L'opposition institutionnelle au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a dénoncé, samedi 1er décembre, l'"illusion" d'un dialogue au sein de la commission mise en place par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, menaçant de ne pas y participer si celle-ci ne peut pas aborder le bien-fondé même du projet.
"Nous dénonçons l'opération de communication engagée ces dernières vingt-quatre heures qui vise à créer l'illusion que le dialogue est possible", soulignent dans un communiqué commun l'Acipa (principale association d'opposants), le Cedpa (élus opposés au projet), l'Adeca (agriculteurs concernés) et la Confédération Paysanne.
Lors de la première réunion de la commission de dialogue, vendredi à Matignon, son président, Claude Chéreau, a rappelé que sa mission est d'"écouter" à la fois "opposants et partisans" du projet, mais "sans juger" celui-ci. Le premier ministre avait annoncé la mise en place de cette commission le week-end dernier, dans l'espoir d'appaiser les esprits sur fond de durcissement de la mobilisation contre le projet. De nombreux élus et responsables écologistes avaient demandé la nomination d'un médiateur.
LE "MÉPRIS" D'AYRAULT
En confiant à la commission la mission de "poursuivre le dialogue dans chacune des étapes de la réalisation du projet", M. Ayrault a réaffirmé "que le projet se fera, quoi qu'il arrive", montrant "à nouveau son mépris total pour tous les citoyens qui s'y opposent", estiment ces organisations.
Les signataires demandent au président de la République "de se saisir du dossier" et d'assurer notamment un "réel débat, aux yeux de tous, sur le fond du dossier", "faute de quoi nous ne pourrons pas participer aux travaux de cette commission". "Il ne s'agit pas pour (les opposants) de discuter la couleur du papier cadeau dont le gouvernement voudrait, à la veille de Noël, envelopper ce projet de nouvel aéroport mais bien de discuter du choix même du 'cadeau'", rappellent ces associations.