L’affaire Bo Xilai a permis de jeter un regard cru sur la vie privée des dirigeants chinois. Pour les citoyens « ordinaires », les dirigeants du pays n’existent que par leur carrière personnelle et leur dévouement pour le Parti et le pays. Bo Xilai, ses maitresses, ses intrigues, sa fortune, les accusations de complot ont donné un aperçu beaucoup plus croustillant sur les mœurs des barons du Parti.
Destinée à devenir la première puissance industrielle du monde en 2017, selon l’OCDE, ces derniers temps le pays s’est surtout illustré par ses flops.
C’est le fiasco récent du TGV chinois qui a marqué après un accident près de Wenzhou qui a tué 40 personnes. Un projet dirigé par un groupe d'individus corrompus qui contraints à déployer le réseau le plus rapidement possible pour le 90ème anniversaire du PCC, quels que soient les conséquences pour la sécurité et les coûts financiers. Les bougies soufflées, la propagande a calmé le jeu sur la révolution TGV et le Parti a largement revu ses ambitions à la baisse.
Si le gouvernement manipule avec malice le présent, il réécrit aussi l’histoire de La Chine selon son bon vouloir. Ainsi la discussion des épisodes les plus douloureux de l'histoire moderne de la Chine - le Grand Bond en avant, la Révolution culturelle, et la répression de la place Tiananmen - restent strictement circonscrits.
Le gouvernement possède pourtant des registres détaillés démographiques datant des années 1950, avec son vaste réseau de bureaux de la sécurité publique. Ces données, aux côtés d'autres dossiers du gouvernement, pourraient fournir une estimation plus précise de combien de personnes sont mortes à la suite des purges du gouvernement et des famines provoquées par Mao. Mais Pékin n’est pas prêt à d'ouvrir ses fichiers à la population. Même chose pour le massacre Tian’anmen dont le nombre de morts n’est toujours pas connu.
La mort récente en résidence surveillée du dissident Li Wangyang, condamné à 21 ans de prison pour avoir participé au mouvement de 1989, fait peser une lourde suspicion sur les « suicides assistés » au point que le militant Hu Jia, libéré en juin 2011 après quatre ans de prison, a proposé sur Twitter selon Le Monde que ceux qui, comme lui, sont régulièrement confrontés à la police fassent une déclaration devant notaire comme quoi ils n'ont pas l'intention de se suicider :
« Si vous êtes détenu politique, dissident, défenseur des droits, ou simple citoyen et que vous êtes souvent détenu illégalement par des agents en civil ou des policiers, je vous conseille de laisser une déclaration écrite ou un acte notarié. Car dans ce pays, il ne manque pas de gens qui se sont fait suicider ».