Les élections municipales organisées samedi 20 octobre en Cisjordanie avaient pour but initial de redonner un peu de vigueur démocratique à des institutions palestiniennes qui ont pris la fâcheuse habitude de dépasser allègrement les termes de leurs mandats, qu'il s'agisse de la présidence de l'Autorité palestinienne (Mahmoud Abbas a été élu en janvier 2005 pour cinq ans), ou du Conseil législatif (désigné un an plus tard pour quatre ans).
Mais ces élections locales attestent d'un désenchantement pour une société traditionnellement très politisée, rompue au pluralisme politique et idéologique , mais qui ne semble plus croire à la pertinence de ce jeu démocratique. La participation, sur fond de mécontentement social en Cisjordanie, sera le seul résultat à prendre en compte. En 2004-2005, lors des premières élections organisées par tranches, elle avait été de 80%... Selon les chiffres de la commission centrale chargée des élections, 82 municipalités n'organisent pas de vote faute de candidats, et une seule liste sera présente dans 179 villes. Les élections ne seront pluralistes que dans 93 municipalités...
La décision du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) de boycotter le scrutin (qui ne sera pas organisé à Gaza) pour protester contre la répression de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie (qui en a autant à son égard à Gaza) enlève tout intérêt à la consultation, estime le Palestinian center for Human Rights basé à Gaza. La cassure politique et territoriale entre les deux camps risque donc d'être encore plus grande après les élections qu'auparavant.
En 2004 et 2005, la compétition électorale municipale, ouverte, avait donné un avant-goût de ce que connaissent aujourd'hui nombre de pays arabes qui expérimentent les élections libres: les islamistes du Hamas avaient remporté la quasité totalité des grandes villes de Cisjordanie, profitant d'un vote sanction de l'Autorité palestinienne identifiée au Fatah. Sept ans plus tard, ces scrutins entravés illustrent à leur manière un "automne palestinien".