Les dirigeants Irlandais semblent avoir une toute autre conception de la politique. Tout ce qui touche à la souveraineté nationale doit être soumis à référendum. Le premier ministre irlandais, Enda Kenny, a ainsi fait savoir qu’il organiserait un référendum sur le traité fiscal qu’il signera lors du Conseil européen de cette semaine. Il se dit « confiant » dans le vote oui.
Le principal parti d'opposition, le Fianna Fail (centre), avait demandé que la population soit consultée « sur tout changement significatif de notre situation en Europe ».
Le Sinn Fein, parti nationaliste de gauche, avait également jugé « impératif que la population ait son mot à dire ».
Bien que risqué pour le gouvernement en place le pari a été tenu. Selon un sondage publié fin janvier, près des trois quarts des Irlandais souhaitaient une consultation populaire sur le pacte.
40% avaient alors affirmé qu'ils voteraient pour, 36% contre, 24% se disant indécis, selon l'enquête du Sunday Business Post/Red C. Si la date du référendum n’a pas été fixée, la campagne a commencé : en cas de vote pour le NON, la ministre des affaires étrangères a déjà prévenu qu’il serait difficile pour l’Irlande de se maintenir dans la zone euro et de bénéficier des fonds de secours prévus par le MES. «Je crois fermement que l'intérêt de l'Irlande est que ce traité soit approuvé», a précisé le chef du gouvernement qui entend présenter un refus comme un «suicide économique».
Le principal argument de l’opposition est que le le pacte budgétaire ne comporte rien ou presque qui ne soit déjà dans le droit irlandais, sinon l’inscription de ces règles dans la constitution…qui explique le passage par la voie référendaire.