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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 14:46

 

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

«Je montais dans le bureau, je posais le sac dans un coin»

Yann PHILIPPIN 17 novembre 2014 à 21:16
Serge Dassault en campagne sur un marché de Corbeil-Essonnes en novembre 2010. Serge Dassault en campagne sur un marché de Corbeil-Essonnes en novembre 2010. (Photo Vincent Nguyen. Rivapress)
ENQUÊTE

Gérard Limat, comptable et ami de Serge Dassault, a raconté aux juges avoir, de 1995 à 2012, remis en cash à l’ex-maire de Corbeil 53 millions d’euros, transférés de Suisse. «Libération» et France Inter ont eu accès aux procès-verbaux.

 

C’est l’homme de l’ombre dont les confessions risquent de dynamiter le système Dassault.Libération et France Inter révèlent que le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a reconnu sur procès-verbal avoir remis au moins 53 millions d’euros en liquide à l’avionneur et ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes, entre les années 1995 et 2012. Entendu en garde à vue les 6 et 7 octobre par les policiers de l’office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre, Gérard Limat a été mis en examen dans la foulée pour «complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes» et «blanchiment» par les juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, en charge de l’enquête sur la corruption électorale présumée à Corbeil.

Sur la seule période 2008-2012, qui englobe les trois élections visées par l’enquête, Gérard Limat a livré 7,45 millions d’euros en cash à Dassault. Il a également effectué pour 4,2 millions d’euros de virements suspects, pour l’essentiel à des habitants de Corbeil, dont plusieurs acheteurs de voix présumés. S’il a dit ignorer l’usage de ces fonds, cet homme de confiance de la famille Dassault a livré aux enquêteurs un témoignage exceptionnel.

De mystérieux virements

Le 25 juin 2013, les policiers perquisitionnent l’hôtel particulier du rond-point des Champs-Elysées, siège parisien du groupe Dassault. Les enquêteurs découvrent un relevé de compte luxembourgeois, sur lequel figurent deux virements à un délinquant de Corbeil. Le compte appartient à un citoyen suisse, Gérard Limat. Les juges lancent deux commissions rogatoires internationales. En mars 2014, les policiers helvètes perquisitionnent son domicile à Genève et son bureau à Meinier, dans la banlieue de la ville. Il explique qu’il est le «comptable» et «l’homme à tout faire» de son «ami» Serge Dassault. «Je ferai n’importe quoi pour lui, tant que la loi l’autorise.» Limat remet aux enquêteurs deux classeurs remplis de documents. Mais refuse de s’expliquer sur ses relations avec une société genevoise dénommée Cofinor. «Il s’agit de mes affaires privées», dit-il alors.

 
 
 

Le système Cofinor

A l’automne, Limat se ravise. Il accepte d’être entendu à Nanterre sous le régime de la garde à vue. Et déballe tout aux policiers. Au milieu des années 90, Serge Dassault lui a demandé de «lui mettre à disposition de fortes sommes d’argent en espèces à Paris».«Je pense qu’il faisait appel à moi parce que c’était plus discret», a-t-il ajouté. Sur les conseils d’une banque, Limat fait appel à Cofinor. Cette société genevoise, à la fois agent de change et chambre de compensation, était capable de livrer du cash un peu partout en Europe. L’avantage : on pouvait par exemple verser les fonds en Suisse et être livré à Paris, ce qui évitait de passer la frontière avec une valise de billets.

Cofinor a dû abandonner cette activité fin 2012 suite au durcissement des lois suisses antiblanchiment. La société assurait à ses clients une discrétion tout helvétique : les contrats stipulaient que «les opérations pourront être ordonnées oralement et ne feront pas l’objet de confirmations écrites». Cofinor avait des clients prestigieux, comme l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt.

 

Des billets pour Dassault

 

Entre 2008 et 2012, Limat a effectué 33 livraisons. «Je précise que Serge Dassault ne me demandait pas une somme en particulier. Il m’appelait, il me disait qu’il avait besoin de me voir, je comprenais qu’il avait besoin d’argent liquide.» Limat commandait alors 100 000 à 700 000 euros, en fonction de ce que Cofinor pouvait livrer. Il fixait un rendez-vous dans le quartier des Champs-Elysées, le plus souvent devant l’hôtel Marriott. Le livreur de Cofinor le reconnaissait grâce à sa description («grand chauve à lunettes») et son nom de code («Romano»). A l’heure dite, le livreur «me remet un sachet en plastique "passe-partout" (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), lequel contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. […] Il me disait seulement "Gérard", je lui disais "oui", il me remettait le sac et il partait, tout simplement, a raconté Limat aux policiers. Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose». Il dit ignorer l’usage de ces fonds : «Je n’ai jamais posé de questions, et Serge Dassault ne m’en a jamais rien dit.»

