L’entreprise Néo sécurité pourrait faire faillite à quelques jours du second tour. Nicolas Sarkozy a pris les devants pour éviter une catastrophe sociale. Mais, dans les faits, avec ou sans intervention de l’Elysée, la plupart des salariés de Néo Sécurité garderont leur emploi. Une belle entourloupe de campagne.
Autre faille, la gestion de Jean-Michel Houry fait polémique au sein de son entreprise. La CGT dénonçant sa «
gestion douteuse » et les «
salaires extravagants » de la direction. Pour rassurer les syndicats, Bercy a promis un
audit de la gestion de l’actuelle direction, de cet audit dépendra une éventuelle aide financière des pouvoirs publics.
Mais peu importe, tout est bon pour faire paraître Nicolas Sarkozy comme le
sauveur de l’économie française. Même
François Hollande s’est laissé prendre au jeu en dénonçant « d
es plans sociaux qui sont préparés et qui ne sont pas annoncés » et un «
drame qui s'annonce » au sujet de Néo Sécurité. Du côté, des patrons du secteur, on goûte peu la gestion du dossier Néo sécurité. Au SNES, principal organisation patronale, on pointe le «
chantage éhonté » de Jean-Michel Houry.
Les entreprises françaises de la sécurité privée ont d’autant plus de raison de s’énerver que c’est une grande entreprise suédoise,
Securitas, qui est sur les rangs pour
récupérer les juteux contrats en cas de faillite de Néo Sécurité, 500 marchés passés seraient en jeu. Le président du SNES Michel Ferrero a d’ores et déjà demandé à être reçu à l’Elysée pour présenter une alternative la reprise des marchés de Néo Sécurité par plusieurs PME locales. Cette solution aurait pour avantage de consolider les entreprises françaises dans un secteur de la sécurité privée en
pleine expansion.
Mais, à ce stade, la défense du « produire français » est accessoire. Pour le président-candidat, seule compte l’annonce, même hypocrite, des emplois sauvegardés. Même s’ils n’étaient pas menacés. Au moins, le challenge sera plus facile qu’à Gandrange.