Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.12 | 21h36 • Mis à jour le 09.03.12 | 22h26
Les avocats généraux ont requis une peine plus clémente qu'en première instance contre Serge Biechlin (au centre), directeur d'AZF à l'époque des faits.REUTERS/Jean-Philippe Arles
En première instance, ils avaient requis la même somme contre la société, mais avaient demandé trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros contre l'ancien directeur Serge Biechlin. Relaxés en première instance faute de preuve matérielle, la société et l'ancien directeur sont poursuivis pour homicides involontaires. L'accusation attribue la catastrophe de septembre 2001, à un accident chimique dû au mélange de deux produits.
L'avocat général Lionel Chassin a estimé que l'amende contre la société devait avoir une "connotation symbolique forte". Cette "sévérité" est liée aux "conséquences d'une exceptionnelle gravité" de cette "catastrophe industrielle particulièrement douloureuse", a-t-il déclaré. Il a estimé que dans le cas de M. Biechlin, on ne pouvait "prononcer le maximum de la peine, car, en poste depuis trois ans, il n'avait pu tout réformer, mais avait toujours inscrit la sécurité comme élément important de la bonne marche de l'entreprise".
PAS DE RÉQUISITOIRE CONTRE TOTAL
A l'issue d'un réquisitoire fleuve de neuf heures entamé par Pierre Bernard, l'autre avocat général, Lionel Chassin, a notamment mis en cause des "fautes dans la gestion et le traitement des déchets" et l'absence de "consignes précises écrites" aux sous-traitants chargés de ces tâches. Il a estimé que M. Biechlin n'avait pas commis de "violation délibérée des règles de sécurité", mais s'était rendu coupable de "fautes caractérisées" en s'abstenant de faire respecter certaines réglementations.
L'accusation estime, avec les experts judiciaires, que des négligences ont permis la rencontre de deux produits incompatibles, du DCCNa (dichloroisocyanurate de sodium, un désinfectant) apporté par erreur dans une benne sur un tas de nitrate d'ammonium (engrais ou explosif minier) stocké dans le hangar 221, dont l'explosion a fait trente et un morts et des milliers de blessés, le 21 septembre 2001.
Le ministère n'a pas requis contre la maison mère, Total, et son ex-PDG Thierry Desmarest, que plusieurs parties civiles veulent voir jugés au même titre que les "lampistes".