Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Source : rue89.com
Quel grand soulagement ! Philippe Varin, ex-président du directoire de PSA, a « abandonné » sa retraite chapeau de 21 millions d’euros. François Hollande, président de la République, vante une « décision sage ». Pierre Gattaz, président du Medef, salue une « décision courageuse ».
Ouf, le feu a été éteint avant qu’il n’embrase le débat public. Tout rentre dans l’ordre ! Ce jeudi matin, sur France Inter, Leonidas Kalogeropoulos, vice-président du mouvement patronal Ethic, se félicitait :
« Le système [d’autorégulation] a fonctionné. [...] Le problème a été résolu en 24 heures. »
Eh bien non : rien n’entre dans l’ordre.
Cet épisode tragi-comique n’aura rien changé au désordre des mœurs patronales. Le seul progrès de l’affaire, c’est l’invention d’une sorte de « gouvernance par le scandale ». N’en déplaise à Leonidas Kalogeropoulos, ce n’est pas idéal.
Passons rapidement sur le cas de Philippe Varin lui-même. Quand on lit bien son communiqué, son « sage » abandon est accompagné d’un paragraphe codicille :
« Je m’en remets au conseil de surveillance du groupe pour décider, quand le moment sera venu, et après avis du haut comité de gouvernement d’entreprise, des conditions appropriées de mon départ à la retraite. »
Par « quand le moment sera venu », il faut entendre « quand le soufflet sera retombé ». Il suffit d’attendre que la poussière médiatique soit balayée par de nouveaux vents.
Ce qui me semble plus gênant, c’est le soulagement du gouvernement. Montebourg est monté sur ses grands chevaux ( « inadmissible ! »), Moscovici sur ses petits chevaux ( « inapproprié ! »), et puis plus rien. Le ministre du Redressement productif envisage de légiférer... un jour... peut-être :
« Si l’inefficacité [de l’autodiscipline] est démontrée dans le prochain cas à venir, il faudra légiférer. »
Les rémunérations indécentes du « 1% » (la crème des riches) sont pourtant un problème auquel le candidat Hollande avait promis de s’attaquer. Seule mesure concrète prise : les salaires des patrons du public ont été limités à 450 000 euros par an.
Le projet d’imposer des salariés dans les comités de rémunération, avec voix délibérative, n’est pas sorti des cartons de campagne. Et la taxe de 75% sur les revenus de plus de un million d’euros a été aménagée et limitée à deux ans.
En mai, Pierre Moscovici a renoncé à introduire une loi pour encadrer les rémunérations dans le privé, préférant s’en remettre à l’autorégulation : autant demander à des chats de veiller ensemble au pot de crème.