Tunisie : grève générale et crise politique après le meurtre de Belaïd - La Tunisie après l’assassinat de Chokri Belaïd : « le jour où tout peut arriver »
Au lendemain de l’assassinat du leader de gauche laique Chokri Belaïd, la Tunisie vit des heures intenses, jeudi et vendredi. Sur trois « fronts » :
Les funérailles de Chokra Belaïd sont prévues vendredi après-midi ;
La proposition du premier ministre de former un gouvernement de technocrates fait des vagues, notamment dans son propre camp, celui du parti islamiste Ennahdha ;
Les avocats et magistrats sont en grève ce jeudi à la mémoire de leur collègue assassiné, suivis vendredi par une grève générale en Tunisie.
Les événements en chronologie inversée (pensez à rafraichir cet article qui sera enrichi en permanence).
17h50
Ça dégénère grave à Kélibia, vile côtière du nord-est de la Tunisie. Un poste de police brûlé. Des magasins saccagés et volés. Renfort militaire. (Essabah News)
17h30
Amira Yahyaoui, blogueuse et activiste de la société civile, tweete :
« Je sors de la maison de Chokri Belaid le cœur déchiré, sa femme me dit “tu as vu, les exécutions continuent” en parlant de Zouhair... »
« Zouhair » fait référence à Zouhair Yahyaoui, cyberdissident tunisien arrêté à l’époque de Ben Ali, en 2002, et mort d’une crise cardiaque en 2005.
17h05
« Pour avoir une idée sur l’escalade qu’a vécu Gafsa, regardez cette photo », écrit sur son compte Twitter @Azyyoz, un des activistes de la révolution tunisienne. A noter que le policier en civil tient apparemment une arme tirant des balles en plastique.
C’est à Gafsa, bastion ouvrier du sud de la Tunisie, que se sont ptoduits les principaux heurts entre manifestants et forces de l’ordre au lendemain de l’assassinat à Tunis du leader de gauche Chokri Belaïd.
Selon Amira Yahyaoui, membre de la société civile, jeudi au siège de la centrale syndicale UGTT, des SMS, mails et appels au standard avec des menaces de mort.
16h30
Les députés démocrates se sont retirés de la constituante : ils estiment indécent de siéger avant les funérailles de Chokri Belaïd prévues vendredi après-midi.
16h20
Prière a la Constituante pour Chokri Belaid. Les députés divisés sur la tenue d’une plénière.
16h15
Le site indépendant tunisien Nawaat.org s’est livré à un exercice délicat en posant la question « à qui profite le crime », l’assassinat de Chokri Belaïd. La réponse est nuancée :
« Les bénéficiaires sont nombreux et variés, allant des barbouzes de l’ancien régime à ses nostalgiques en passant par les dictateurs en puissance, quelle que soit leur couleur idéologique, rêvant d’un nouvel ordre liberticide en Tunisie, bâillonnant à nouveau le peuple, remettant le pays dans la cage de laquelle il est sorti tout seul avec sa Volonté de vivre et son désir de s’émanciper.
Le but premier des criminels est de faire avorter l’expérience démocratique naissante en Tunisie, et il peut être donc celui d’aventuriers de la politicaillerie, n’appartenant pas nécessairement à un même camp ni à une même sensibilité idéologique ou politique.
C’est cet aspect des choses qui fait l’extrême gravité du drame qui vient d’endeuiller le pays. Mais ne soyons pas dogmatiques, ne nous laissons pas aller à nos sentiments basiques, quoique légitimes, en ne manquant pas d’analyser sereinement les choses sans amalgame ni manichéisme. »
Mohamed Abbou secrétaire général du Congrès pour la République (CPR), membre de la coalition gouvernementale tunisienne : « nous ne sommes pas contre la proposition » du premier ministre Hamadi Jebali de former un cabinet de technocrates. Mais il ajoute : « mais nous voulons voir la liste d’abord. Pas d’ex pro Ben Ali ».
