Tout le monde le dit : en France, on paie trop d’impôts. Et ce n’est pas parce que la droite le répète matin, midi et soir, que c’est faux. La France est « un enfer fiscal », assure même le Medef qui en a fait le thème de son université d’été. Avec 46% de prélèvements, la France n’est pas loin, en effet, de détenir un record. Pour autant, ce débat politique sur le niveau des prélèvements obligatoires en France donne lieu à un festival d’hypocrisie politique sans nom.
Hypocrisie à gauche d’abord : le gouvernement dit avoir pris conscience du « ras-le-bol fiscal » des Français, renonce donc à augmenter la CSG pour sauver le régime des retraites, mais augmente le montant des cotisations sociales. Quelle différence ?
Hypocrisie aussi à droite : l’UMP peut légitimement dénoncer les augmentations d’impôts décidées par le tandem Hollande-Ayrault. Mais à condition de rappeler que jamais les impôts n’avaient autant augmenté que durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Si les Français ont aujourd’hui un tel rejet des hausses d’impôts, c’est bien parce qu’en 2011, les impôts avaient déjà augmenté de 30 milliards d’euros. Puis de 20 milliards en 2012 (12 milliards signés Sarkozy et 8 milliards signés Hollande). Oui, du coup, les 20 milliards de hausse de prélèvements pour 2013 apparaissent assurément insoutenables. Celles prévues pour 2014 carrément insupportables.
Et ce n’est pas tout : au 1er janvier, la TVA va augmenter de 19,6 à 20% et toucher l’ensemble des Français. Nicolas Sarkozy voulait, lui, la faire passer à 21,6% ! La droite devrait applaudir : non, elle condamne.
A l’inverse, la gauche - comme la droite et le patronat le réclamaient - va faire baisser les charges des entreprises grâce au Crédit Impôt compétitivité pour un montant de 20 milliards d’euros. Là encore, la droite devrait applaudir : mais non, elle condamne. Elle dit que, plutôt qu’augmenter les impôts, il faut baisser les dépenses publiques, mais ne dit jamais lesquelles. Elle réclame plus de places de prison, plus de policiers à Marseille, mais elle ne dit jamais comment on fait sans augmenter les impôts. Sans rougir, Jean-François Copé promet même aujourd’hui que la droite baissera les impôts quand elle sera de retour aux affaires. Sauf qu’elle n’a cessé de les augmenter quand elle était au pouvoir.