Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Alain Vigneron, un travailleur d’ArcelorMittal, a mis fin à ses jours samedi en région liégeoise, deux ans jour pour jour après l’annonce de la fin de la phase à chaud à Liège. « Monsieur Mittal m’a tout pris », écrit-il dans une lettre d’adieu.
Dans une lettre d’adieu, Alain Vigneron, travailleur d’ArcelorMittal militant au sein de la FGT a lancé un véritable cri de détresse en dénonçant le comportement de Lakshmi Mittal et l’inaction des autorités publiques.
L’homme laisse derrière lui une femme, dont il était récemment séparé, et une fille. Voici un extrait de la lettre qu’il a écrite à ses proches et son délégué syndical.
« Chère famille, je vous dis mes derniers mots. Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille, ils n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour Monsieur Mittal. Il m’a tout pris : mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi, je n’en peux plus de ce milliardaire. Vous savez, je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose. Et voilà je vais perdre mon emploi et combien de familles vont le perdre, Monsieur Mittal ? »
Dans sa lettre, l’homme de 45 ans dénonce aussi les autorités politiques : « Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d’emplois des familles qui en valent la peine ? Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille. Et que la presse soit au courant de mon acte. J’ai fait des panneaux, je voudrais qu’il soit à l’église et que tout le monde voit pourquoi j’ai mis fin à mes jours », écrit notamment Alain Vigneron qui s’est pendu deux ans jour pour jour après l’annonce des premières fermetures chez ArcelorMittal.
Alain Vigneron a émis le souhait que ses derniers mots soient lus lors de ses funérailles afin de sensibiliser la population au sort des travailleurs d’ArcelorMittal.
« Le mal-être des travailleurs est infernal mais un suicide est avant tout une affaire privée », réagit la CSC tandis que la FGTB ajoute : « Si Mittal est responsable du massacre social, c’est de manière collective ».
L’an passé, deux travailleurs d’AMittal Liège ont mis fin à leurs jours, sans donner une portée « politique » à leur acte.