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Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

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Une enquête ouverte après le décès d'un bébé au centre de rétention de Mayotte

 

 

LE MONDE | 17.08.2012 à 10h51

Par Elise Vincent

 
Un "kwassa-kwassa" (canot de pêche à moteur) photographié en 2007 entre les Comores et Mayotte.

Un nourrisson âgé de deux mois est mort, dans la nuit du 15 au 16 août, au centre de rétention administrative de l'île de Mayotte, au large de Madagascar, après plusieurs heures de voyage en mer depuis les Comores. Une enquête judiciaire a été ouverte et une autopsie devait être réalisée, vendredi 17 août, "afin de vérifier l'existence ou non d'antécédents médicaux et de cerner l'impact éventuel des conditions éprouvantes" de la traversée, a indiqué le ministère de l'intérieur dans un communiqué.

D'après le parquet de Mayotte, le nourrisson et sa mère étaient arrivés avec l'une des nombreuses embarcations de fortune, les "kwassa-kwassa", dans lesquelles s'entassent la plupart des candidats à l'immigration. Le bébé et sa mère avaient été interceptés par la gendarmerie maritime vers 1 heure du matin dans ce bateau aux côtés de 26 autres passagers.

A leur descente à terre, comme le veut le protocole, le nourrisson, sa mère et les 26 autres personnes avaient bénéficié d'une visite médicale au centre hospitalier de Mayotte. Ils avaient ensuite été acheminés vers le centre de rétention administrative (CRA). C'est en se levant, le matin, vers 7 h 30, que la mère a constaté que son enfant ne se réveillait pas. Elle a alors alerté la police aux frontières qui surveille le centre. Les pompiers de la caserne située juste en face sont intervenus. Un médecin a tenté de ranimer l'enfant. Mais sans succès.

La mort du nourrisson intervient alors que le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a annoncé, en juin, vouloir améliorer les conditions de rétention dans le CRA de Mayotte, unanimement considéré, depuis dix ans, comme inadapté au transit de plusieurs milliers d'immigrés en situation irrégulière chaque année. La Place Beauvau et le ministère des Outre-mer ont, à ce titre, confié une "mission d'évaluation" au conseiller d'Etat Alain Christnacht.

Le décès du bébé fait aussi écho à la décision, le 7 juillet, du ministère de l'intérieur, de suspendre le placement en rétention systématique des familles avec enfants mineurs. Le champ d'application de la circulaire est toutefois limité à la métropole car Mayotte n'est pas soumis au régime commun en matière de droit des étrangers. Une restriction qui suscite la colère des associations de défense des étrangers.

 

Lire l'article du Monde sur la fin de la rétention des familles avec enfants mineurs


L'île de Mayotte comptabilise en effet à elle seule presque autant d'expulsions par an que la métropole. En 2010, il y a eu environ 26000 reconduites à la frontière depuis Mayotte –surtout vers les Comores– contre 28000 en métropole. Parmi celles-ci: 6 400 mineurs, contre 356 enfants placés en rétention en métropole.

Le CRA de Mayotte ne dispose cependant que de 60 places et est "quotidiennement" en surcapacité, avec 140 personnes retenues à la fois, selon le dernier rapport des associations qui interviennent en rétention. A la différence de la métropole, aucun espace pour les familles n'est non plus aménagé. Et c'est souvent sur des "nattes à même le sol" que doivent patienter les étrangers en instance d'expulsion. La construction d'un nouveau CRA avec un espace pour les familles est prévue pour 2015.

Elise Vincent

 

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