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Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

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L’Europe capitaliste n’est pas l’Europe

 

Source : www.reporterre.net

 

L’Europe capitaliste n’est pas l’Europe

Aurélien Bernier

vendredi 21 février 2014

 

 

 

L’Union européenne s’est enfermée dans le carcan néo-libéral. Pour Aurélien Bernier, la gauche radicale écologiste doit admettre que son projet de société se heurte à une construction européenne vouée au capitalisme, au productivisme et au libre échange.


L’imposture écologique de l’Union européenne a vécu. Il y a peu encore, ses représentants semblaient vouloir entraîner le reste du monde sur la voie de la réduction des gaz à effet de serre et de l’efficacité énergétique. Ils ne juraient que par le développement durable ou l’économie « verte ». Ils jouaient la comédie aux tribunes des sommets internationaux pour convertir les brebis égarées (Chine, États-Unis, Canada, Australie...) aux bienfaits de la révolution écologique.

Pour ceux qui y ont cru, la désillusion est douloureuse. Aujourd’hui, en pleine crise économique, il n’est question que d’autoriser de nouvelles plantes génétiquement modifiées, de favoriser l’extraction des gaz de schiste, d’adapter les normes environnementales aux exigences libre-échangistes des multinationales américaines dans le cadre du grand marché transatlantique en cours de construction. A l’image de « l’Europe sociale », « l’Europe verte » n’aura pas lieu [1].

La gauche radicale écologiste devrait admettre que son projet de société se heurte frontalement à cet autre projet de société : celui d’une construction européenne vouée au capitalisme, au productivisme, au libre échange et à la libre concurrence.

Malheureusement, cette prise de conscience est encore loin d’être accomplie. Car nous avons tous été intoxiqués par cette pensée unique : l’Europe c’est la paix et la fraternité ; les Nations, c’est la guerre et le repli sur soi. Mais où est la fraternité lorsque des dirigeants allemands proposent à la Grèce de vendre ses îles pour payer sa dette ?

Où est le repli sur soi lorsque le Venezuela reconquiert fièrement sa souveraineté nationale pour, ensuite, créer l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), un processus d’intégration de pays d’Amérique latine basé sur la justice et la solidarité ?

La « nouvelle gauche » de l’après Mai-68, les écologistes puis les altermondialistes ont tellement voulu dépasser le cadre national qu’ils ont défendu par principe le supranationalisme, et notamment la construction européenne [2]. Or, s’il est évident que le cadre national est bien trop étroit pour traiter les grands problèmes mondiaux (la pauvreté, la paix, l’environnement...), on ne voit pas en quoi le transfert de souveraineté résout quoi que ce soit.

Au contraire, l’ordre juridique et monétaire européen s’impose aujourd’hui aux États membres et empêcherait toute sortie du capitalisme. Une gauche radicale qui arriverait au pouvoir et voudrait interdire les OGM, stopper les dégâts de l’agriculture productiviste, réduire la consommation matérielle, développer les services publics, taxer véritablement les richesses... n’aurait d’autre choix que de désobéir au traité de Lisbonne et aux centaines de directives ultralibérales adoptées depuis l’Acte unique de 1986.

Il n’est plus l’heure de prendre nos désirs pour des réalités. Il est noble et respectable d’espérer, dans l’absolu, une Europe démocratique, écologique et sociale ou une Organisation mondiale du commerce soucieuse du bien-être des peuples. Mais il n’est plus possible de bâtir une stratégie politique sur cette seule espérance.

 

*Suite de l'article sur  reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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