Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Le Monde.fr | 14.02.2013 à 15h20 • Mis à jour le 14.02.2013 à 17h27
Starbucks est loin d'être la seule entreprise à pratiquer l'optimisation fiscale. La radio BFM Business révèle jeudi 14 février qu'Ikea fait partie de ces groupes qui n'hésitent pas à jouer avec la loi pour alléger leur feuille d'imposition.
La filiale française du géant suédois "fait un usage intensif de la loi Girardin", niche fiscale permettant de déduire de ses impôts les investissements effectués en outre-mer.
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PLUS DE 35 MILLIONS D'EUROS ÉCONOMISÉS EN 2011
Autre astuce utilisée par le fabricant de meubles, les incitations fiscales liées aux énergies renouvellables. Ikea possède ainsi trois fermes d'éoliennes dans l'Aisne et l'Indre, et des panneaux photovoltaïques. "Ceci permet en outre au fabricant de meubles de vendre à EDF l'énergie ainsi produite avec un surcoût", note la station de radio.
Grâce à ces contournements de la loi, le fabricant de meubles aurait réduit son impôt sur les bénéfices de 34,7 millions d'euros sur l'exercice clos fin août 2010, puis de 35,6 millions d'euros sur l'année suivante.
ROYALTIES ET PARADIS FISCAUX
Hormis ces ruses utilisées en France, Ikea a recours à un stratagème, partout dans le monde : plomber sa marge pour faire – artificiellement – peu de bénéfices. Par exemple, des "charges d'exploitation", dont "on ne sait pas précisément à quoi elles correspondent", absorbent 94 % du chiffre d'affaires de la principale filiale du groupe, Meubles Ikea France SNC.
BFM Business rapporte encore que chaque magasin doit s'acquitter de royalties s'élevant à "3 % du chiffre d'affaires en échange de l'utilisation de la marque, du concept et du savoir-faire". En tout, sur le dernier exercice fiscal, les enseignes en France ont dû payer environ 75 millions d'euros de royalties.
Cet argent est versé à une néerlandaise (Inter Ikea Systems BV), elle-même détenue par une société luxembourgeoise (Inter Ikea Holding SA), elle-même détenue par une fondation (Interogo) basée au Lichtenstein, énumère la radio.
Ikea indique avoir payé en moyenne 40 millions d'euros par an d'impôts sur les bénéfices.