Le géant américain de la distribution en ligne Amazon essuie des critiques en Grande-Bretagne depuis que le montant de sa feuille d'impôts, jugé dérisoire au regard de ses bénéfices, a été révélé. Amazon a payé 2,4 millions de livres (2,8 millions d'euros) d'impôts sur les sociétés l'an dernier en Grande-Bretagne, selon des documents publiés par le groupe, alors que le chiffre d'affaires de sa filiale britannique s'est élevé à 320 millions de livres.
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Mais le groupe – qui enregistre une grande part de ses revenus britanniques au Luxembourg, selon la presse, pour diminuer son imposition en Grande-Bretagne –, aurait en réalité dégagé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards l'an dernier dans le pays. La polémique est d'autant plus vive qu'Amazon a reçu l'an dernier 2,5 millions d'incitations fiscales de la part du gouvernement.
La présidente travailliste de la commission parlementaire sur les finances publiques, Margaret Hodge, s'est indignée, qualifiant le montant des impôts payés par Amazon de "blague". Pour elle, "ce que la population trouvera le plus choquant est que le montant des impôts payés par Amazon est inférieur à ce qu'ils ont pris aux contribuables sous la forme de subventions gouvernementales". "Les groupes comme Amazon doivent payer leur juste part d'impôts sur la base de leur activité dans ce pays et des bénéfices qu'ils réalisent ici", a-t-elle poursuivi.
DES ARTIFICES COMPTABLES
De son côté, un porte-parole d'Amazon a assuré que le groupe avait agi conformément à la loi. Plusieurs grandes multinationales, comme Amazon, Starbucks ou Google, sont critiquées en Grande-Bretagne depuis l'an dernier car elles y paient très peu, voire pas, d'impôts sur les bénéfices malgré les milliards de livres gagnés dans le pays, grâce à des artifices comptables.
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Ces nouvelles révélations sur Amazon interviennent alors qu'un responsable de Google était entendu jeudi 16 mai par la commission des finances publiques. Matt Brittin, vice-président du groupe pour l'Europe centrale et du Nord, a assuré qu'il n'était "pas vrai" que Google cherchait à "dissimuler" la manière dont il opérait afin de payer le moins d'impôts possible, au cours d'une audience tendue.