Des francs suisses à Vaduz

En échange du cash, Limat devait évidemment payer Cofinor à Genève. L’essentiel a été réglé en liquide, avec des fonds appartenant à deux fondations basées au Liechtenstein et aujourd’hui dissoutes : Pégase et Balzane. Le comptable ignore à qui ces fondations appartenaient, mais indique qu’elles étaient «sous le contrôle» de Luc Argand, l’avocat suisse de Dassault. Limat demandait donc l’autorisation à Me Argand, puis se rendait une à trois fois par an à Vaduz (Liechtenstein) pour retirer du cash en francs suisses (jusqu’à 12 millions d’un coup) sur les comptes des fondations à la VP Bank. «Des sommes suffisamment importantes pour éviter d’y aller trop souvent.» Une fois rentré en Suisse, il stockait les billets dans son «coffre» à la «Raiffeisen Bank, à Meinier». «Dès lors, à la moindre exigence de Serge Dassault, je pouvais mobiliser des fonds en numéraire pour les lui remettre via Cofinor.» Il a ainsi retiré 56,8 millions de francs suisses (47,3 millions d’euros) à Vaduz. «C’est un flux normal qui correspond aux demandes de Serge Dassault. Ce n’est pas beaucoup en quinze ans», a-t-il affirmé sans rire aux policiers.

D’autres tirelires ont été mises à contribution pour financer les livraisons de cash, en particulier un compte ouvert au Luxembourg à la banque Edmond de Rothschild au nom de la société Merger, immatriculée aux îles Vierges britanniques. Il a été alimenté «il y a longtemps» par Marcel Dassault, qui l’avait confié à Limat pour «protéger» en cas de besoin son fils Claude, le frère aîné de Serge, décédé en 2011. Serge Dassault a donné consigne à Limat d’utiliser ce compte pour financer des livraisons, à hauteur de 6 millions d’euros.

Virements «humanitaires»

Certains versements à Cofinor ont transité par le «compte de passage» ouvert par Gérard Limat à son nom chez Edmond de Rothschild Luxembourg, et «dédié uniquement à Serge Dassault». Il l’a aussi utilisé pour verser 4,2 millions d’euros à des habitants de Corbeil, essentiellement sur des comptes algériens et tunisiens. Limat dit qu’il ne connaissait pas les bénéficiaires. «Je n’ai accepté de financer le soutien à ces gens […] que parce qu’il s’agissait d’œuvres caritatives.» Officiellement, il s’agissait d’un soutien de Dassault à des projets «humanitaires» de ses ex-administrés dans leur pays d’origine.

Les soupçons des banques

Le système s’est enrayé au printemps 2010, entre deux élections municipales. En mai, Edmond de Rothschild Luxembourg refuse d’effectuer un virement à un habitant de Corbeil, puis bloque les deux comptes (Merger et personnel) de Gérard Limat. Elle voyait «d’un mauvais œil les transferts de fonds vers des pays non agréés», a-t-il expliqué. Dans un courrier au comptable, la banque évoque ses «doutes» quant à «l’absence de lien avec le blanchiment ou le financement du terrorisme». Me Argand, l’avocat suisse de Serge Dassault, envoie dans la foulée une note à l’avionneur pour lui expliquer que le blocage est lié à l’application des «règles minimales de la loi sur le blanchiment d’argent» et qu’un «dossier complet» doit être fourni «pour justifier un transfert initié par une personne politiquement exposée».

Au même moment, Serge Dassault a un tel besoin de cash que le système Cofinor ne suffit pas. Il demande à Limat de retirer 1,5 million d’euros en liquide sur son compte chez Crédit suisse, à Genève. Le 8 juin, la banque refuse parce que «les dispositions concernant la lutte contre le blanchiment d’argent exigent une explication détaillée et économiquement plausible de la nécessité du prélèvement d’une telle somme, ainsi que l’utilisation spécifique qui en sera faite». Curieusement, Dassault n’a pas jugé utile de fournir cette «explication».

