Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Source : www.marianne.net
Mais l’« opération transparence » de la Commission européenne ne s’arrête pas là. Vendredi 11 juillet, des négociateurs européens ont donné rendez-vous à la « plèbe » sur Twitter afin de répondre aux questions de ceux qui seraient angoissés à l’idée de l’existence d’une vaste zone de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, ces gens que l’on tourne en dérision parce qu’ils craignent de trouver un jour du poulet au chlore dans leurs assiettes.
S’il peut paraître étrange d’opter pour un réseau social qui limite chaque message à 140 caractères lorsque l’on propose un débat sur un sujet aussi important et complexe que le traité transatlantique, la teneur des échanges justifie rapidement ce choix : la limitation imposée par Twitter permet de faire abstraction de toute forme d’argumentation. Par exemple, un twittos se basant sur des documents ayant fuités demande si les plans pour importer du pétrole brut des Etats-Unis ne risquent pas d’aggraver la crise climatique. Réponse : « Non. La diversification des sources d’énergie améliorera notre sécurité énergétique. » Circulez !
Plus étonnant, les négociateurs font preuve d’un certain cynisme lorsqu’ils répondent aux internautes, ce qui confère une désagréable impression de condescendance à la plupart des échanges. Lorsqu’un twittos évoque les réunions à huis clos, il obtient pour réponse : « Oui, il existe un bunker spécial dans lequel nous enfermons les négociateurs, et ensuite ils négocient. Nous ne leur donnons pas de nourriture jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un terrain d’entente. » Ou encore, un peu plus loin dans la conversation : « En effet, le commerce est la source de tous les maux. Vilain marché unique européen ! Oh, attendez… » Espérons que la prochaine fois - de nouvelles sessions de « discussion » étant prévues sur Twitter -, les négociateurs se comportent un peu moins comme des « enfant irritables » pour reprendre l’expression d’un internaute visiblement choqué par le ton employé..
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