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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 22:02

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

L’Eurogroupe rallume la mèche avec la Grèce sur la question de la dette

 

L’Eurogroupe a décidé, mercredi, de suspendre les quelques mesures d’allègement de la dette grecque décidées dix jours plus tôt. En cause : de timides mesures, visant les catégories les plus démunies, introduites par le gouvernement Tsipras. Une fois de plus, l’Allemagne s’oppose au FMI sur le cas grec.

Si certains considéraient que le gouvernement Tsipras n’avait pas suffisamment été assommé à l’été 2015, ils ont aujourd’hui de quoi se réjouir. Alors que Syriza au pouvoir applique une austérité stricte qui ne le distingue pas fondamentalement de ses prédécesseurs conservateurs et sociaux-démocrates depuis le début de la crise grecque, le gouvernement vient de se faire à nouveau taper sur les doigts par l’Eurogroupe pour avoir osé introduire deux timides mesures visant les catégories les plus démunies.

La première, c’est l’octroi d’une « prime de Noël » pour les pensions de retraite les plus modestes, c’est-à-dire inférieures à 800 euros. La seconde, c’est le maintien de la TVA à taux réduit sur les îles concernées par l’afflux de réfugiés. C’en est apparemment trop pour les ministres des finances de la zone euro : mercredi 14 décembre, ils ont brutalement mis fin aux modestes mesures d’allègement de la dette publique grecque décidées dix jours plus tôt, après de longs mois pendant lesquels la restructuration de cette dette était constamment repoussée malgré les engagements des Européens de l’été 2015.

« Les actions du gouvernement grec ne sont pas dans la ligne de nos accords », ont statué dans un communiqué commun les différentes institutions créditrices de la Grèce : Commission, BCE, Mécanisme européen de stabilité et FMI.

Derrière cette décision se cache en réalité une volonté allemande, racontent les médias bruxellois. C’est le ministre des finances Wolfgang Schäuble qui aurait demandé à l’Eurogroupe de frapper aussi fort. Le ministre français Michel Sapin a d’ailleurs réagi au lendemain de la réunion, assurant que l’Eurogroupe n’avait pas changé de position : « Il a édécidé sans condition que des dispositions d’allégement de la dette grecque à court terme devaient être mises en œuvre, elles seront mises en œuvre », a-t-il déclaré. Le président français a confirmé cette ligne jeudi, en arrivant au sommet du Conseil européen : « Je suis pour que la Grèce soit traitée dignement. […] Il ne peut pas être question de demander encore des efforts supplémentaires à la Grèce », a déclaré François Hollande.

De son côté, le commissaire aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici a également estimé qu’il fallait s’en tenir à l’accord du 5 décembre dernier. « On ne peut pas dire que cette décision [de suspendre les mesures d’allègement de la dette – ndlr] a été prise sur la base d’une évaluation de la Commission, car cette évaluation n’a pas eu lieu. » Bref, c’est la cacophonie totale sur fond de nouveau chantage avec Athènes.

 

 

Alexis Tsipras au sommet du Conseil européen, le 15 décembre 2016 © ERT

Depuis le début de la crise grecque, il est de notoriété publique que Wolfgang Schäuble a toujours été dans les négociations le plus intraitable et le plus méprisant à l’égard de la Grèce. Et il est manifeste depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir, en janvier 2015, que les différentes institutions divergent entre elles, en particulier le FMI et la Commission – le premier souhaitant avant tout que la dette publique soit réduite à un niveau « viable », tandis que la seconde traîne des pieds pour toucher aux obligations de l’État grec.

Le ministre allemand est-il effectivement à l’origine de cette nouvelle provocation de l’Eurogroupe ? Pourquoi les socialistes français se réveillent-ils le lendemain et se mettent-ils tout à coup à endosser le beau rôle alors qu’ils avaient totalement manqué de solidarité à l’égard de Tsipras quand celui-ci en avait besoin, tout au long du premier semestre 2015 ? Peu importe, au fond. Le résultat est là : la déclaration de l’Eurogroupe est irresponsable. Elle met de l’huile sur le feu en rouvrant un dossier qui a causé l’une des plus graves crises que l’Union européenne ait connues ses dernières années.

