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Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

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Les ouvriers du textile manifestent au Cambodge : un mort

 

 

euronews.com

12/11 11:55 CET

 

 

  

 

Au Cambodge, la police a violemment réprimé une manifestation d’ouvriers du textile. Une employée a été tuée par balle, affirme sa famille et une ONG. La manifestation a dégénéré quand plusieurs centaines d’ouvriers ont décidé de marcher sur la résidence du Premier ministre, en plein centre de la capitale.

Ils réclament de meilleures conditions de travail. La compagnie pour laquelle ils travaillent fournit des marques occidentales, comme Gap et H&M.

Plusieurs centaines de policiers avaient été déployés, la répression a fait plusieurs blessés. 27 personnes ont été arrêtées, parmi elles, cinq moines, plusieurs étaient venus se joindre au mouvement.

La veille des manifestations avaient éclaté aussi au Bangladesh, pays où les conditions de travail sont les plus mauvaises pour les ouvriers du textile. Ils y gagnent une trentaine d’euros par mois, soit deux fois moins qu’au Cambodge.

Copyright © 2013 euronews

 

 

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solmond.be

Haute tension au Cambodge concernant le salaire minimum

 

Plus de 200.000 travailleurs de 90 usines du secteur textile sont partis en grève au mois de septembre 2010 pour exiger un salaire vital de 73 euros, grève ensuite suspendue pour soutenir de nouvelles négociations entre employeurs, gouvernement et syndicats (dont la C.CAWDU, fédération indépendante du textile partenaire syndical de Solidarité mondiale). Mais au moment de retourner à leur poste, ce sont 261 représentants syndicaux qui se sont retrouvés licenciés.

567 ont également été suspendus ou poursuivis en justice.

Sous la pression internationale, le gouvernement a recommandé aux employeurs concernés d’annuler ces suspensions et d’abandonner les poursuites. Mais jusqu’ici, seules quelques entreprises ont appliqué cette recommendation. La campagne Vêtements Propres met la pression sur les plus grandes marques de vêtements (H&M, Gap, Zara-Inditex, C&A, Next,...) pour qu’elles exigent de leurs fournisseurs le respect des droits syndicaux de leurs travailleurs.

Un salaire minimum insuffisant

Le Cambodge est parmi les pays aux salaires les plus bas. Le salaire minimum actuel s’élève, dans le secteur textile, à 50 dollars par mois, soit environ 40 euros. Ce montant n’a pas été ajusté depuis cinq ans. Les conditions de travail subissent d’énormes pressions du fait de la concurrence effrénée que se livrent les usines fabriquant des vêtements pour de grandes marques telles que Nike, GAP et Levi’s. Selon un organisme de recherche indépendant, le salaire minimum actuel de 50 dollars est insuffisant pour survivre. Les travailleuses sont obligées de prester de plus en plus d’heures, avec toutes les conséquences que cela implique pour leur vie familiale et sociale. Certaines sont endettées en permanence, car elles doivent emprunter de l’argent pour nouer les deux bouts. Nombreuses sont les familles qui doivent rogner sur les dépenses de nourriture saine et de soins de santé. « Mon salaire actuel ne me permet pas d’acheter de la nourriture ni de payer des soins médicaux. Je ne suis même pas en mesure d’envoyer mes enfants à l’école », a témoigné Keo Samphors, une ouvrière de l’industrie textile âgée de 28 ans, dans le journal Cambodia Daily.

Les discussions sur l’augmentation du salaire minimum sont en cours depuis début 2010. C’est le Labor Advisory Committee (LAC) qui doit conseiller le ministère de l’Emploi à propos du salaire minimum. Ce comité consultatif cambodgien se compose de 14 délégués du gouvernement et de 7 représentants des employeurs et des travailleurs. En février, les syndicats ont présenté leur proposition. S’appuyant sur une étude de l’Institut du développement cambodgien, ils ont proposé de porter le salaire minimum à 93 dollars (74 euros). L’institut de recherche a calculé qu’avec cette augmentation, les employeurs conservent une marge bénéficiaire de 31 %. Le rapport indique aussi, chiffres à l’appui, que le secteur textile a connu une augmentation constante de la productivité depuis 2004, à l’exception d’un léger recul enregistré au début de la crise économique.
De plus, une augmentation salariale n’aurait guère plus d’impact sur le portefeuille du consommateur. En effet, les salaires ne représentent qu’une infime partie du prix d’un t-shirt, à peine 0,2 %. Même si les salaires des ouvrières étaient doublés, l’augmentation du prix à payer à la caisse serait inférieure à un euro.

