Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
| 04.10.11 | 12h11 • Mis à jour le 04.10.11 | 15h03
Dexia étudie plusieurs options, comme celle d'un rapprochement de sa branche Dexia Municipal Agency avec la Caisse des dépôts et consignations ou avec la Banque postale.REUTERS/SEBASTIEN PIRLET
A l'ouverture des marchés, mardi 4 octobre, l'action Dexia s'effondrait littéralement, perdant plus d'un tiers de sa valeur en l'espace de vingt minutes. Il faut dire que les nouvelles sont mauvaises. La veille au soir, un conseil d'administration de la banque franco-belge a mandaté son administrateur délégué, Pierre Mariani, pour "préparer, en concertation avec les Etats et les autorités de contrôle, les mesures nécessaires pour résoudre" la crise que traverse l'établissement.
Ce mandat revient à lui demander d'organiser le démantèlement de Dexia, victime de la crise des dettes souveraines en Europe, devenue ingérable. Lundi, quelques heures avant le conseil d'administration, l'agence de notation Moody's avait menacé d'abaisser sa note, pointant notamment les difficultés qu'elle pourrait rencontrer en matière de refinancement.
Plusieurs pistes sont à l'étude pour soulager le groupe plombé par ses faiblesses structurelles. La banque pourrait d'abord procéder à l'isolement de son portefeuille d'actifs non stratégiques. D'une valeur de 125 milliards d'euros, c'est un véritable boulet hérité de l'avant crise de 2008, qui pèse très fortement sur les besoins en financement de l'établissement.
CRÉATION D'UNE "BAD BANK"
Dexia pourrait loger ces actifs dans une "bad bank", une structure de défaisance qui, le cas échéant, bénéficierait de la garantie des Etats actionnaires (France et Belgique). Dans ce portefeuille, sont notamment réunies les branches italienne et espagnole, Crediop et Dexia Sabadell, ainsi que les dettes souveraines (près de 21 milliards d'euros sur les pays périphériques de la zone euro).
Avant la crise de 2008, la banque s'était fait une spécialité dans le rachat d'obligations souvent très longues, financées à court terme, "quasiment au jour le jour", expliquait Pierre Mariani. Un comportement très risqué, qui rendait la banque extrêmement dépendante des marchés. En 2008, ces besoins en financement à court terme s'élevaient à 265 milliards d'euros.
Propulsé aux commandes de la banque au plus fort de la tempête financière qui a suivi l'effondrement de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008, M. Mariani a dû réduire massivement les besoins en liquidité de l'établissement. Au 30 juin 2011, ces besoins avaient été ramenés à 96 milliards d'euros. Autre enjeu pour la banque, le sauvetage de ses activités commerciales viable. Il pourrait passer par des adossements, des partenariats ou même des cessions. Depuis l'automne 2008, la banque a vendu 74 milliards d'actifs jugés non stratégiques.
OPTIONS DE RAPPROCHEMENT SUR LA TABLE
L'option d'un rapprochement de la branche Dexia Municipal Agency, spécialisée dans le financement des collectivités locales, avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou encore la Banque postale est sur la table, sans que le schéma ne soit encore totalement arrêté. Toutes les autres activités commerciales, dont la filiale turque Denizbank, sur laquelle Dexia fondait beaucoup d'espoir pour restaurer sa rentabilité, sont également dans la balance.
La banque doit aussi mener à leur terme les multiples procédures engagées par les collectivités locales françaises ayant contracté des prêts auprès d'elle et qui s'estiment flouées sur la nature exacte de ces emprunts. Une fois essorée, que restera-t-il de Dexia ? La question hante les actionnaires.
Cécile de Corbière