Mêmes causes, mêmes effets: après
les comptes des collectivités vérolés par les prêts toxiques, les bas de laine des particuliers souffrent à leur tour de ces produits financiers explosifs. Entre 2007 et 2009, 13 000 ménages pourraient être concernés selon les estimations de Serge Maître, président de l’Afub (Association française des usagers des banques), qui a déjà reçu 200 témoignages. Sont cités la BNP à travers sa filiale UCB, mais aussi le Crédit Agricole, «
la Société générale n’est pas en reste », glisse un concurrent.
Pour ces particuliers qui ont emprunté en francs suisses, la bonne affaire s’est transformée en piège avec l’envolée de la monnaie helvète. La durée de remboursement s’est prolongée jusqu’à 5 ans. «
Dans un dossier, le capital restant du est passé de 140 000 € à 180 000 € », explique l’avocat Charles Constant Vallet qui travaille sur 80 dossiers de ce type
. « Les particuliers n’ont pas trouvé ce prêt à leur agence BNP Paribas. Il s’agit d’investisseurs qui ont souscrit notre prêt à travers des opérateurs immobiliers lesquels fournissent clé en main des produits défiscalisés comme le Scellier, les murs, le prêt et parfois même le locataire. Et pour les cas les plus durs nous avons fait des efforts», plaide Pascal Roussarie de BNP Paribas Personal Finance. Sous entendu, ces ménages seraient des investisseurs « avertis » qui connaissaient les risques. Si c’est le cas, ce n’est pas via la plaquette qui les ignore superbement. Serge Maître conteste lui le profil des clients: «
Il ne s’agit pas seulement d’investisseurs, seulement 75% des cas. Le reste sont des particuliers qui ont acheté leur résidence principale. »
Article modifié à 16h35 le 12/10/11