Alors que la part des profits des entreprises dans le PIB des Etats-Unis n'a de cesse d'augmenter, notre blogueur associé Laurent Pinsolle revient sur une observation mise en lumière par The Economist qui souligne que les records d'aujourd'hui pourraient favoriser le conservatisme des entrepreneurs américains, demain.
Cette troisième raison est confirmée par une récente étude la Réserve Fédérale de New York qui explique elle aussi que la structure des bonus des dirigeants d’entreprise a une forte influence sur leurs décisions et les pousse aujourd’hui à favoriser les résultats à court terme aux investissements à long terme qui ne tendent à rapporter que pour leurs successeurs…
Idem pour les fonds d’investissement dont les résultats sont trop souvent jugés chaque trimestre en oubliant le long terme.
The Economist pousse l’audace en concluant qu'il est bien meilleur «
que les profits diminuent parce que les entreprises investissent massivement plutôt que parce que la prudence des leurs dirigeants pousse l’économie en récession. Les dirigeants d’entreprises font partie des avocats les plus fervents de la baisse des déficits publics, mais si les entreprises dépensaient davantage, et embauchaient plus, cela ferait baisser les déficits de leur propre gré ».
C’est tout le paradoxe souligné par ce journal, pourtant absolument pas hostile au monde de l’entreprise. La montée des profits des entreprises aux Etats-Unis révèle un profond dysfonctionnement de l’économie, qui entretient même les difficultés dans lesquelles nous sommes.