Ce nouveau cas de phobie administrative n’est pas sans conséquence : un texte sans publication au JO n’a pas d’existence légale. Et comme le montre notre enquête, cela induit qu’Emmanuel Macron a été continuellement fonctionnaire depuis sa sortie de l’ENA, même lorsqu’il a officié quatre ans au sein de la banque Rothschild.
Interrogé par Marianne, Jacques Arrighi de Casanova, président adjoint de la section du contentieux du Conseil d’Etat et membre de la commission de déontologie de la fonction publique nous expliquait d’ailleurs qu’« il est absolument impossible de quitter l’inspection des Finances pour partir dans le privé sans qu’un arrêté soit publié au JO ».
Contacté à plusieurs reprises lors de notre enquête, le cabinet de Macron nous a fait savoir, après le bouclage des pages de notre magazine, que l’Inspection générale des finances ne publiait plus les arrêtés ministériels concernant les carrières de ses membres.
Voilà qui est étonnant. Le cadre légal permettant aux hauts fonctionnaires de pantoufler a déjà été tordu dans tous les sens, si bien que cette pratique consistant à aller grenouiller dans le privé passe aujourd'hui pour ordinaire… Désormais, cela irait donc plus loin. Les inspecteurs des finances, cette caste de la haute administration, s’affranchissent et s’autonomisent à un point tel qu'ils n'ont même plus à faire savoir leurs pantouflages ! Pourtant, chaque citoyen devrait pouvoir se faire une idée de qui fait quoi et où ?