- Les plans de destruction sociale de la troïka enfoncent la Grèce et l’Union européenne dans la récession
La Grèce subira en 2012 sa cinquième année de récession consécutive. En 2011, son PIB a diminué de près de 6 %. L’année 2012 sera encore pire.
Cette récession n’est pas due à la fatalité mais aux plans de destruction sociale successifs imposés à la Grèce. Ces plans massacrent la consommation intérieure. Le chômage dépasse les 22 % de la population et atteint 45 % chez les jeunes. La récession entraîne une baisse des recettes publiques (impôts, cotisations sociales) et donc une augmentation du déficit public malgré les coupes opérées dans les dépenses. Pire, le ratio dette/PIBB utilisé par l’Union européenne comme par les marchés financier augmente encore plus rapidement puisque la dette publique augmente et que le PIB diminue.
La combinaison des plans de destruction sociale imposés à la Grèce à des plans, moins barbares, mais de même nature, imposés aux autres pays européens généralise la récession à toute l’Union européenne et aggrave la récession subie par chaque pays qui voit, ainsi, sa demande extérieure diminuer. Même l’Allemagne est maintenant touchée par la récession.
C’est le cas, en particulier, des pays les plus fragiles de la zone euro.
Le Portugal subira en 2012 la pire récession (de l’ordre de 5 %) depuis la sinistre récession de 1975. Dès juin 2011, le nouveau Premier ministre de droite, Pedro Coelho, annonçait deux «
années terribles » de récession et de chômage alors que le chômage (officiel) dépasse déjà les 13 % de la population active.
C’est aussi le cas de l’Espagne. «
Le premier trimestre va être très dur, très dur » affirmait, le jeudi 2 février, le ministre de l’Economie à la radio Onda Cero. Le FMI prévoit une contraction du PIB espagnol de 1,7 % en 2012. Le déficit public de 2011 devrait s’élever à 8 % au lieu des 6 % prévus. L’Institut nations de statistiques (INE) souligne la situation des familles au bord de la dérive sociale. Dans 1,6 millions de foyers espagnols, tous les membres sont au chômage. 1/3 des 5,27 millions de chômeurs ne bénéficie d’aucune aide sociale de l’Etat. 22,85 % de la population (chiffre officiel) est au chômage et 51,4 % des moins de 25 ans.
Les économies des pays de l’Union européenne entrent en récession, les unes après les autres. Avec à chaque fois, la même origine : les plans de destruction sociale mis en œuvre dans l’ensemble de l’Union européenne.
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang manque de s’étouffer en évoquant le
« puits sans fond » de la dette publique grecque. Il oublie toutefois de préciser que ce sont les « remèdes » de l’UE et du FMI qui ont creusé ce trou depuis 2010.
Il suffit d’ailleurs de constater l’évolution des dettes publiques des pays européens les plus fragiles pour constater l’effet désastreux des plans de destruction sociale imposés par la troïka.
En 2010, la dette publique de la Grèce s’élevait à 140 % de son PIB, celle du Portugal à 91 % de son PIB, celle de l’Irlande à 96 % et celle de l’Espagne à 60 %.
Aujourd’hui, la dette publique de la Grèce atteint 162 % de son PIB, celle du Portugal 110 %, celle de l’Irlande 105 % et celle de l’Espagne 66 %.
Christine Lagarde, elle-même, prend conscience du danger et prévient que «
les 17 pays de le l’euro ne doivent pas entreprendre des réductions drastiques de dépenses au même rythme et de même ampleur ». Ce qui n’empêche pas la Troïka, dont le FMI est l’un des participants de poids, d’exiger une nouvelle saignée de la Grèce.