15h30
Pourquoi les Tunisiens n’aiment toujours pas leur police... (vidéo à voir jusqu’au bout...).
Tunis, mercredi 6 février
14h55
Bilan de la réunion de la « troïka » au pouvoir : contrer le discours de « BCE » (Béji Caïd Essebsi), le président du parti d’opposition Nidaa Tounes, sur la dissolution de l’ANC (l’assemblée constituante). Divergence entre les partis CPR et Ennahdha sur la proposition du premier ministre Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates.
14h00
Heurts entre policiers et manifestants dans la ville de Gafsa, bastion ouvrier dans le sud de la Tunisie.
13h50
C’est la photo qui résume cette journée de deuil : un homme au visage fermé, entièrement vêtu du drapeau tunisien, brassard noir au bras, passe des policiers anti-émeutes prêts à tout dans le centre de Tunis. Photo via Facebook, sur la page de Yahyaoui Chokri.
L’UGTT, la principale centrale syndicale tunisienne, décrète la grève générale vendredi, jour des funérailles de Chokri Belaïd. L’UGTT co-organisera ces funérailles avec le parti du leader de gauche assassiné.
13h45
Les larmes d’une enfant. La petite fille de Chokri Belaïd pleure sur le cercueil de son grand-père, jeudi matin à Tunis.
13h42
Principe de précaution : les dix écoles françaises de Tunisie seront fermées vendredi, jour des funérailles de Chokri Belaïd.
13h20
Réunion informelle des partis de la « Troika » qui forment le gouvernement actuel, y compris les Islamistes d’Ennahdha. Habib Ellouz, l’un des hommes forts d’Ennahdha, appelle à calmer le discours contre l’opposition.
Amel Azzouz, une députée islamiste, s’exclame :
« Que toutes les idéologies politiques aillent au diable, il faut s’unir ».
13h15
Matinée de conclaves à tunis : UGTT, groupes parlementaires, Ennahdha. Le jour où tout peut arriver.
13h10
Beaucoup d’émotion au siège du watad, le parti de Chokri Belaïd.
13h05
Manif en cours Ave Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis. Déploiement d’un service d’ordre musclé, la charge est imminente.
13h00
Devant le ministère de l’intérieur à Tunis : « degage » crie la foule. Face a eux, des policiers protègent leur ministère.
12h15
La une du Temps
Le quotidien tunisien Le Temps titre en manchette : « Un tournant grave ».
Le portrait de Chokri Belaïd par le site African Manager (capture d’écran)
10h54
Certains cadres dirigeants du parti islamiste au pouvoir Ennahdha refusent la proposition du premier ministre, Hamadi Jabali, de former un gouvernement de technocrates. C’est le cas d’Abdelhamid Jelassi, membre du bureau exécutif du parti islamiste.
10h38
L’UGTT, le syndicat tunisien qui joue un rôle politique clé, tient une conférence de presse à Tunis au lendemain de l’assassinat de Chokri Belaïd.
10h09
Grève générale des avocats et magistrats tunisiens, ce jeudi, par solidarité avec leur collègue Chokri Belaïd.
9h44
La dépouille mortelle de Chokra Belaïd a quitté jeudi matin l’immeuble où il habitait dans le quartier de Menzah 6, direction Jebel Jelloud, le lieu de son enfance.
