Comment profiter de la récession, et en France de fermetures d’usines automobiles, pour mettre à genoux ses concurrents européens ? En leur livrant, dans cette conjoncture exécrable, une guerre commerciale sans merci. Sauf que : en faisant sienne cette stratégie inexorable qui vise également à préserver ses sites d’assemblages Outre-Rhin, même le flamboyant groupe Volkswagen, vitrine du miracle allemand, a fini par froisser ses tôles !
Sur le dernier trimestre, la profitabilité de ses marques traditionnelles a en effet brutalement plongé de 45%, de 1,01 à 590 millions d’euros par rapport à l’année précédente. Et dans ce manque à gagner, les ristournes commerciales consenties par le groupe en France en Espagne en Italie notamment, ont pesé plus de 17%. A titre d’exemple, selon un concessionnaire, cité par l’agence Reuters, Volkswagen propose actuellement des remises de 1800 euros sur ses nouvelles Golf et modèles SUV.
Plus important encore, encore, ce recul de profitabilité n’épargne pas les marques phares et haut de gamme comme Audi. Et seul le succès phénoménal de la marque Porsche, filiale récemment intégrée dans ses comptes, permet au premier constructeur européen de limiter à 26% la fonte finale de ses marges et de maintenir un objectif de bénéfice annuel. De sorte que si pour l’instant, son PDG Martin Winterkorn n’envisage ni fermetures de sites, ni licenciements de ses salariés en CDI en Allemagne. Clairement, il ne réfléchit déjà à se séparer de personnels intérimaires. C’est que l’on appelle l’austérité gagnante!