Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
28/12/2011 à 16h04
L'affaire Parmalat, le plus gros scandale financier d'Europe au début des années 2000, aurait pu servir de signal d'alarme sur les dangers de la financiarisation de l'économie.
Ce scandale qui a secoué l'Italie se retrouve porté à l'écran avec « L'Empire des Rastelli », mi-comédie à l'italienne, mi-thriller politico-financier, accablant. A voir comme un cours sur la dérive du système capitaliste.
Parmalat est une PME familiale italienne installée près de Parme, spécialisée dans les produits laitiers.
Son entrée en bourse, dans les années 90, lui donne des moyens supplémentaires de se développer, et la PME se transforme du jour au lendemain en multinationale agressive sur tous les continents, allant jusqu'à compter 36000 salariés dans une trentaine de pays.
Dans le film, on voit clairement le choc des cultures :
Tout cela, on s'en doute et on le sait dans la réalité, se termine en fracas, dans la cavalcade en milliards de dollars, vrais et faux, passés par les paradis fiscaux, les montages financiers qui brouillent les pistes, et une faillitte frauduleuse, spectaculaire, catastrophique pour toute une région, pour l'Italie.
Et surtout pour les dizaines de milliers de salariés et de petits épargnants qui croyaient du comme fer au miracle Parmalat.
Ce film, qui tourne autour de quelques personnages-clés, et en particulier le directeur financier, l'« ingeniere Botta », incarné par Toni Servello, dévoué corps et âme à une entreprise qu'il ne possède pas, mais dont il est convaincu que le succès est bon pour Parme, bon pour l'Italie.
A n'importe quel prix, même celui de la combinazione, c'est-à-dire de petits et gros arangements avec la loi, certain de retomber sur ses pieds grâce aux appuis politiques.
En 2003, lorsque le scandale a éclaté, toute l'Europe a assisté sur le mode rieur « Ah, ces Italiens »... Sans réaliser que ce que Parmalat révélait, tout comme le scandale Enron aux Etats-Unis, c'est un changement de modèle du capitalisme au profit de la finance, dont nous vivons aujourd'hui les conséquences.
Et plus personne ne rigole. Sauf en allant au cinéma...