La C.CAWDU prend l’initiative

La proposition syndicale de relever le salaire minimum à 93 dollars (74 euros) n’a pas été accueillie favorablement. Les employeurs se sont indignés, sans avancer de chiffres ni essayer de trouver un compromis. Fin juin, le Premier ministre Hun Sen a donc décidé de formuler lui-même une recommandation. Il a proposé une augmentation de 5 dollars, soit un salaire minimum de 55 dollars (43 euros) par mois. Les syndicats ont maintenu leur proposition initiale de 93 dollars par mois ... pendant un temps. Les pressions ont toutefois fait éclater le front commun syndical.
Le 8 juillet, le comité consultatif LAC a procédé à un vote qui portait sur l’augmentation du salaire minimum de 5 dollars. Les syndicats proches du gouvernement, appelés syndicats jaunes, ont soutenu cette proposition. La C.CAWDU, le syndicat indépendant partenaire de Solidarité mondiale, de la CSC et de la CSC-Metea, s’y est par contre opposé. La C.CAWDU, qui représente 50.000 travailleurs du secteur, s’est d’emblée jointe au front syndical pour défendre la nécessité d’augmenter le salaire minimum à 93 dollars (74 euros) afin de couvrir réellement les besoins de base d’un ménage cambodgien moyen. Le Cambodge compte peu de syndicats véritablement indépendants, et les « syndicats » proches du gouvernement ou des employeurs ne facilitent pas le travail ni la position de négociation des réelles organisations de travailleurs.

La détermination est grande

Cependant, la volonté et la détermination des dirigeants et militants de la C.CAWDU sont particulièrement grandes. Le 25 juillet, ils ont déjà réussi à organiser un grand rassemblement dans la capitale Phnom Penh. L’objectif de cette action était de renforcer leurs revendications visant à améliorer les conditions de travail de tous les travailleurs grâce à une augmentation concrète du salaire minimum garanti. Les ouvrières de l’industrie textile n’étaient pas les seules à être présentes. La C.CAWDU a bénéficié du soutien de paysans, d’ouvriers de la construction, de chauffeurs de taxi et de fonctionnaires. Beaucoup d’entre eux sont affiliés aux centrales qui forment, avec la C.CAWDU, la Cambodja Labour Confederation (CLC). Dès le début de l’action, la police a essayé d’empêcher les gens de se rassembler, alors que les rassemblements et les manifestations sont un droit démocratique au Cambodge. Les policiers ont retenu les manifestants et les ont empêchés d’accéder au Wat Botum Park, où l’action devait se dérouler.

Une grève nécessaire

Les choses n’en sont pas restées là. Ath Thorn, le président de l’organisation syndicale coupole CLC, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’ils continueront à se battre pour une augmentation salariale digne de ce nom. « Si nous n’obtenons pas de réponse et si la question du salaire minimum n’est pas réglée, nous partirons en grève ». La CLC a annoncé une grève générale les 13 et 18 septembre. Dans un message télévisé qui faisait suite à la conférence de presse, un représentant du gouvernement a indiqué que « le gouvernement réfléchissait à des actions en justice ». Selon le journal Cambodia Daily, « les dirigeants syndicaux troublent l’ordre public » et représentent une « réelle menace pour l’emploi du secteur du textile ».

Nous voulons faire part de notre inquiétude à propos de la sécurité des travailleurs dans l’exercice de leurs activités syndicales. Le gouvernement et l’association des employeurs de l’habillement doivent immédiatement arrêter d’interférer dans l’exercice de ce droit, de menacer et d’intimider les travailleurs syndiqués.

Pour soutenir l’action de notre partenaire cambodgien, Solidarité mondiale et la CSC envoient des lettres au ministre cambodgien de l’Emploi, au Premier ministre et au président de la fédération patronale. Nous continuerons à suivre la situation de près dans les prochaines semaines.

Le thème du salaire minimum est également d’actualité au Bangladesh. De nombreuses actions de protestation et manifestations ont eu lieu au cours des derniers mois pour que le salaire minimum soit augmenté. Le Bangladesh est le troisième fournisseur de vêtements de l’Union européenne, après la Chine et l’Inde. De grandes chaînes telles que H&M, Zara, C&A, Tommy Hilfiger, Levi Strauss et Carrefour produisent au Bangladesh. Selon la Confédération syndicale internationale, les ouvriers de l’industrie textile bangladeshi sont les travailleurs les plus mal payés au monde : ils gagnent à présent 18 euros par mois. Le gouvernement a relevé le salaire minimum à 3.000 takas (33 euros) par mois. « C’est beaucoup trop peu par rapport au coût de la vie », affirme Amiral Amin, président de la Bangladesh National Garment Workers’ Federation. Egalement partenaire de Solidarité mondiale, cette fédération représente 23.000 ouvrières de l’industrie textile. Les syndicats demandent 5.000 takas (55 euros).
Plus d’informations sur : www.vetementspropres.be

 

 

 


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