Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

Publicité

L'emploi salarié se dégrade, tiré vers le bas par l'intérim

 

 

LE MONDE | 14.08.2012 à 11h10 • Mis à jour le 14.08.2012 à 11h32

Par Jean-Baptiste Chastand

 

A croissance nulle, emploi en baisse. L'économie française a détruit 11 700 emplois salariés dans les secteurs marchands non agricoles au deuxième trimestre, selon l'estimation provisoire publiée par l'Insee, mardi 14 août. Logiquement, la croissance atone n'a ainsi pas permis de confirmer la hausse de 18 300 emplois intervenue au premier trimestre.

 

Lire aussi : L'économie française échappe de justesse à la récession


Cette baisse vient plutôt s'inscrire dans la mauvaise tendance amorcée aux deux derniers trimestres 2011, qui avaient vu les destructions d'emploi réapparaître pour la première fois depuis 2009 et la fin de la précédente crise. Sur un an, l'économie française a ainsi détruit 29 600 postes, soit une baisse de 0,2 %.

C'est d'abord la chute de l'intérim qui explique cette nouvelle baisse. Quelque 19 900 postes intérimaires ont ainsi été détruits en trois mois, après 700 au premier trimestre. "Les destructions d'emploi dans le secteur retrouvent un rythme proche de celui observé au second semestre 2011", rapporte l'Insee.

 

Lire aussi : Les missions locales privées de la bouffée d'oxygène des jobs d'été


Cette baisse vient également confirmer les mauvais chiffres publiés le 9 août par Pôle emploi, qui faisaient déjà état d'une diminution de 9 % pour juin, sur un an, du nombre d'intérimaires. L'intérim est habituellement considéré comme un indicateur avancé de l'emploi, ce qui laisse présager des lendemains difficiles sur le front du chômage.

Le reste de l'emploi salarié se porte moins mal, avec une hausse de 8 200 postes. L'industrie souffre toutefois toujours autant, avec 10 200 postes emplois détruits. La construction et les services restent de leur côté relativement stables.

 

PEU D'ESPOIR

Sur le front de l'emploi, tous les feux sont désormais au rouge. L'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui regroupe l'ensemble des Urssaf, avait ainsi fait état en juillet d'une baisse des embauches de plus d'un mois de 9,8 % sur trois mois, et d'une baisse de 0,2 % de l'emploi salarié, avec une base de calcul qui diffère de celle de l'Insee. Ces mauvais indicateurs ne laissent que peu d'espoir de voir le chômage baisser dans les prochains mois. La publication du nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi doit intervenir le 17 août, mais il est peu probable que ce chiffre traduise une amélioration.

Le gouvernement ne semble d'ailleurs pas y croire. Michel Sapin, le ministre du travail et de l'emploi, n'avait ainsi pas caché, fin juillet au micro de RTL, que le taux de chômage atteindrait "sûrement" 10 % en France métropolitaine avant la fin de l'année. Un taux déjà atteint au premier trimestre, si l'on prend en compte les départements d'outre-mer.

"La croissance lente pénalise le marché du travail", résume Philippe Waechter, économiste en chef chez Natixis. "Et à court terme, on ne voit pas quels facteurs permettraient d'inverser la tendance. L'ajustement fort sur l'intérim traduit cette situation économique très volatile", estime-t-il.

 

Jean-Baptiste Chastand

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article