Manifestations à New York contre l'espionnage organisé par la NSA - RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA
Qui peut échapper à la lorgnette de la NSA ? Certes pas les individus dont les courriels peuvent être lus par l’agence de sécurité américaine, qu’ils soient soupçonnés de préparer un attentat terroriste ou non. Les dernières révélations du magazine allemand Der Spiegel laissent penser que les Etats et les organisations internationales ne sont pas plus à l’abri des infiltrations. Même le système de chiffrage utilisé par les Nations Unies pour sécuriser les visioconférences ne leur a pas résisté.
Der Spiegel qui avait déjà mis le feu aux poudres en annonçant que l’Union Européenne était espionnée par la NSA continue ses révélations en publiant hier des documents confidentiels provenant du « lanceur d’alerte » Edward Snowden. Ils prouvent que l’agence a en effet intercepté les conversations cryptées des Nations Unies, ainsi que de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cette fois, ce sont les échanges entre diplomates onusiens qui ont été surveillés. 458 communications peuvent en effet être isolées par la NSA en une seule semaine.
Selon le journal allemand, la NSA surveillait plus particulièrement l'Union européenne, notamment depuis le déménagement de la délégation européenne des nations unies dans des bureaux new-yorkais en septembre 2012. La NSA détenant les plans des locaux ainsi qu’une cartographie complète de l'infrastructure informatique des représentations européennes à Washington.
La surveillance américaine ne connaît pas non plus de frontières diplomatiques. Dans les ambassades américaines, derrière les tapisseries raffinées... les micros sont partout. Le rapport révèle de fait que l’agence possède des extensions dans 80 ambassades américaines, chargées de surveiller les communications sur les territoires en question. Parfaitement consciente des limites franchies par ce programme « special collection service» (service de collecte spéciale), l'agence demande dans l'un des documents confidentiels publié par l’hebdomadaire allemand à ce que son existence soit impérativement gardée au secret "sous peine de causer d'importants dégâts (aux) relations avec les pays hôtes".
« La surveillance est intense et bien organisée et a peu à voir, voire rien du tout, avec l'objectif de faire échec au terrorisme », écrit Der Spiegel. L'intrusion de la NSA au sein des Etats et des grandes instances internationales sera d’autant plus difficile à défendre.