L'événement majeur, fut la manifestation très massive, place de la Constitution, étouffée par un usage alors sans précédent de produits chimiques. La police dite anti-emeute s'est attaquée aux citoyens qui manifestaient. En simultané, une attaque en règle et organisée d'un nombre assez important d'individus cagoulés - 2000 au moins selon la presse, et l'embrasement d'une partie du centre historique d'Athènes suivi de pillages. Les pilleurs exigeaient parfois de certains propriétaires une rançon pour épargner leurs établissements. Nous reviendrons sur les « casseurs » ou casseurs, c'est selon.
En tous cas, le caractère organisé de leurs « exploits » ne fait aucun doute, à la jonction des différentes facettes de notre crise. Pour ce qui est de cette organisation - partielle en tout cas, tout le monde tombe d'accord : les mouvements et partis qui avaient appelé à manifester, et la police elle même. « La direction de la police a déclaré qu'il y avait 2000 individus organisés, lesquels se sont introduits au sein de la manifestation, pour ensuite se diviser en entités plus petites et ainsi mettre le feu à travers la ville », « le chef de la police vient de confirmer cette thèse, à savoir que les individus cagoulés ont pu agir suivant un plan bien précis et élaboré » (quotidien Kathimerini, 14/02/2012 et bulletins radiophoniques du mardi 14/02/2012).
L'Union Syndicale de la Police (POESY), quant à elle, se déclare outrée et préoccupée par les catastrophes du dimanche : « Pitié, nous en avons assez des larmes de crocodile. Notre mouvement syndical condamne la violence d'hier au centre d'Athènes et ailleurs en Grèce. Le but était d'empêcher les centaines de milliers de citoyens, dans leur volonté d'exprimer pacifiquement leur opposition radicale contre les mesures ignobles, légiférées alors par les « troïkans » (sic), ces maîtres-chanteurs et « fossoyeurs » des rêves de notre peuple. Encore une fois, nous avons constaté que la colère citoyenne se focalisait sur les forces de la police, sans que les responsabilités chroniques de l'État, des gouvernements, des partis, des syndicats et de la société soient évoquées. Ainsi durant toutes ces dernières années ces porteurs de la violence ont été tolérés, au lieu de les isoler comme il le fallait (…) le tout, dans l'indifférence devant les dizaines de blessés et parfois morts, policiers et citoyens (…) Encore hier malheureusement, nous avons été les témoins de la facilité par laquelle les « cagoulés » ont pu agir sans en être empêchés, en plus, se mêlant aux milliers de citoyens qui protestait pacifiquement. Les lieux de rassemblement de ces individus ainsi que leurs « points d'attaque », sont alors connus depuis plusieurs jours, n'ont pas été contrôlés. (...) Les responsabilités de toutes les parties impliquées ne sont pas prises, et ainsi la police grecque et ses agents deviennent continuellement les victimes expiatoires de ceux qui inventent et exécutent ces plans qui minent nos institutions démocratiques. Nous appelons enfin le gouvernement, à cesser d'utiliser la force répressive contre les luttes populaires (...) ».
Pour les partis de gauche (SYRIZA et KKE – P.C. grec), c'est clair, « ils s'agit d'un plan de l'État en cours d'exécution, ayant comme but de terroriser et de réprimer le peuple (...) il s'agit de ces mécanismes qui incendient des bâtiments pour faire admettre toute la scénographie de la catastrophe, alors infligée au peuple par le Mémorandum II. Nous avons donc vu que les MAT (CRS) et les « porteurs de cagoules » ont alors œuvré de concert, afin de briser les manifestations du peuple, alors très massives (…) » (déclaration officielle du P.C. - 13/02/2012).