Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Source : www.mediapart.fr
L’ONG accuse les politiques d’austérité imposées par l’Europe. Elle demande aux gouvernements d’accepter d’en reconnaître l’échec et de trouver des alternatives.
Après de nombreuses ONG, Caritas Europe dresse un deuxième rapport accablant sur la situation en Europe. Montée de la pauvreté, montée des inégalités, dégradation des niveaux de vie, chômage, violences, malnutrition, baisse de la santé, de la scolarité… l’ONG dit être submergée par l’effondrement européen.
Toutes les barrières de protection ont sauté, accuse l’ONG, qui s’est intéressée en priorité aux sept pays européens les plus touchés par la crise – Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Chypre et Roumanie. Le coût humain de la crise y devient insupportable.
La grande pauvreté atteint désormais plus de 10 % de la population. Les salariés, quand ils travaillent, gagnent parfois si peu qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Près de 500 000 salariés en Europe, selon ses estimations, ne peuvent plus se payer un logement. Les populations les plus vulnérables – les femmes, les émigrés non européens, les personnes sans formation – sont les premières atteintes. L’exclusion est devenue telle que l’ONG dit voir de plus en plus de personnes sorties totalement du système et ne comptant plus que sur elles-mêmes.
Peu habituée jusqu’alors à investir le champ politique, Caritas Europe y entre désormais de plain-pied et accuse. Les politiques imposées par l’Europe sont, selon elle, les grandes responsables de cette désagrégation sociale. « Les hauts niveaux de dettes (publiques) n’ont pas été à l’origine de l’effondrement de la croissance, comme les auteurs d’une importante étude (Ash & Pollin 2013) l’ont démontré. Néanmoins, alors que la crise se poursuit, l’attention s’est détournée des évidentes fautes des marchés financiers et s’est tournée vers les erreurs supposées des gouvernements. En fait, le poids du règlement de la crise créée par les marchés financiers et les banques centrales et les régulateurs qui étaient censés les contrôler a été transféré sur les "travailleurs ordinaires, les services publics, les vieux et les faibles" (Quiggin 2012). Quiggin décrit cette politique d’austérité accrue non simplement comme "une idée d’économie zombie" mais comme "une stratégie politique de guerre de classe". »
Le rapport poursuit : « La principale préoccupation parmi les dirigeants a été la volonté, conduite par la Banque centrale européenne, qu’aucune banque ne devait faire faillite et que les problèmes de déficit budgétaire seraient corrigés par l’imposition de mesures d’austérité et de réformes structurelles. Cette politique "de ne pas laisser un seul porteur obligataire derrière" constitue une socialisation massive des dettes accumulées dans les banques privées et représente le plus large transfert de richesses des citoyens vers les créditeurs privés dans l’histoire de l’Europe. »
« Les faits réunis dans ce rapport, et dans le précédent, nous amènent de nouveau à conclure que la politique mettant l’accent prioritaire sur l’austérité ne marche pas en Europe et qu’une alternative doit être d’urgence adoptée », conclut l’ONG en listant une série de priorités allant d’une plus grande prise en compte des impacts sociaux dans les mesures adoptées à une restructuration des dettes, en passant par une réforme du système bancaire afin de supprimer l’aléa moral dont il bénéficie. Bref, de reprendre toute la gestion de la crise à zéro.
Source : www.mediapart.fr