On nous bloque a 100m du ministere de l'interieur #9avril pic.twitter.com/jGrpJ7Ut
Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
À Tunis, la commémoration de la "journée des martyrs" a tourné à la violence lundi 9 avril, les policiers chassant les manifestants sous une pluie de lacrymogènes.
Réfugiés dans des cafés ou des commerces, des Tunisiens incrédules contemplaient des scènes de violence inédites depuis plusieurs mois dans la capitale: fumée de lacrymogènes, charges à moto ou en camion de policiers casqués et armés de matraques, manifestants interpellés brutalement, voire frappés.
Tout a commencé vers 10 heures sur la symbolique avenue Bourguiba, interdite depuis le 28 mars aux rassemblements sur décision du ministère de l'Intérieur. Répondant aux appels lancés sur les réseaux sociaux, des centaines de personnes, hommes, femmes, vieux et jeunes, se sont rassemblées pour commémorer "la journée des martyrs" et réclamer la réouverture de l'avenue.
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Dans une ambiance tendue, les manifestants, enroulés dans des drapeaux tunisiens et criant: "ni peur, ni terreur, l'avenue appartient au peuple", ont remonté l'avenue au pas de course. Face aux policiers, les gens se sont enfuis dans les rues avoisinantes ou se sont réfugiés dans les cafés de l'avenue, des groupes se reconstituant rapidement, notamment sur l'avenue Mohamed V, perpendiculaire à l'avenue Bourguiba.
"Ministère de l'Intérieur, Ministère de la terreur", écrit l'auteur de ce Tweet:
وزارة الداخلية ، وزارة ارهابية #Tunisie #9avril pic.twitter.com/CgN1kFlv
Les gens criaient: "Dégage! Dégage!", reprenant le slogan de la révolution, et la colère était palpable du côté des manifestants. L'artère symbole de la révolution tunisienne, où sont généralement organisés tous les mouvements de contestation, est interdite aux rassemblements depuis des incidents lors d'une manifestation d'islamistes qui s'en étaient pris à des artistes.
Des journalistes pris à partie
Deux journalistes, la correspondante de l'hebdomadaire français Le Point et la rédactrice en chef du site tunisien Kapitalis, ont par ailleurs été molestées par des policiers lundi sur l'avenue Bourguiba.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarrouche a réitéré l'interdiction de manifester. "On ne va pas laisser s'installer le chaos. Les gens ont la possibilité de manifester ailleurs que sur l'avenue Bourguiba", a-t-il dit. Selon lui, en tirant des lacrymogènes, les forces de l'ordre "voulaient éviter de pires affrontements", les manifestants leur ont jeté des projectiles et une bouteille incendiaire a détruit un car de la police.
La manifestation de lundi avait été appelée sur les réseaux sociaux pour commémorer "la journée des martyrs", en souvenir de la répression sanglante par les troupes françaises d'une manifestation à Tunis le 9 avril 1938.
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Samedi, une manifestation de diplômés chômeurs qui tentaient d'accéder à l'avenue avait déjà été violemment dispersée.
Rassemblement dans le calme des partisans d'Ennahda
Des cérémonies officielles en présence du Premier ministre Hamadi Jebali et du chef du parti islamiste Rached Ghannouchi étaient prévues lundi après-midi. Pendant ce temps, des heurts sporadiques se poursuivaient dans le centre-ville.
Par ailleurs, des partisans du parti islamiste Ennahda se sont rassemblés lundi sur les lieux symboliques de l'ancienne prison centrale de Tunis où les partisans d'Ennahda avaient été longtemps détenus sous le régime de Ben Ali. Musiques, chants et profusion de drapeaux rouge et blanc de la Tunisie, mais aussi étendards d'Ennahda et drapeaux de Syrie et de Palestine couvraient la place dans une ambiance de kermesse et sans violences. Une tribune était installée sur le lieu des anciennes exécutions.
Regardez des images des manifestations:
Le Monde - Le HuffPost/AFP | Publication: 09/04/12 17h29 CEST | Mis à jour: 09/04/12 18h29 CEST