Ainsi, mine de rien, cette loi voulue par l’Europe et votée ce lundi, pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. C’est triste à dire mais les semenciers n’étaient pas si malheureux jusqu’à présent, cette loi va simplement augmenter fortement leurs bénéfices et, dans une moindre mesure leur investissement en recherche et développement. D’un autre côté, elle va participer à l’augmentation du prix des denrées de base et favoriser une privatisation des semences et de l’agriculture.
Elle ouvre la voie à d’autres domaines que les semences, pour la propriété intellectuelle, ce qui n’est pas sans danger. Est-ce le but d’un pays de favoriser des entreprises privées au détriment de ses ressortissants et de son agriculture ? Pourquoi l’Europe a cédé aux demandes des semenciers ? Est-on d’accord pour favoriser le brevetage généralisé du vivant ? Voulons-nous vraiment abandonner définitivement notre agriculture aux firmes privées ? Acceptons-nous les risques associés comme la famine mondiale ? Est-ce simplement le bon moment de passer une telle loi ? N’y a-t-il pas de sujets plus urgents en ce moment ?
Signe que le pouvoir est déconnecté de la réalité et accro aux meurettes, au même moment, Nicolas Sarkozy affirmait dans tous les médias, la volonté du gouvernement de maintenir « son opposition à la culture du maïs Monsanto 810 ». Il a notamment invoqué la protection des consommateurs (tiens donc ! Il y aurait des risques associés aux OGM ?) pour justifier l'idée de réitérer l'interdiction. Un pas en avant, deux de coté, un en arrière, allez donc trouver une cohérence dans cette politique…