Sauf qu'à Athènes, les nouvelles ne marquent plus une seule pause, depuis la... boîte, Pandore et ses crépuscules. Car lutter contre un «monstre gluant» qui non seulement court désormais les rues, mais qu'il devient même par endroits... l'asphalte, n'a rien d'évident. À gauche, on reconnaît désormais publiquement qu'il y a urgence. Hier soir (19/09), lors d'une réunion publique, co-organisée par les contributeurs des pages culturelles du quotidien Avgi (Syriza) et par la rédaction de la revue (mensuelle politique et culturel) Unfollow, il était justement et uniquement question de la réaction face à l'Aube dorée. Nous étions bien très nombreux, et à remplir les locaux jusqu'aux murs, au jardin de la Société des Archéologue, rue Hermès, entre le cimetière antique du Céramique et un terrain de... friche économique, laissé à l'abandon et aux chats errants !
Et déjà l'évidence : «Le fascisme... prend, l'Aube dorée n'est pas la seule composante de ce type au sein de la société grecque, [et] elle bénéficie en plus, d'alliés politiques [au sein de la droite dite classique et du PASOK], institutionnels, symboliquement créateurs de représentations et de mentalités, à savoir, une partie de l'Église, de l'Armée, de la Police, de l'Administration, du monde des entreprises, sans oublier évidement les clubs de supporteurs, hooligans ou pas... Donc notre première tâche, consiste à ne plus permettre aux autres formations politiques (de la coalition du mémorandum) de faire comme si l'Aube dorée n'existe pas. Nous avons besoin d'alliés au sein du monde bourgeois comme diraient encore certains marxistes, justement pour défendre la démocratie bourgeoise» (Makis Kouzelis, universitaire, parmi les intervenants).
Puis, Nikodèmos Maina Kinioua, citoyen grec originaire d'Afrique et membre de l'association Asante, a tiré la sonnette d'alarme : «La société grecque reste parfaitement passive face aux agressions commises sur les immigrés par l'Aube dorée», tandis que d'autres intervenants ont souligné que «le problème de l'immigration est posé par la mondialisation, la gauche ne doit pas le nier non plus».
Et l'aporie fut enfin : «Peut-on s'adresser aussi à cet État, pour combattre l'Aube dorée, en tout cas, pour ce qui est de certaines de ses actions illégales, lorsque l'État gangrené du mémorandum est déjà un destructeur du lien citoyen», question véritable... réponse improbable. Et enfin, Artemis Kalofyri, enseignante, a rappelé «que le symbolisme fasciste domine les représentations des élèves du secondaire depuis déjà 2008 au moins. Les Aubedoriens recrutent en passant par Facebook, et ces jeunes, se représentant souvent une bien mauvaise image de soi-même, retrouvent dans l'organisation, reconnaissance, protection et un certain usage de la force. Ces garçons, sont évidement issus de la culture de l'image et des jeux vidéo, internet compris, [en plus] du lifestyle. La passerelle de l'hooliganisme a certes joué un rôle hélas funestement précurseur, dans le recrutent aubedorien à travers la population scolaire jusqu'en 2009-2010, mais c'est tout. Depuis, les élèves proches de l'Aube dorée, argumentent politiquement, leur discours est issu d'une systématisation holistique de l'histoire et de l'analyse sociale, c'est du construit, évidement raciste, anti-gauche, et relevant d'une culture disons militaire. D'ailleurs le réseau des salles de gymnastique (musculation et arts martiaux) sont en interconnexion je dirais organique avec l'Aube dorée en ce moment. Parfois issus de l'immigration albanaise, ces jeunes souhaitent vivement intégrer l'armée ou la police car à leurs yeux, c'est la seule perspective professionnelle digne et certaine. Je n'ai jamais caché mon engagement à gauche, mais je n'ai jamais non plus, isolé ces élèves, au contraire, j'ai toujours voulu entretenir le dialogue avec eux. Ils me racontent donc, qu'au sein des locaux de l'Aube dorée, ils trouveront de l'encadrement recherché, un endoctrinement idéologique par des DVD, et un entrainement ou perfectionnement dans les arts martiaux et les tactiques d'attaque contre les manifestants d'abord, et les autres "cibles" ensuite. Pourtant, par des mobilisations massives dans la rue face à l'Aube dorée et sans violence autre que celle du nombre, déjà dans deux quartiers de l'agglomération, les Aubedoriens ont cessé d'apparaitre car ils ont peur du nombre en face...».