Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
LEMONDE.FR | 30.11.11 | 11h28 • Mis à jour le 30.11.11 | 12h35
Masao Yoshida, directeur de la centrale, le 30 mai 2011.REUTERS/HANDOUT
D'après un message adressé par M. Yoshida au personnel de la centrale, la décision a été prise lors d'un examen de routine. "Je n'ai pas eu d'autres choix que d'être hospitalisé dans l'urgence", précisait-il sans donner de détail. Tepco, refuse d'en dire plus sur le mal dont il souffrirait, expliquant qu'il s'agit "d' une question d'ordre privé". Selon un responsable de l'entreprise Junichi Matsumoto cité par l'agence Jiji, "les médecins n'auraient pas établi de lien entre la maladie et l'exposition aux radiations".
Nommé à la tête de la centrale en juin 2010, M. Yoshida n'avait pas hésité à braver les ordres de direction de l'entreprise au début de la crise nucléaire, en injectant de l'eau de mer dans un réacteur. Une action qui lui a valu des réprimandes de Tepco. Le 12 novembre, lors de la première visite du site autorisé pour la presse, il avait déclaré qu'"au cours de la première semaine, j'ai crû à plusieurs reprises que j'allais mourir".
OFFICIELLEMENT, L'ACCIDENT NUCLÉAIRE N'A PAS FAIT DE MORTS
L'annonce de son départ et le silence sur son état de santé rappellent qu'officiellement, il n'y a pas eu de morts directement provoquées par l'accident nucléaire de Fukushima. Deux techniciens de la centrale ont perdu la vie au moment du tsunami. Un troisième a été victime d'un arrêt cardiaque en mai. Le 30 août, un ouvrier de 46 ans est décédé d'une leucémie aigüe mais Tepco a exclu tout lien avec son activité à la centrale. Au moment du décès début octobre d'un employé d'une cinquantaine d'années, l'entreprise avait évoqué, comme pour M. Yoshida, le respect de la vie privée pour refuser de divulguer la cause de la mort.
Hors les employés de Tepco, un journaliste japonais de 24 ans qui résidait dans la préfecture de Fukushima et consommait des produits locaux a perdu la vie le 16 septembre, lui aussi à cause d'une leucémie aigüe, une maladie également diagnostiquée chez le présentateur Otsuka Norikazu, 63 ans, qui, depuis le mois de mars, "soutenait Fukushima en mangeant ses produits".
Philippe Mesmer