Devant le Château, ce mardi 31 janvier, 600 journalistes se bousculent pour pénétrer les premiers dans la salle des Fêtes de l’Elysée. Très peu d’anonymes (très peu de jeunes donc) et beaucoup de grands patrons, directeurs de rédaction et éditorialistes de choc (beaucoup de plus de 55 ans en somme) venus courtiser leur président bien-aimé. Au premier rang devant la tribune, Jean-Pierre Elkkabach et Olivier Mazerolles trépignent d’impatience à l’idée de voir, d’entendre, de toucher qui sait, Nicolas Sarkozy.
Pourtant, la cérémonie a bien failli ne pas voir lieu, dixit le monarque en personne :
« Je voudrais dire que j’ai hésité avant de vous présenter mes vœux. » Par crainte que des petits malins lui posent les questions qui fâchent sur
les écoutes de journalistes dans l’affaire Bettencourt ou sur
la manipulation des médias lors de son voyage en Guyane ? Pas du tout. Les tergiversations du président tournaient autour d’une question nettement plus terre-à-terre :
« Quand on présente des vœux, est-ce qu’on est sûr de recevoir les mêmes en retour ? » Ah, pauvre Sarkozy. Lui qui rêve encore que la presse l’idolâtre ne sait plus quoi faire pour obtenir un soupçon de clémence de la part de ces sacrés journalistes. Seul Serge Dassault, droit comme un « i » devant le pupitre du chef de l’Etat, tient encore ses troupes. Quoique... Ce cabochard d’Alexis Brézet, rédacteur en chef du
Figaro Magazine, a quand même trouvé le moyen de consacrer tout un dossier à François Bayrou. Inédit. Si même la
Pravda ne chante plus les louanges du régime...