Dans l'entretien qu’il a accordé au JDD, le dimanche 2 octobre, à la question : « comment avez-vous été au courant des déclarations d'Hélène de Yougoslavie affirmant que son mari, votre ami Thierry Gaubert, et Ziad Takieddine, remettaient des fonds à Nicolas ? », Brice Hortefeux a répondu : « Un site Internet a publié le 13 septembre des informations concernant « un témoin » accablant Thierry Gaubert. Connaissant bien la famille et sachant que celui-ci était en plein divorce, j'ai eu une première indication sur l'identité du témoin. Cela est devenu une quasi-certitude lorsque j'ai appris que Mme Gaubert avait le même avocat que Mme Takieddine (…».
Disons les choses clairement : compte tenu des informations dont dispose Marianne, l’explication de l’ancien ministre de l’Intérieur est particulièrement sujette à caution. Le site Internet en question, Médiapart, a bien publié le 13 septembre, un article faisant état de la déposition d’un témoin dont le nom n’apparaît pas. Hélène de Yougoslavie, épouse de Thierry Gaubert, puisqu’il s’agit d’elle, a été interrogée dans le plus grand secret le 8 septembre par les policiers de Division nationale des investigations financières (DNIF).
Ce n’est que huit jours plus tard que Le Nouvel Observateur dévoilera son nom. Lorsque Brice Hortefeux appelle son ami Thierry Gaubert, le 14 septembre, pour l’avertir que sa femme « balance », aucun média n’a cité le nom de l’avocat d’Hélène Gaubert, en l’occurrence Me William Bourdon. Question : comment Hortefeux sait-il qu’elle a le même avocat que Nicola Johnson, ex-Mme Takieddine ? Voilà la réponse, lapidaire, qu’il a dressé à Marianne : « Après avoir été entendu, comme témoin et à ma demande, par l’autorité judiciaire, je me suis exprimé dans les médias et ai répondu point par point dans un journal télévisé puis dans la presse écrite. Je n’ai donc rien à ajouter ».