Reste la question épineuse de la TVA sociale. Si tout le monde est d’accord à l’UMP sur le principe de transférer sur d’autres prélèvements une partie des cotisations sociales qui pèsent sur le travail, la méthode -autrement dit, quels impôts et qui paye- elle, ne fait pas consensus. Même sous son nouveau label de TVA anti-délocalisation, elle ne passe pas. Ni Laurent Wauquiez, ni Bruno Le Maire ne voulaient en entendre parler. Tandis que Jean-François Copé ne pense qu’a cela. « Une TVA à 24,6%, c’est absurde », s’est exclamé le ministre de l’Agriculture aux côtés du patron de l’UMP encaissant l’attaque. Pour disqualifier les tenants de cette option « injuste pour les ménages », Bruno Le Maire n’a pas cité Jean-François Copé, préférant réserver ses flèches à Dominique de Villepin, son ancien mentor et désormais adversaire politique depuis que l’ex-Premier ministre s’est déclaré candidat en 2012. Evoquée dans le projet, la question du transfert des 35 milliards de cotisations sociales qui pèsent sur le travail, n’est finalement pas tranchée… Outre la TVA sont ainsi cités la CSG, l’impôt sur les société (IS) qui devrait pour les grandes entreprises se rapprocher de celui des PME et même la fiscalité sur le capital. « Toutes ces pistes sont possibles. Nous avons calculé toutes les options à l’euro prêt », certifie Bruno Le Maire. « On pourrait par exemple mettre fin au dégrèvement des intérêts d’emprunts, qui permettrait d’empocher 11 milliards d’euros supplémentaires d’Impôts sur les sociétés », explique-t-il sans cacher que c’est cette solution qu’il privilégie.
Etonnante proposition qui reviendrait à reprendre en le modulant à la marge l’essentiel d’un amendement voté en novembre dernier par la majorité socialiste du Sénat, auquel le gouvernement comme nombre de parlementaires UMP s’étaient opposés en raison de son coût : 17 milliards d’euros. Une opposition qui persiste puisque, mardi 13 décembre, la Commission des finances de l’Assemblée a fait disparaître cet amendement du texte que l’Assemblée, majoritairement UMP, a adopté. « C’est vrai ma proposition et celle votée au Sénat sont proches. Mais les socialistes n’ont pas que de mauvaises idées », nous confirme Bruno Le Maire. Pas sûr que Valérie Pécresse qui, mercredi 14 décembre dénonçait encore à la tribune cette solution, « ce choc fiscal, ce sont tous les Français qui en paieraient le prix », soit sur la même longueur d’onde que son collègue du gouvernement.
A droite aussi le projet économique risque de faire sortir quelques couteaux…
En attendant, les militants seront appelés à voter mi-janvier pour départager les propositions. Problème les questions ne sont pas encore rédigées…