Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 25.11.11 | 08h30 • Mis à jour le 25.11.11 | 16h08
Après un arrêt de vingt-quatre heures en gare de Rémilly, le convoi a repris sa route sous haute-surveillance.AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Comptant onze wagons de déchets nucléaires vitrifiés, le train avait quitté Valognes, dans la Manche, mercredi, et était immobilisé à Rémilly depuis jeudi matin.
Les militants antinucléaires ont dénoncé la décision des autorités de stopper le train près de Metz. Au ministère de l'intérieur français, on la justifie par la nécessité d'assurer la sécurité du transport. "Peu importe le temps que cela prendra, l'important, c'est que l'ordre soit garanti tant du côté français que du côté allemand de la frontière", a dit un porte-parole.
"Les manifestations à Valognes ont été violentes, nous prenons donc toutes les précautions nécessaires pour faire en sorte que le convoi reprenne la route dans des conditions optimales", a-t-il ajouté. Mais pour le réseau Sortir du nucléaire, qui suit la progression du convoi, la décision présente un risque "insensé". "Cet arrêt forcé en zone urbaine, totalement insensé, met en péril la sécurité des populations et expose les agents SNCF à des risques d'irradiations", dénonce le collectif dans un point de situation diffusé en début de nuit.
FORTE MOBILISATION EN ALLEMAGNE
En Allemagne, les militants antinucléaires ont commencé à se mobiliser à leur tour. Ils étaient près de deux mille dans la journée de jeudi à Lüchow-Dannenberg, le terminal ferroviaire où les onze conteneurs Castor renfermant les déchets nucléaires vitrifiés seront transbordés sur des camions pour parcourir par la route la vingtaine de kilomètres qui mènent au site de stockage de Gorleben.
La police allemande lors d'une manifestation de militants antinucléaires, le 24 novembre 2011. Quelque 19 000 hommes ont été déployé sur le parcours du train.AFP/JOHN MACDOUGALL
Cinq cents à six cents antinucléaires ont manifesté jeudi soir à Metzingen, dans le nord de l'Allemagne, où la police a eu recours à des gaz lacrymogènes et au canon à eau pour disperser les opposants au convoi de déchets radioactifs. Les manifestants s'étaient positionnés à un carrefour à environ 20 km à l'ouest de Gorleben et cherchaient à bloquer une route nationale. La police allemande a enjoint aux antinucléaires de la dégager pour laisser passer le trafic avant d'user de gaz et du canon à eau. A l'issue de la manifestation, émaillée de jets de bouteilles, de pierres et d'engins pyrotechniques, la police a évoqué dix blessés dans ses rangs. L'un des fonctionnaires ne pourra plus participer au dispositif de sécurité qui entoure le convoi nucléaire attendu à Gorleben. Du côté des opposants, une femme a été blessée par une pierre lancée par les manifestants.
Ce convoi de déchets issus du retraitement des combustibles usés des centrales nucléaires allemandes recyclés à La Hague est le dernier des douze convois prévus. D'après Areva, les conteneurs Castor sont conformes aux normes de sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique.