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23 juin 2012 15:41; Act: 23.06.2012 15:48 Print
A Montréal, la manifestation a attiré de 10'000 à 15'000 personnes, selon des estimations de l'AFP, tandis qu'une porte-parole d'un syndicat étudiant parlait de 100'000 personnes. Par une température de 30 degrés, la foule était composée majoritairement de jeunes, mais aussi de familles et de retraités défilant dans une ambiance bon enfant au son des casseroles, des tambourins et des sifflets.
Environ 5000 manifestants étaient également réunis à Québec, la capitale de la province. A deux jours de la Saint-Jean-Baptiste, la «Fête nationale des Québécois», une multitude de drapeaux fleurdelisés ont flotté au-dessus de la foule.
Sur une pancarte, un étudiant s'interrogeait: «131 jours de mépris, Charest, où as-tu mis ton coeur?» Son affiche interpellait le Premier ministre libéral Jean Charest, alors que le conflit, qui polarise fortement le Québec, est entré dans son cinquième mois.
La mobilisation de vendredi, alors que bon nombre d'étudiants sont retournés dans leur famille ou ont trouvé un travail saisonnier, avait valeur de test pour la suite du mouvement des étudiants.
Un cul-de-sac
«Je participe aux manifestations depuis le début. Je suis venu pour m'assurer que le moral tient et qu'on continue notre mouvement», a expliqué Julien Vadeboncoeur, 27 ans, étudiant en sociologie à l'Université du Québec à Montréal, venu avec sa fille en poussette.
«Ceux qui comptent sur un essoufflement vont se tromper. Ils ont compté sur la division du mouvement pendant des mois et ils ont entraîné le Québec dans un cul-de-sac», renchérissait Amir Khadir, député de Québec Solidaire à l'Assemblée nationale du Québec.
Les étudiants protestent contre la hausse des frais de scolarité et la loi 78, dite «loi spéciale», qui a suspendu les cours dans les établissements en grève jusqu'à leur reprise à la mi-août, en plus de limiter le droit de manifester.
Les étudiants veulent faire reculer le gouvernement sur une hausse prévue des frais de scolarité de 1778 dollars (82%) sur sept ans, ce qui les rapprocherait de la moyenne canadienne. Une majorité de la population (56% selon un récent sondage) est toutefois d'accord avec le gouvernement. Après trois rondes de pourparlers, le gouvernement a quitté la table de négociations le 31 mai dernier.
Manipulation
Réagissant à ces nouvelles manifestations, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a accusé le syndicat étudiant le plus militant, la Classe, de manipuler les trois autres. «La Classe n'a toujours qu'un seul mandat (...), c'est le gel des frais de scolarité en route vers la gratuité et le jour où la Classe aura une ouverture pour que les étudiants participent davantage au financement des universités, ce jour-là, ça vaudra la peine de se rasseoir. Entre-temps, c'est une illusion», a-t-il dit.
Encouragé par les sondages, le gouvernement envisagerait de déclencher des élections anticipées à l'automne pour trancher.
(ats)