Les résultats de ces européennes sont trompeurs : ils ne tiennent compte que de la minorité (43,1%) de Français, inscrits sur les listes électorales, qui sont allés voter. « C'est le principe d'une élection mon bon Monsieur », répondront les esprits les plus vifs. Certes. Mais si, par curiosité (et par malice aussi, il faut bien le dire), on réattribuait les sièges au Parlement européen sans omettre cette majorité silencieuse constituée de 27 millions de citoyens qui ne sont pas rendus aux urnes, les résultats seraient sensiblement différents…
Le « Parti de l’abstention » occuperait alors la grande majorité des sièges de la délégation française à Strasbourg : selon nos calculs*, 51 des 74 postes à pourvoir lui reviendraient. Le Front national (qui passerait de 26% à 11,2% des voix) devrait, lui, se contenter de 10 sièges et n’en laisserait que 8 à l’UMP (8,9%) et 5 au PS (5,9%). Toutes les autres listes seraient alors éjectées de l'hémicycle : ils n’atteindraient pas le seuil minimum des 5% nécessaires pour espérer obtenir un député : UDI/Modem (4,2%), Europe Ecologie-Les Verts (3,8%), Front de gauche (2,7%) et Divers gauche (2,5%).