Une structure de défaisance, une « bad bank » qui subsistera après le démantèlement de Dexia est créée pour isoler les « actifs toxiques ». Ce sont les actifs (obligation, filiales…) qui seront très difficilement vendables et le seront de toute façon à perte. Ces actifs représentent une valeur comptable de 180 milliards d’euros.
Les Etats français, belges et luxembourgeois apporteront leurs garanties pour les actifs les plus difficiles à vendre et comportant un risque très important. Ces actifs, estimés à 90 milliards d’euros sur 180 milliards, seront garantis par la Belgique (60,5 %), la France (36,5 %) et le Luxembourg (3 %).
En contrepartie, Dexia SA devrait verser une commission de 450 millions d’euros en 2011 aux trois Etats (160 millions pour la France).
On peut compter, sur le gouvernement Sarkozy pour insister sur cette prime de 160 millions d’euros et oublier l’énormité du montant garantie apportée par l’Etat français (33 milliards d’euros), exactement comme il avait oublié les 3 milliards versés par la France à Dexia, dans son calcul du coût du plan de sauvetage des banques en 2008.
Mais si les actifs sont invendables ou vendus à perte, comme cela avait été le cas pour le Crédit Lyonnais qui lui aussi avait eu droit à sa « bad bank », le Consortium de réalisations (CDR), la facture sera extrêmement lourde pour les Etats.
Le montant des garanties de la Belgique s’élève à 15 % de son PIB alors que sa dette publique frôle déjà les 100 % de son PIB.
Le montant de la garantie de l’Etat français est de 1,75 % du PIB de la France. Sarkozy aurait bonne mine avec sa « règle d’or » si cette garantie devrait être actionnée : le déficit augmenterait de 1 à 1,75 % et adieu les 3 % et l’équilibre budgétaire. Une preuve de plus que sa règle de plomb ne vise que les salariés et les plans de rigueur qu’ils auraient à subir, en aucun cas les banques.