Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 12.06.2012 à 13h41 • Mis à jour le 12.06.2012 à 13h41
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu'il ne laisserait pas affaiblir la Russie par des troubles sociaux. "Tout ce qui affaiblit le pays et divise la société est inacceptable pour nous. Toute décision ou mesure menant à des bouleversements sociaux et économiques est inacceptable", a-t-il déclaré au cours d'une réception à l'occasion de la fête nationale russe. "Toute notre mémoire politique nationale le prouve", a-t-il ajouté. "Pour un immense pays multiethnique comme la Russie, le principe fondamental est un développement progressif et évolutif", a-t-il poursuivi.
Plus de douze mille membres des forces de l'ordre - policiers, unités anti-émeutes et troupes du ministère de l'intérieur - étaient mobilisés pour garantir l'ordre public.
Après un rassemblement à midi, heure locale (10 heures, heure de Paris) sur la place Pouchkine, les participants défilaient jusqu'à l'avenue Sakharov, où a lieu la "marche des millions", autorisée de 13 heures à 16 heures, heure locale.
Sur Facebook et Twitter, les militants ont appelé à la mobilisation pour cette première grande manifestation autorisée depuis que Poutine a prêté serment, le 7 mai, pour un troisième mandat présidentiel. "Tout le monde à Moscou ! Si vous ne voulez pas vivre dans une dictature, comme avant, alors venez!" a twitté Lyapis Troubetskoï sur le site de microblogging.
PERQUISITIONS CHEZ DES OPPOSANTS
Cette manifestation intervient dans un contexte tendu après une dizaine de perquisitions effectuées lundi au domicile de leaders de l'opposition, notamment le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny, le dirigeant du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, le leader du mouvement Solidarité, Ilia Iachine, et la présentatrice vedette de télévision Xenia Sobtchak.
Le comité d'enquête a motivé ces opérations par une enquête en cours sur des "troubles massifs à l'ordre public" lors de la manifestation du 6 mai à Moscou, la veille de l'investiture de Vladimir Poutine à la présidence russe. Des heurts avaient fait plusieurs blessés parmi les participants et les policiers.
Les leaders de l'opposition visés par les perquisitions sont convoqués à la police en fin de matinée pour être interrogés par les enquêteurs, une mesure qu'ils considèrent comme destinée à les dissuader de participer à la manifestation.
LE POUVOIR A DURCI LE TON
Vladimir Poutine a remporté en mars l'élection présidentielle dès le premier tour, redevenant chef de l'Etat après deux mandats consécutifs entre 2000 et 2008 puis quatre années comme premier ministre.
Mais il est, depuis les élections législatives de décembre et les soupçons d'irrégularités massives en faveur du parti Russie unie au pouvoir, la cible d'un mouvement de contestation sans précédent. Après avoir toléré de vastes rassemblements de dizaines de milliers d'opposants, le pouvoir a durci le ton depuis la réélection de l'ancien agent du KGB pour un mandat de six ans.
Vendredi, Vladimir Poutine est passé outre à l'avis de son conseiller en matière de droits de l'homme et a promulgué une loi augmentant de manière spectaculaire le montant des amendes pour troubles à l'ordre public lors des manifestations. Cette loi prévoit des amendes de 300 000 roubles (près de 7 400 euros), soit davantage que le salaire annuel moyen en Russie, pour les manifestants si leur rassemblement entraîne des violences. Les organisateurs risquent pour leur part un million de roubles (près de 25 000 euros) d'amende.
Suivre "la marche des millions" sur le live du Moscow Times.