamais, l'exécutif grec, renforcé par la victoire éclatante du « non » la veille, a voulu envoyer le signal à ses partenaires européens que les négociations vont se poursuivre. Et Tsipras est prêt à y mettre du sien, et à le faire savoir. Y compris, puisqu'il faut en passer par là, en écartant Varoufakis, devenue la « bête noire » de certains ministres des finances de la zone euro.

 

Le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (de dos) et le Grec Yanis Varoufakis, en février à Athènes.Le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (de dos) et le Grec Yanis Varoufakis, en février à Athènes. © Reuters.
 

À l'inverse, à Bruxelles, Jean-Claude Juncker, président de la commission, qui avait fait campagne haut et fort pour le « oui » toute la semaine (« indépendamment de la question posée », avait-il expliqué), a choisi de se réfugier dans le silence lundi, loin des caméras. « Il travaille intensément au moment où nous nous parlons », a expliqué à la mi-journée le Letton Valdis Dombrovskis, un vice-président de la commission européenne. Mais il ne faut pas y compter : Juncker ne démissionnera pas.

Le Luxembourgeois avait été jusqu'à comparer, lors de sa conférence de presse du 29 juin, une victoire du « non » à un suicide des Grecs : « Je dirais aux Grecs que j'aime profondément : il ne faut pas se suicider parce qu'on a peur de la mort. » Apparemment, les citoyens d'Athènes et d'ailleurs n'ont pas été intimidés, et se sont assis sur les recommandations de l'exécutif européen.

Interrogé lundi par un journaliste sur une éventuelle démission de Juncker après la gifle grecque, Dombrovskis a répondu : « On ne peut pas penser en termes de gagnant ou de perdant. Le fait est qu'il y a très peu de gagnants dans cette situation. Tout le processus de négociation est devenu plus compliqué. (…) Malheureusement, le "non" l'a emporté, et c'est un signal négatif qui est envoyé par les Grecs. Maintenant, il nous incombe de trouver une sortie de crise. »

En résumé : si Tsipras multiplie les coups, et fait de la politique, rien – jusqu'à présent – ne bouge au sein de la commission. L'autocritique n'est pas de mise dans les derniers étages du Berlaymont, le bâtiment qui héberge les bureaux de Juncker. Le principal intéressé ne devrait pas prendre la parole en public d'ici son intervention mardi aux alentours de 8 h 30 à Strasbourg, en ouverture de la séance plénière du parlement européen. Juncker a échangé lundi en début de matinée, par vidéoconférence, avec Mario Draghi (le président de la BCE) ou encore Jeroen Djisselbloem (le président de l'Eurogroupe), pour préparer le coup d'après.

Juncker peut-il reprendre, comme si de rien n'était, son rôle central dans les négociations qui devraient se rouvrir cette semaine ? Aux Pays-Bas, le chef du parti socialiste (gauche radicale) a lancé le débat avec, certes, une visée très politicienne, puisqu'il s'agissait surtout de tacler son adversaire social-démocrate Djisselbloem, à la tête de l'Eurogroupe : « Côté grec, de nouvelles personnes vont s'asseoir à la table des négociations. La même chose devrait se passer du côté de l'UE », a déclaré Émile Roemer. Mais les appels à la démission de certains responsables des négociations, côté européen, restaient faibles, lundi après-midi.

 

Jean-Claude Juncker le 29 juin à Bruxelles.Jean-Claude Juncker le 29 juin à Bruxelles. © CE.
 

Le président Juncker n'en est pas à son premier désaveu dans les urnes. Fin 2014, lors de la campagne électorale, Juncker avait déjà dit sa préférence pour des « visages familiers » en Grèce, c'est-à-dire pour une victoire des conservateurs aux élections législatives de janvier 2015. Mais au lendemain du triomphe de Syriza, fin janvier, le président de la commission n'était pas venu en salle de presse. Il s'était contenté d'un communiqué, en fin de journée, assurant qu'il avait appelé Tsipras pour le féliciter de sa victoire.

En creux, c'est toute l'ambiguïté de la stratégie de Juncker, qui prétend incarner une commission plus « politique » depuis son entrée en fonctions à l'automne 2014. Le Luxembourgeois veut apparaître plus offensif que son prédécesseur José Manuel Barroso, totalement transparent sur la gestion de la crise, écrasé par le tandem Merkel-Sarkozy. De fait, Juncker, drapé dans la défense du fameux « intérêt général européen », par-delà les 28 intérêts nationaux, prend des risques et « se mouille », sur la Grèce ou sur la question de l'accueil des migrants. Le problème, qui est aussi la grande limite de l'exercice, c'est qu'il n'en tire jamais les conséquences. C'est une commission politique, certes, mais « pour de faux », comme disent les enfants.

Lors de son plaidoyer pour le « oui » au référendum grec, le 29 juin, Juncker avait glissé en substance, qu'il n'avait pas de leçon de démocratie à recevoir. Après tout, lui aussi a bien été élu à son poste – par les eurodéputés qui l'ont confirmé lors d'un vote à l'été 2014, avait-il rappelé. C'est sans doute ici que l'épisode du référendum grec d'Alexis Tsipras est le plus douloureux pour Juncker. Il rappelle à quel point les formes de légitimité, à Bruxelles, sont précaires et imparfaites, quand on les compare à celles en vigueur dans les vieux États-nations. On peut le regretter et rêver, à terme, d'une Europe plus intégrée, et bien plus légitime. Mais d'ici là, Alexis Tsipras, qui a parfaitement compris tout cela, continuera de jouer cette carte dans son bras de fer avec les créanciers.

 

 

 

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