« Dix mois après l’arrivée au pouvoir d’Ennahda (1), Sidi Bouzid, la ville d’où est partie la “ révolution de la dignité ”, a été à nouveau le théâtre de plusieurs mouvements revendicatifs incluant aussi bien des agriculteurs que des ouvriers du bâtiment ou des chômeurs. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a soutenu ces actions. Le 14 août 2012, elle a appelé à la grève générale pour réclamer des mesures de développement régional et exiger la libération des jeunes chômeurs arrêtés lors de manifestations violemment réprimées par la police. Le bureau local d’Ennahda, lui, a invité la base et les structures du syndicat à s’abstenir de tout engagement politique et à préserver leur indépendance. Ce face-à-face Ennahda-UGTT a débuté le 25 février 2012, avec une manifestation qui a rassemblé environ cinq mille personnes à Tunis à l’appel de la centrale. Les protestataires dénonçaient les déversements d’ordures perpétrés, selon eux, par des militants d’Ennahda devant plusieurs locaux syndicaux à la suite du mouvement social des employés municipaux, l’une des catégories les plus démunies en Tunisie. »
Les défenseurs des peuples génent c’est un fait sur cette planète d’oligarques...
Il faut absolument qu’ils se calment, sinon notre Chef de Guerre tricolore va envoyer l’armée pour éliminer tous ces terroristes ! Nous les bombarderons après avoir survolé l’Algérie, de surcroit, pour ajouter une petite touche personnelle à la Libération. Et le monde entier nous remerciera. Surtout la presse française !
Habib Ellouze qui demande au calme après deux ans à appeler, pardon, à hurler au meurtre des « ennemis de la révolution » ? On parle bien de la même personne qui propose de couper des mains et des pieds aux délinquants ? Lui ? Qui demande de calmer les discours « contre » l’opposition ?
Il leur aura fallu le pire des braconniers pour leur rappeler combien ils sont, tout au moins, d’une maladresse politique dangereuse !
voici une interview du témoin du meurtre et qui est elle et sa famille des amis et des voisins de Chokri Belaïd, elle est journaliste et elle s’appelle Nadia Daoud. Elle dit qu’elle a vu un homme parler au chauffeur de M. Belaïd quelque minute avant le drame, et que lorsque M. Belaïd entre dans la voiture un homme arrive à vive allure et tire une balle dans la vitre du véhicule, puis 3 coups de feu sur M. Belaïd très rapidement. Puis le meurtrier monte sur une vespa bleu foncé ou noir avec un complice qui s’enfuit à vive allure.
Elle dénonce le calme complice du chauffeur qui n’a pas réagit au premier coup de feu mais qui était impassible comme s’il n’en avait rien à faire, elle a été très choqué par sa réaction. elle déclare aussi que le chauffeur est en ce moment en détention, et que pendant sa détention, il a menti plusieurs fois aux enquêteurs. Exemple : - il dit qu’il n’a pas parlé à un homme quelque minute avant le meurtre, alors qu’il attendait M. Belaïd dans la voiture de location. - il a menti sur ces derniers contacts téléphonique, alors que la police connaissaient ces derniers appels.
Son chauffeur est membre du parti al watad de M. Belaïd.
Ami de Crackity Jones
Ce syndicat qui incarne l’opposition tunisienne
« Dix mois après l’arrivée au pouvoir d’Ennahda (1), Sidi Bouzid, la ville d’où est partie la “ révolution de la dignité ”, a été à nouveau le théâtre de plusieurs mouvements revendicatifs incluant aussi bien des agriculteurs que des ouvriers du bâtiment ou des chômeurs. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a soutenu ces actions. Le 14 août 2012, elle a appelé à la grève générale pour réclamer des mesures de développement régional et exiger la libération des jeunes chômeurs arrêtés lors de manifestations violemment réprimées par la police. Le bureau local d’Ennahda, lui, a invité la base et les structures du syndicat à s’abstenir de tout engagement politique et à préserver leur indépendance.
Ce face-à-face Ennahda-UGTT a débuté le 25 février 2012, avec une manifestation qui a rassemblé environ cinq mille personnes à Tunis à l’appel de la centrale. Les protestataires dénonçaient les déversements d’ordures perpétrés, selon eux, par des militants d’Ennahda devant plusieurs locaux syndicaux à la suite du mouvement social des employés municipaux, l’une des catégories les plus démunies en Tunisie. »
Les défenseurs des peuples génent c’est un fait sur cette planète d’oligarques...