Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
republicain-lorrain.fr
publié le 09/03/2012 à 05:00
A travers l’Espagne, à l’aube, depuis des mois, des manifestants se rassemblent pour barrer le passage aux huissiers et défendre des propriétaires surendettés contre les expulsions : ils revendiquent de nombreuses victoires, forçant les banques à plus de flexibilité. A Getafe, une banlieue ouvrière de Madrid, Paco sort en souriant sur le perron de son immeuble, une cuillère à la main pour servir du chocolat chaud à ses amis : l’affrontement tendu avec les huissiers qui s’annonçait vient de se transformer en fête de voisinage. « Ça n’a pas été facile mais c’est possible », se réjouit-il. Depuis la perte de son emploi, cet homme de 51 ans ne parvient plus à rembourser son crédit immobilier. Il doit 130 000 € à sa banque. Mais alors que son expulsion était imminente, il est finalement parvenu à un accord confidentiel avec son créancier, Deutsche Bank.
C’est le mouvement des « indignés » qui l’a aidé à négocier cette solution. Dénonçant les abus de banques qui ont prêté sans compter pendant le boom immobilier pour l’achat de logements souvent survalorisés, les « indignés » ont insufflé une nouvelle force à la Plateforme contre les expulsions (PAH). Née à Barcelone, celle-ci lutte pour bloquer les saisies qui se multiplient : sur les neuf premiers mois de 2011, 42 894 ordres d’expulsions ont été lancés, presqu’autant que sur toute l’année précédente. Sur son initiative, le gouvernement devrait approuver aujourd’hui un nouveau « code de conduite » encourageant les banques à solder la dette de leurs clients les plus démunis si ces derniers cèdent leur logement, même lorsque son prix a plongé par rapport au montant du prêt concédé. Mais dans un marché immobilier sinistré, la perspective d’accumuler encore plus de logements vides dans leurs bilans inquiète les banques. Certaines ont déjà opté pour privilégier la négociation face aux saisies.