Cette fronde des procureurs est un pas de plus dans le climat hostile entre l’Elysée et la magistrature. Les juges d’instruction étaient déjà très remontés contre le chef de l’Etat. En février dernier, suite à l’affaire de Pornic où Nicolas Sarkozy avait tenu des propos durs contre la magistrature, une grève des audiences a eu lieu dans toute la France.
Un des portes-paroles du mouvement fut le juge anti-terroriste
Marc Trévidic, accessoirement en charge de l’affaire de Karachi. A cette occasion, les
procureurs généraux, supérieurs des procureurs, avaient eux aussi protestés contre la politique pénale actuelle. Ils dénonçaient déjà les réformes pénales «
ininterrompues et complexes, voire divergentes » et le manque de moyens.
Plus haut dans la hiérarchie, le premier des magistrats du parquet,
Jean-Louis Nadal, procureur général près de la Cour de Cassation, avait déjà marqué les esprits en janvier lors de son dernier discours de rentrée. Il avait alors dénoncé «
une forme de mépris pour la justice » au sein du pouvoir politique, visant sans les nommer, Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur. C’est également lui qui a saisi la Cour de Justice de la République dans l’affaire Tapie-Lagarde. Une fois parti en retraite, Nadal ne fera plus mystère de son anti-sarkozisme et soutiendra
Martine Aubry lors de la primaire PS.