Ramenons les choses à leur juste proportion. La « prime de Noël » annoncée par le gouvernement Tsipras – et qu’il entend faire voter malgré la réaction de l’Eurogroupe – représente 617 millions d’euros de dépenses. Elle vient mettre un peu de beurre dans les épinards pour 1,6 million de retraités qui ont vu passer, depuis 2010, une douzaine de réformes ayant conduit à une baisse de 40 % en moyenne des pensions de retraite : dès le début de la crise, les 13e et 14e mensualités dans les pensions avaient été supprimées.

Quant au gel de la TVA sur des îles qui ont vu passer depuis 2015 la plupart des réfugiés se dirigeant vers l’Europe et qui continuent de faire face à des arrivées quotidiennes, la mesure paraît bien compréhensible. Ces îles fournissent, avec très peu de moyens, un accueil que de plus en plus d’États européens refusent de mettre en place.

Mais compréhension et solidarité ne font à l’évidence pas partie du vocabulaire de certains à Bruxelles, où la logique de la carotte et du bâton continue de fonctionner à plein. Or la carotte est de plus en plus maigre… Car il ne faut pas s’y méprendre : les mesures d’allègement de la dette grecque aujourd’hui suspendues n’ont rien à voir avec un haircut (décote, autrement dit effacement pur et simple de créances, comme cela s’est produit à deux reprises en 2012, dans des opérations organisées avec les créanciers privés du pays). Elle consistent simplement en un allongement des périodes de remboursement de 28 à 32 ans et demi pour les emprunts noués auprès du Mécanisme européen de stabilité, et en une limitation de la variation des taux d’intérêt. Cela devait alléger la dette d’environ 45 milliards d’euros, soit 20 % du PIB… d’ici à 2060 ! Un soulagement bien modeste, qui ne va rien changer à l’économie grecque à court terme et qui ne va pas, à long terme, rendre la dette grecque réellement plus « viable » qu’aujourd’hui (elle pèse actuellement environ 180 % du PIB).

Ce chantage malheureux des Européens sur le dos des Grecs révèle par ailleurs, une fois de plus, les tiraillements profonds entre le FMI et les institutions bruxelloises. C’est le FMI qui a semble-t-il mis le feu aux poudres cette semaine, en écrivant, mardi, qu’il « ne réclamait pas plus d’austérité » à la Grèce et que les exigences des créanciers européens pour de « très hauts » excédents budgétaires n’étaient « simplement pas crédibles ».

Les Européens, pris par surprise, n’ont pas tellement apprécié… Ainsi de Moscovici qui, jeudi dans le Financial Times, accuse le FMI de jouer « un jeu qui risque de détruire la confiance et les progrès accomplis jusque-là ». Le commissaire européen avertit : « Ne jouons pas dans l’ombre avec l’avenir de la Grèce. Le travail technique est pratiquement fait. Les leaders politiques de la zone euro et les institutions créancières de la Grèce doivent prendre l’initiative. »

Tentant de faire entendre raison à ses adversaires à l’occasion du sommet européen de ces deux derniers jours, le premier ministre grec Alexis Tsipras a assuré que les deux mesures envisagées n’auraient pas d’impact sur les objectifs d’excédent budgétaire de 2016, ni 2017-2018. À l’occasion de sa conférence de presse à Bruxelles, il a montré qu’il n’était pas dupe des postures des uns et des autres, glissant que 2017 était une année électorale pour plusieurs pays importants (la France, l’Allemagne et les Pays-Bas)… « Il n’y a pas de place pour les caprices, les chantages et les petits jeux, chacun devra prendre ses responsabilités. » Le chef de l’exécutif grec a ajouté : « Il n’est pas possible que la situation d’exception à laquelle la Grèce a été condamnée ces dernières années devienne définitivement la règle. » Certains dirigeants européens, à l’évidence, tentent aujourd’hui de faire l’impossible.

Lire l’article original d’Amélie Poissot sur Médiapart ici.

 

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

 

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