Après le blocage des comptes luxembourgeois, Limat a «informé» Dassault qu’il refuserait désormais de faire des «dons» à des habitants de Corbeil. «J’ai dit stop.» «Vous étiez donc opposé à des dons à des œuvres caritatives au Maghreb ?» lui demandent les policiers. «Si Serge Dassault m’avait [demandé] d’envoyer 1 million d’euros à Médecins sans frontières, je l’aurais fait, mais là, non», répond Gérard Limat. Les enquêteurs soupçonnent que c’est ce blocage qui a poussé Serge Dassault à créer une nouvelle tirelire au Liban, la société Iskandia, pour récompenser des acheteurs de voix présumés après les élections de 2010 (lire Libération du 11 janvier).

Gérard Limat a eu en tout cas moins de scrupules concernant les remises d’espèces à Paris. Le comptable suisse a en effet continué à livrer du cash à Serge Dassault jusqu’en mars 2012. Sans qu’on sache si le système a cessé sur ordre de l’avionneur, ou à cause de la «mise en sommeil» de Cofinor en décembre 2012. Sollicités par Libération, les avocats de Dassault et Limat n’ont pas donné suite et Me Argand n’a pas souhaité commenter.

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Yann PHILIPPIN
Sur le même sujet

Source : www.liberation.fr

 

 

 

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Source : www.lemonde.fr

 

 

Affaire Serge Dassault : cinq questions pour comprendre

Le Monde.fr | 06.01.2014 à 16h04 • Mis à jour le 18.11.2014 à 20h42 | Par Simon Piel et Les Décodeurs

L'ancien maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault, lors du dernier défilé du 14-Juillet à Paris.

Une tentative d'assassinat, des millions d'euros transitant par des circuits opaques, des élections municipales annulées, la cinquième fortune de France mise en cause... La ville de Corbeil-Essonnes vit depuis plusieurs années dans un parfum de scandale autour de son ancien maire, Serge Dassault. Libération et France Inter ont révélé lundi 17 novembre le témoignage du comptable suisse de l'industriel, qui a reconnu lui avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide.

1. De quoi est soupçonné Serge Dassault ?

 

 

Blanchiment. Placé en garde à vue début octobre 2014, le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a reconnu sur procès-verbal avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide à l'industriel. Il a expliqué avoir fait transiter ces fonds depuis deux fondations au Liechtenstein vers un compte bancaire en Suisse puis vers une société suisse, Cofinor, qui s'est procuré des espèces en France, ensuite remises à Serge Dassault par Gérard Limat. Ce sont ces fonds qui pourraient avoir permis des achats de votes d'électeurs de Corbeil-Essonnes.  

Achat de votes. Le milliardaire, patron du groupe industriel qui porte son nom, est en effet également soupçonné d'avoir mis en place un système d'achat de votes, entre 2008 et 2012, à Corbeil-Essonnes. Serge Dassault a été le maire de cette ville de 44 000 habitants dans l'Essonne entre 1995 et 2009, date à laquelle sa réélection en 2008 est annulée par le Conseil d'Etat en raison de « l'existence de pratiques de dons en argent d'une ampleur significative à destination des habitants de la commune ». C'est ensuite son bras droit, Jean-Pierre Bechter, qui remporte la nouvelle élection municipale... à son tour annulée en 2010 en raison de la mention du nom de Serge Dassault sur les bulletins de vote, qui ont pu « entretenir une confusion dans l'esprit des électeurs » alors qu'un faible écart de voix séparait les candidats. Jean-Pierre Bechter a de nouveau remporté la municipale de 2010 avec 53,71 % des voix, avant d'être réélu en mars 2014 avec 56,52 % des suffrages.

Mardi soir, l'avocat de Serge Dassault a qualifié ces soupçons d'achats de voix électorales d'« allégations infondées ». Selon Me Pierre Haïk, le compte évoqué par Libération est celui, historique, des parents de Serge Dassault et il « est connu de l'administration fiscale française ».

 

 

Association de malfaiteurs et tentative d'assassinat. Serge Dassault et plusieurs de ses proches sont visés par une plainte de Fatah Hou. Cet homme, qui a dénoncé les pratiques d'achats de vote à Corbeil-Essonnes, a été la cible d'une tentative d'assassinat en février 2013 en plein centre-ville, qui l'a laissé partiellement handicapé. Le tireur présumé est Younès Bounouara, l'un des proches de Serge Dassault.

