L'ampleur de la rechute boursière de lundi (Londres : - 3,58%, Francfort : - 5,28%, Milan : - 4,83%; Paris : - 4,73%) le démontre une nouvelle fois : les plans de rigueur adoptés en Europe et aux Etats-unis ne convainquent nullement les investisseurs, à moins qu'ils n'encouragent les spéculateurs à engranger de nouveaux bénéfices en jouant à la baisse ou à la hausse, via les CDS, les obligations d'état. A moins que les deux phénomènes agissent simultanément.
Comme d'habitude, les éternels avocats des rentiers et des vieux que sont devenus les experts et les journalistes économiques vont tirer la sonnette d'alarme : il faut diminuer encore plus la dépense publique, vendre les avoirs de l'état, etc.
Toutes solutions suicidaires. Pourquoi ?
1) Au-delà d'un certain niveau, la rigueur n'est plus politiquement gérable :
- en Italie, Berlusconi est en train de renoncer au mega-plan d'austérité de 45 milliards salué par des hourah cet été :
après avoir annulé la taxe sur les riches, voilà que le
Cavaliere renonce à la réforme des retraites, provoquant une admonestation de Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne;
- en France même, où le plan d'austérité est plutôt «
soft », les lobbies décrochent une à une les mesures Fillon : après la taxe sur les parcs d'attraction
victime d'une raffarinade, voici que l'on songe à revenir sur l'impôt sur les plus-values immobilières réalisées sur des résidence secondaires, le lobby de l'immobilier faisant valoir sa contribution à la lutte contre le chômage et pour la croissance.
2) La rigueur nous entraîne vers une récession qui organise l'insolvabilité des états
L'exemple de la Grèce le montre amplement. Tout le monde sait depuis des mois que le pays ne pourra rembourser ses dettes, et ce d'autant moins qu'on lui impose une cure d'austérité qui le replonge dans la récession : avec - 5% en 2011, le déficit de la Grèce, qui devait être contenu à 16 milliards en 2011, en était déjà à 15 milliards en juin ! Il n'existe pas d'autre solution pour la Grèce que la sortie de l'euro pour retrouver un peu de compétitivité, dès lors que les institutions européennes refusent le défaut sur la dette.