Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Le Monde.fr avec AFP | 27.08.2012 à 00h39 • Mis à jour le 27.08.2012 à 15h39
La police a procédé lundi 27 août au petit matin à l'expulsion d'un campement occupé par plus de 70 Roms le long de voies ferrées à Evry, ville dirigée jusqu'en juin par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls. Sur Europe 1, ce dernier a justifié cette opération, évoquant la situation sanitaire du bidonville qu'il a qualifiée d'"insupportable".
19 ENFANTS SCOLARISÉS
"La police est arrivée vers 5 heures", a rapporté Lakatos, un Rom de 22 ans en France depuis trois ans, qui vivait dans le campement depuis trois mois. Selon une source policière, l'opération s'est déroulée dans le calme et deux occupants ont accepté d'être pris en charge par les autorités. Ils ont été emmenés à bord d'une camionnette.
"Je suis arrivé après 5 heures, la police bloquait déjà. La Croix-Rouge est à l'intérieur mais elle n'a pour solution que des hôtels d'urgence, a dénoncé sur place Serge Guichard, de l'ASEFRR. On leur a dit d'aller en hôtel social, mais pour trois ou quatre jours maximum." Selon M. Guichard, 19 enfants vivaient dans le campement. "Tous étaient scolarisés. On risque d'interrompre l'école, de les remettre à la rue", a-t-il dénoncé, avant de critiquer le fait qu'il n'y ait eu "aucune concertation : il n'y a que la police qui est venue les voir".
"DANGEROSITÉ DU SITE"
L'arrêté d'expulsion pris par le maire socialiste d'Evry, Francis Chouat, avait été notifié aux Roms samedi. "Outre l'insalubrité, la dangerosité de ce site, qui se trouve quasiment en surplomb des voies de la ligne D du RER, m'a amené à prendre cet arrêté en accord avec la préfecture", a-t-il affirmé. Selon un homme de 30 ans résidant dans le camp avec sa femme et ses deux enfants, la police est venue dimanche soir prévenir de l'expulsion.
De son côté, Manuel Valls a estimé que "la situation sanitaire et de sécurité nécessitait l'évacuation. Je ne peux pas supporter, en tant que ministre de l'intérieur, en tant que citoyen, en tant qu'homme de gauche, qu'il y ait des bidonvilles dans lesquelles des hommes vivent dans des conditions insupportables." Il a cependant assuré que "nous nous efforcerons de trouver des solutions en terme de relogement. À chaque démantèlement de camps illégaux, nous demanderons aux préfets de trouver des solutions".
EXPULSIONS À LYON
Dans la soirée de dimanche, plusieurs familles de Roms avaient déjà été évacuées d'un immeuble qu'elles squattaient dans le 7e arrondissement de Lyon. "Neuf familles s'étaient installées rue Saint-Jérôme dans la journée [de dimanche]. La police leur a dit que c'était dangereux car l'immeuble était insalubre. Ils ont compris et sont sortis d'eux-mêmes", a dit la préfecture du Rhône dimanche soir tard, parlant d'une "quarantaine" de personnes concernées.
Un peu plus tôt, une militante associative avait fait état d'une "soixantaine" de Roms expulsés du 23 rue Saint-Jérôme. "Il y avait beaucoup d'enfants, dont des tout petits de 2 mois à peine, avait affirmé Gilberte Renard, membre du Collectif lyonnais pour l'accès à la scolarisation et le soutien aux expulsés des squats (Classes), qui se trouvait sur place. Ce sont des familles qui avaient été expulsées le 14 août de la rue Montesquieu, ont erré dans les rues et avaient fini par trouver ce lieu."
Pendant le week-end, une centaine de Roms ont également leur campement de Massy, dans l'Essonne, pour devancer une procédure d'expulsion d'un terrain dont le ministère de l'intérieur est propriétaire.