Lire : A Corbeil, ces « grands frères » dévoyés par l'argent de Dassault

2. Qui sont les protagonistes ?

Serge Dassault. Il a donné son nom à l'affaire. Industriel multimilliardaire, propriétaire du Figaro, Serge Dassault se retrouve aujourd'hui empêtré dans une histoire à multiples fronts judiciaires. Maire de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009, il est soupçonné d'avoir mis en place un système clientéliste visant à garantir la paix sociale dans les quartiers sensibles de la ville et à acheter les votes de l'électorat populaire afin d'assurer sa réélection. Il a été mis en examen en avril 2014 pour « achat de votes », « complicité de financement illicite de campagne électorale » et « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé ». Son immunité parlementaire a été levée par le bureau du Sénat en février 2014.

Lire le portrait : Serge Dassault, l'homme qui fut maire pour s'affranchir de son père

Jean-Pierre Bechter. Il est le bras droit de Serge Dassault. Administrateur de la Socpresse, la société qui possède le Figaro, il a pris la suite de l'industriel à la mairie de Corbeil-Essonnes après l'invalidation de l'élection en 2009. Réélu maire en 2010 puis en 2014, il a été mis en examen en janvier 2014 pour « recel du produit d'infractions d'achats de votes », « financement illicite de campagnes électorales », « acceptation de dons » et « dépassement du plafond des dépenses électorales ».

Gérard Limat. C'est le comptable suisse de Serge Dassault. Placé en garde à vue en octobre 2014, il a révélé avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide à l'industriel grâce à un circuit opaque incluant notamment des fondations au Liechtenstein et une société en Suisse. Il a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d'achat de votes » et « blanchiment ».

Younès Bounouara. Aujourd'hui incarcéré pour tentative d'assassinat, il a été l'homme de main de Serge Dassault dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes pendant de nombreuses années. Serge Dassault a reconnu sa proximité avec lui, ainsi que le rôle qu'il avait joué afin de lui permettre d'entrer en contact avec des familles des Tarterêts, l'un des quartiers sensibles de la ville. En 2011, Serge Dassault lui a donné 2 millions d'euros. D'après l'industriel, il s'agissait de l'aider à investir en Algérie. « Comme il m'avait pas mal aidé, et que je ne lui avais jamais donné d'argent, je lui ai dit OK », a affirmé le sénateur au Journal du dimanche en décembre 2013.

Certains considèrent que cet argent était destiné à acheter des votes et donc à rétribuer les intermédiaires du système. Younès Bounouara est soupçonné d'avoir gardé la somme pour lui, suscitant jalousie et convoitise. C'est dans ce contexte qu'en février il a tiré sur un homme, Fatah Hou, le blessant grièvement. Lui, affirme qu'il était victime de menaces de la part d'un « gang qui pense que Dassault [lui] a donné beaucoup d'argent pour [qu'il] redistribue ».

Lire : Younès Bounouara, personnage-clé de l'affaire Dassault, se rend à la justice

Fatah Hou. Boxeur de 33 ans, il connaît le système Dassault de l'intérieur. Il fait partie d'une équipe qui a filmé clandestinement Serge Dassault. Pour sa part, M. Hou affirme ne pas avoir été à l'origine, ni avoir été le détenteur des vidéos dont des extraits ont été relayés par des médias et où on entend Serge Dassault évoquer le versement d'importantes sommes d'argent. Il se dit persuadé cependant qu'il a été pris pour cible car il voulait « balancer le système ». En novembre 2013, les avocats de Serge Dassault ont déposé plainte à Evry pour « appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d'extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits » visant Fatah Hou et René Andrieu.

>> Lire aussi le témoignage : Le « système Dassault » raconté de l’intérieur

René Andrieu. Ancien proche de Serge Dassault, il est l'un des premiers à l'avoir introduit dans les quartiers populaires de la ville. Cet homme de 62 ans, ancien braqueur, a longtemps travaillé pour le maire avec les jeunes des Tarterêts. Accusé aujourd'hui de faire partie d'une équipe de maîtres chanteurs, il était avec Fatah Hou quand celui-ci a été visé par les tirs de Younès Bounouara. Il serait à l'origine de la vidéo clandestine révélée par Mediapart, ce qu'il s'est toujours refusé à confirmer.

Voir l'infographie : Les protagonistes de l'affaire Dassault

3. Quelles sont les enquêtes en cours ?

De nombreuses enquêtes judiciaires ont été ouvertes à Evry et à Paris. Chaque partie assure être la victime et a déposé des plaintes.

