En même temps qu'augment la fréquence des manifestations étudiantes contre la réforme de l'éducation, les dénonciations d'abus policiers, y compris de coups et agressions sexuelles sur mineurs, se sont multipliées au Chili. La police, institution éminemment respectée des Chiliens, est notamment accusée d'avoir battu, humilié et dévêtu des lycéens dans une caserne. Les forces de l'ordre affrontent aussi des accusations d'usage disproportionné de gaz lacrymogènes et de canons à eau, fréquemment utilisés pour disperser les manifestations.
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"Ils m'ont fait entrer et retirer mes vêtements. (Puis) ils m'ont fait agenouiller nu", a raconté à des médias locaux Ignacio Muñoz, président du centre des élèves du lycée Maria Luisa Bombal de Rancagua, qui a été retenu menotté pendant cinq heures aux côtés de neuf autres personnes, dont deux mineurs, après l'évacuation de l'établissement qu'ils occupaient. A la suite de cette opération, quatre policiers seront sanctionnés pour n'avoir pas respecté la procédure dans ce type d'intervention, ont annoncé les autorités. Les étudiants interpellés ont quant à eux saisi les tribunaux.
SUSPENSION D'UN MEMBRE DES FORCES SPÉCIALES
Jeudi, un membre des forces spéciales a été suspendu après la diffusion d'une vidéo le montrant donnant des coups de pied la veille à des élèves délogés d'un immeuble. "Nous souhaiterions un pas supplémentaire, pas uniquement une réaction postérieure. Que l'on puisse affiner les procédures dans ce type d'opérations qui exigent un traitement spécial, parce qu'il s'agit de mineurs", a réclamé la présidente de l'Institut national des droits de l'homme (INDH, autonome), Lorena Fries.
Depuis trois semaines, son organisation a été saisie de trois cas d'abus sur des mineurs en détention. "Nous allons fournir tous les efforts nécessaires pour que ce type de faits ne se reproduisent pas et qu'il y ait plus de contrôles", a assuré de son côté le chef de la police, Gustavo Gonzalez. Mercredi, le président Sebastian Piñera (droite) a affirmé que son gouvernement ne "tolérerait ni les excès ni les abus policiers".