Mais répétons-le, comme c'est l'été et on n'y pense plus tellement. Entre notre vent du nord de saison et les canicules à répétition, Athènes se vide, même si en fin de semaine (dernière) il n'y avait pas par exemple grande foule, à emprunter le bac pour Salamine.
Pourtant, les supermarchés bien locaux sont réputés pour leur cuisine et autres plats à emporter bien abordables. Ainsi, les retraités du coin comme ils le savent bien, s'y rendent souvent car finalement, après avoir bien calculé, ils trouvent que se restaurer chez Kanakis du coin, leur coûte moins cher que de cuisiner chez eux : « un plat à 3 euros c'est de la varie restauration pour nous les retraités, mais ensuite et comme nous le craignons, en cas de réductions encore plus drastiques de nos retraites, eh bien, nous irons à la soupe populaire, il n'y a plus aucun doute, déjà que nous ne nous soignons plus chez le médecin, mais au moins, nous aurons encore de quoi se mettre sous la dent », se disaient entre eux ces retraités de l'île historique. Pourtant c'est déjà « acquis », la démolition du système de santé se poursuivra, « le gouvernement prévoit la diminution du secteur hospitalier à hauteur de 30 % pour bien montrer sa docilité envers la Troïka car la seule politique prévue par le cabinet Samaras c'est bel est bien le mémorandum, ni plus, ni moins et sans aucun soi-disant aménagement. »
Du coup et toujours dans l'air du temps, des comédiens connus, se produisant de passage à Salamine, proposent une théâtralité bien de saison : « Le Mémorandum fait mal », théâtre itinérant tout comme les stéréotypes qu'il véhicule finalement, expressément anti-allemands, on ne peut pas facilement demander au théâtre d'être ce que la société n'est pas, on a le théâtre qu'on mérite, tragique ou pas finalement. C'est à Salamine également que l'antenne locale du mouvement de Mikis Theodorakis (de ce qui en reste en tout cas), invitait tout le monde à une soirée-débat, vendredi 27 juillet. Supposons après la pèche à la ligne, entre une traversée du bac et le passage d'un petit cargo turc à destination d'Eleusis, car il y a certains rythmes qui ne changent pas, fort heureusement. Et on y ajoutera à ces « rythmes » le nouveau mendiant posté devant le supermarché, témoignant à sa manière d'une certaine constance dans l'existentialisme de saison à ne plus sous-estimer.
C'est autant vrai, que nous ne pouvons plus prétendre que rien ne bouge, SYRIZA par exemple, organise des réunions de quartier, ouvertes à tous en ce fin juillet, c'est pour « débattre des privatisations mafieuses », mises en place par l'administration Samaras. C'est ainsi que la Baronnie se priverait de ses derniers biens nationaux, Carthago delenda est, et une fois de plus terminus. Sauf que les retraités du pays peuvent encore lire leurs journaux avec passion, ou regarder un match de football sur un écran géant, aux cafés en plein air, gérés par les municipalités, car les consommations coûtent un peu moins cher qu'ailleurs.