A Evry. Les juges enquêtent sur deux tentatives d'assassinat dans le cadre de procédures distinctes. La première concerne celle qui a visé Fatah Hou. C'est dans cette procédure que Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter ont été entendus. La seconde concerne les tirs dont a été la cible Rachid Toumi, un jeune homme de Corbeil-Essonnes. Il dénoncera ensuite dans le Parisien le système d'achat de votes auquel il a participé liant à ce contexte la tentative d'assassinat dont il a été victime.

Fatah Hou a porté plainte auprès du parquet d'Evry notamment pour association de malfaiteurs, une procédure qui vise Serge Dassault, son successeur à la mairie, Jean-Pierre Bechter, un employé municipal et un diplomate marocain. Il les soupçonne d'avoir ourdi un stratagème pour le faire arrêter au Maroc et l'éloigner ainsi de Corbeil-Essonnes. Le parquet peut classer cette plainte, joindre les faits reprochés à une des enquêtes en cours à Evry, ou diligenter une enquête préliminaire avant d'éventuellement saisir des juges.

A Paris. Après une enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte à Paris en mars 2013 pour corruption, abus de biens sociaux, blanchiment et achat de votes présumés aux élections municipales, entre 2008 et 2012. C'est dans ce cadre que Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter ont été mis en examen début 2014.

Après des plaintes d'enfants de Serge Dassault victimes d'appels malveillants, une information judiciaire est également ouverte à Paris le 24 janvier 2013. Trois frères, originaires de Corbeil-Essonnes, ont été mis en examen à la fois pour appels téléphoniques malveillants, tentatives d'extorsion de fonds, atteintes à l'intimité de la vie privée ou encore violation du secret des correspondances et des communications téléphoniques.  Le sénateur UMP Olivier Dassault fait partie des plaignants.

Une enquête préliminaire est en cours au parquet de Paris pour extorsion en bande organisée, après des prêts accordés par M. Dassault à des habitants de Corbeil-Essonnes. Cette enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO).

Deux plaintes ont été déposées le 4 novembre par Serge Dassault pour appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d'extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits, l'une à Evry visant René Andrieu et Fatah Hou, l'autre à Paris visant Mamadou K., mis en examen dans le dossier d'appels malveillants.

4. Quel rôle jouent les enregistrements ?

Depuis plusieurs années déjà, alors que les rumeurs d'achats de vote n'ont fait qu'enfler, de nombreuses vidéos tournées clandestinement et mettant en cause Serge Dassault circulent dans la ville. Certaines d'entre elles ont été publiées dans les médias. Ce fut d'abord le cas d'une vidéo diffusée par Canal+ dans laquelle plusieurs jeunes viennent demander de l'argent à Serge Dassault pour financer des projets d'entreprises.

Puis en septembre, Mediapart a révélé des extraits d'une autre vidéo où l'avionneur échange avec René Andrieu, et reconnaît avoir donné de l'argent de manière illégale à Younès Bounouara. L'intégralité de la vidéo a ensuite été mise en ligne par le JDD. Pour l'entourage de Dassault, ces vidéos n'ont qu'un seul but, le faire chanter afin qu'il continue à distribuer de l'argent.

 

 

Lire : L'enquête judiciaire s'accélère autour du système Dassault à Corbeil-Essonnes

5. Quelle est la défense de Serge Dassault ?

Depuis la révélation par Mediapart d'une vidéo dans laquelle Serge Dassault reconnaît avoir donné de l'argent à Younès Bounouara via le Liban, ses avocats ont ouvert plusieurs fronts judiciaires pour expliquer que leur client était avant tout une victime. Pour Me Jean Veil, l'un de ses conseils, cela ne fait aucun doute. Il en veut pour preuve les menaces dont il a fait l'objet encore récemment. Il a ainsi déposé plainte le 8 septembre 2014 après avoir reçu des SMS d'insultes et de menaces de mort.

Concernant les dons d'argent, M. Dassault a assuré au JDD qu'il n'avait pas « le billet facile ». Démentant tout système d'achat de vote, il affirme : « Ce que j'ai fait, après 1995, après être devenu maire, c'est d'aider les gens à travailler. Il m'est arrivé de donner de l'argent, mais jamais sans raison. J'ai acheté un camion à l'un, une pizzeria à un autre, des choses comme cela. Tout ce que j'ai financé, je l'ai financé avec mon argent personnel et toujours officiellement ».

  • Les Décodeurs
    Journaliste au Monde

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


 

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